Politique
Kinshasa : Patrick Munyomo recadre le débat politique et réaffirme sa loyauté à Félix Tshisekedi
En pleine effervescence politique au sein de la majorité, le député national Patrick Munyomo, élu de Goma et cadre de l’AFDC-A, est monté au créneau ce samedi 11 avril 2026 à Kinshasa. Face à la presse, lors d’un échange tenu à l’Hôtel du Fleuve, il a tenu à clarifier sa position sur plusieurs questions d’actualité nationale, dans une démarche qu’il qualifie de républicaine.
D’entrée de jeu, l’élu a réaffirmé sa loyauté « indéfectible » envers le Président de la République, Félix Tshisekedi, ainsi que son attachement à l’Union Sacrée de la Nation. Il a, dans la foulée, exprimé sa solidarité envers les populations de l’Est du pays, notamment celles vivant sous occupation, soulignant les efforts engagés par le Chef de l’État pour restaurer une paix durable dans cette partie du territoire.

Revenant sur sa récente prise de position face aux propos du sénateur Modeste Bahati Lukwebo, Patrick Munyomo a précisé qu’il ne partageait pas certaines déclarations jugées en déphasage avec la vision de la majorité. Toutefois, il a tenu à apaiser les tensions en affirmant qu’il n’existe aucun conflit personnel ni politique entre lui et le leader de son regroupement, insistant sur la cohésion interne de leur famille politique.
Sur le plan institutionnel, le député a abordé la question sensible de la Constitution, estimant qu’elle doit évoluer avec le temps et les réalités du pays. Évoquant les précédentes révisions sous différents régimes, il a plaidé pour une approche pragmatique, affirmant que « la Constitution ne doit pas être comparée à la Bible », appelant ainsi à un débat ouvert et responsable sur son adaptation.

Au-delà des enjeux politiques, Patrick Munyomo a également attiré l’attention sur les défis humanitaires et économiques actuels. Il a dénoncé les conditions précaires des déplacés de l’Est installés à Kinshasa, appelant à des mesures urgentes pour améliorer leur accès aux soins, à l’éducation et à des conditions de vie dignes. Il a enfin insisté sur la nécessité de réformes économiques en faveur de l’emploi et des entreprises locales, tout en plaidant pour une gouvernance plus rigoureuse et responsable.
Dorcas Mwavita et Suzanne Ngulanjoku, stagiaire UCC
Actualité
Isolé politiquement, Laddy Yangotikala maintient la pression : « Le VPM Jacquemin Shabani doit s’expliquer devant le Parlement ! »
Exclu de son regroupement politique et abandonné par plusieurs de ses soutiens, le député national Laddy Yangotikala refuse de retirer sa motion de défiance visant le Vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur et de la Sécurité. Dans une déclaration publiée ce vendredi 17 avril sur ses plateformes numériques, il a réaffirmé sa détermination à aller jusqu’au bout de sa démarche parlementaire.
À l’origine de cette initiative, déposée le 13 avril à l’Assemblée nationale, l’élu accuse le VPM d’inefficacité face à l’insécurité grandissante à Kinshasa et dans plusieurs autres villes du pays. Malgré les pressions politiques et les désistements enregistrés parmi les signataires, il campe sur sa position.
« Je prends acte de mon exclusion du regroupement. Je remercie le président Jean-Michel Sama Lukonde pour m’avoir permis d’être libre d’exercer le pouvoir de contrôle sur un membre du gouvernement. Je n’ai pas violé la Constitution ni le règlement intérieur. Je n’ai fait que demander au VPM de protéger les électeurs du président Félix Tshisekedi », a-t-il déclaré.
Dans la même veine, Laddy Yangotikala insiste : « Qu’on ne vous trompe pas. Ma motion de défiance n’a pas été retirée. Nous irons jusqu’au bout ». Il dénonce également des tentatives d’entrave à la procédure parlementaire : « Toutes les manœuvres dilatoires qu’ils ont lancées pour protéger le VPM de l’Intérieur et Sécurité, comme le report de la plénière, n’aboutiront pas car le règlement intérieur est clair ».
Cette posture de fermeté intervient dans un contexte politique tendu. L’Union sacrée de la Nation, par la voix de son secrétaire permanent André Mbata, avait désavoué cette motion, évoquant l’absence de quitus préalable. De son côté, l’AFDC-A a exigé de ses deux députés signataires de retirer leurs signatures, tandis que plusieurs parmi les 56 signataires initiaux se sont désistés.
Malgré cet isolement progressif, Laddy Yangotikala se présente comme un élu déterminé à exercer pleinement son rôle de contrôle parlementaire. En résistant aux pressions politiques et aux désaveux, il affirme son refus de céder, martelant un message clair : pour lui, la question sécuritaire mérite un débat public au Parlement, sans compromis ni abandon de sa motion.
Njila Mule/CONGOPROFOND.NET
