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Vivian van de Perre : Le leadership discret et déterminé qui a maintenu la MONUSCO à flot dans la tourmente congolaise
Pendant près de quatre mois, entre le départ de Bintou Keita le 30 novembre 2025 et l’arrivée de James Swan le 8 avril 2026, c’est une femme qui a porté sur ses épaules la direction effective de l’une des plus grandes et des plus complexes missions de maintien de la paix des Nations Unies. Vivian van de Perre, Deputy Special Representative of the Secretary-General (DSRSG) chargée de la Protection et des Opérations, a assumé les fonctions de SRSG et cheffe de la MONUSCO par intérim avec un professionnalisme et une résilience salués tant à Kinshasa qu’à New York.
Nommée en février 2024, cette Néerlandaise de carrière onusienne a assuré un leadership exemplaire dans un contexte extrêmement volatil : intensification des combats à l’est, progression du M23, restrictions d’accès imposées aux casques bleus, crise humanitaire majeure et pression internationale pour un cessez-le-feu crédible. Son intérim n’a pas été une simple gestion des affaires courantes, mais une période d’action concrète et de continuité stratégique.
Une femme de terrain à l’épreuve du feu congolais
Vivian van de Perre apporte à la MONUSCO plus de 30 ans d’expérience au sein du système des Nations-Unies, tant sur le terrain qu’au Siège à New York. Avant son arrivée en RDC, elle avait été Deputy Special Representative de la mission onusienne au Yémen (UNMHA), Chief of Staff de la MINUSCA en République centrafricaine, et avait déjà occupé le poste de Chief of Staff de la MONUSCO elle-même en 2017. Son engagement pour la paix remonte à son service dans l’Armée royale néerlandaise de 1989 à 1998, puis comme officier militaire au Département des opérations de maintien de la paix de l’ONU entre 1994 et 1997. Cette double expertise militaire et civile fait d’elle une figure rare, capable de combiner rigueur opérationnelle et vision stratégique.
Dès la fin novembre 2025, elle a pris les rênes de la mission et multiplié les initiatives. En février 2026, elle s’est rendue à Goma ( premier atterrissage d’un hélicoptère de la MONUSCO à l’aéroport depuis janvier 2025 ) pour préparer le suivi du cessez-le-feu en coordination avec les autorités congolaises et les mécanismes régionaux. En janvier puis en mars 2026, elle a briefé le Conseil de sécurité sur la situation sécuritaire et humanitaire à l’est, insistant sur la protection des civils, l’accès humanitaire et les risques d’escalade régionale. En Ituri, à Uvira, auprès du Président Tshisekedi, elle a maintenu un dialogue constant avec l’ensemble des acteurs. Sous sa direction, la mission a continué d’offrir une protection physique à près de 3.000 civils dans certaines de ses bases, tout en documentant les violations des droits humains et en appuyant les mécanismes de vérification du cessez-le-feu de Doha.
Son action a permis d’éviter tout vide de leadership stratégique à un moment où la MONUSCO faisait face à des défis colossaux : préparation d’une transition ordonnée, appui à la réforme du secteur de la sécurité, et maintien de la crédibilité de l’ONU face à une violence qui ne faiblissait pas. Aujourd’hui, avec l’arrivée de James Swan comme nouveau SRSG, elle reprend pleinement son rôle de DSRSG. Son expérience et sa connaissance fine du dossier congolais resteront un atout majeur pour la mission.
Dans un environnement où la MONUSCO est souvent critiquée (parfois à raison) pour ses limites opérationnelles, le leadership de Vivian van de Perre pendant ces mois d’intérim a rappelé l’importance d’un engagement discret, professionnel et déterminé. Dans l’ombre des grands titres, elle a maintenu le cap, protégé des vies et préservé l’espace pour une paix durable en RDC.
La République démocratique du Congo, pays aux potentialités immenses mais aux souffrances récurrentes, a besoin de ce type de leadership : rigoureux, humain et tourné vers l’avenir. Vivian van de Perre en a offert un bel exemple.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
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Ebola en RDC : Félix Tshisekedi convoque une réunion de crise face à une nouvelle souche inquiétante
Face à la résurgence de la maladie à virus Ebola dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri, le Président de la République, Félix Tshisekedi, a présidé dans la nuit du lundi 18 mai une réunion de crise à sa résidence du Mont Ngaliema. Autour du Chef de l’État étaient réunis la Première ministre Judith Suminwa, plusieurs ministres sectoriels ainsi que le directeur général de l’INRB, le Dr Jean-Jacques Muyembe.
Au cours de cette rencontre d’urgence, le Président de la République a reçu le rapport préliminaire du ministre de la Santé publique, le Dr Roger Kamba, fraîchement revenu de la province de l’Ituri, considérée comme l’épicentre de cette nouvelle flambée épidémique. Selon les autorités sanitaires, six zones de santé sont actuellement touchées : Mongbwalu et Rwampara, principaux foyers de l’épidémie en Ituri, ainsi que Bunia et Nyankunde dans la même province. Au Nord-Kivu, les zones de Butembo-Katwa et de Goma sont également concernées.
Le rapport présenté au Chef de l’État fait état de 513 cas suspects et de 131 décès enregistrés dans les différentes zones affectées. Toutefois, le ministre de la Santé a tenu à préciser que ces décès restent pour l’instant “suspects”, des investigations étant toujours en cours afin de déterminer lesquels sont effectivement liés au virus Ebola. Cette situation suscite une vive inquiétude au sein des autorités sanitaires congolaises, alors que les populations locales redoutent une propagation rapide de la maladie.
Face à l’urgence, le Président Félix Tshisekedi a instruit le gouvernement de prendre immédiatement toutes les mesures nécessaires pour contenir la pandémie et interrompre la chaîne de transmission. Le Chef de l’État a notamment insisté sur le renforcement des dispositifs sanitaires dans les zones touchées, tout en appelant la population au calme et au strict respect des mesures barrières afin d’éviter une aggravation de la situation.
De son côté, le directeur général de l’INRB, le Dr Jean-Jacques Muyembe, a révélé que le séquençage complet du génome viral confirme la présence d’une variante Bundibugyo, génétiquement distincte des précédentes épidémies de 2007 et 2012. Selon l’épidémiologiste, cette souche proviendrait directement d’un réservoir animal et ne dispose actuellement d’aucun vaccin ni traitement spécifique approuvé. Le célèbre virologue congolais a été chargé d’activer sans délai le protocole médical qui avait permis à la RDC de juguler les précédentes flambées d’Ebola.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
