Société
Kinshasa : L’Intersyndicale réclame la poursuite urgente du paiement des arriérés du personnel urbain
Face à une grogne croissante au sein de l’administration urbaine, l’Intersyndicale de Kinshasa monte au créneau et presse le Gouvernement provincial d’accélérer la liquidation des arriérés de salaires du personnel administratif et politique. Dans une correspondance adressée aux autorités provinciales, l’organisation dénonce une situation devenue « intenable » pour des milliers d’agents, privés de rémunération régulière depuis plusieurs mois.
L’organisation syndicale pointe du doigt plusieurs « défaillances » dans la gestion des recettes provinciales, notamment l’évasion financière et la multiplication de circuits parallèles qui amputent les ressources destinées aux rémunérations. Elle dénonce également l’impact des exonérations abusives, des protocoles d’accords et des lettres de nivellement émanant du ministère provincial des Finances, lesquels, selon elle, « paralysent la chaîne de la recette de la constatation au recouvrement », privant ainsi la ville des moyens nécessaires pour honorer ses obligations salariales.
L’Intersyndicale rappelle par ailleurs qu’avant l’actuelle gestion provinciale, un mécanisme mis en place sous le gouvernorat d’André Kimbuta permettait un paiement plus régulier du personnel, et considère que la situation actuelle porte atteinte à la dignité des agents urbains. Plusieurs familles, dit-elle, vivent désormais dans une précarité extrême, conséquence directe de ces arriérés persistants qui fragilisent le moral des fonctionnaires.
Face à cette situation, les syndicats sollicitent une réunion urgente avant la fin du mois de novembre entre l’Exécutif provincial, la DGRK, les services d’assiette et les banques payeuses (Solidaire SA et Sofibanque). L’objectif : envisager le paiement immédiat de la deuxième tranche au début décembre, puis une troisième avant la fin du même mois, période cruciale en raison des fêtes de fin d’année.
Enfin, l’Intersyndicale exhorte le Gouverneur et les ministres provinciaux concernés à intervenir personnellement pour garantir un règlement rapide, équitable et durable de cette crise salariale. Une action urgente, souligne-t-elle, permettrait de prévenir d’éventuelles tensions sociales à l’Hôtel de Ville et de restaurer la confiance du personnel urbain, engagé quotidiennement au service de la capitale.
Dorcas Mwavita
Genre
RDC : appuyé par IPAS, ONU FEMME et UNFPA, le sous-groupe thématique Violences Basées sur le Genre valide son plan d’action national 2026
Avec l’appui de l’IPAS, ONU FEMME, l’UNFPA et l’ambassade du Canada en RDC, le sous-groupe thématique Violences basées sur le Genre (VBG) a tenu, ce jeudi 07 mai 2026, à Béatrice Hôtel à Kinshasa, sa reunion mensuelle de mars. Au cours de cette session, partenaires, acteurs étatiques, société et autres participants ont à l’unanimité, validé le plan d’action national pour une société plus juste, protectrice et égalitaire.

« Compte tenu de ce qui se passe en matière de violences dans notre pays, chaque mois nous nous réunissons avec tous les acteurs, qui luttent contre les violences basées sur le genre pour échanger, monter des stratégies en vue de lutter réellement contre ces violences », a expliqué Cécile Tshibanda, Directrice générale de l’Agence Nationale de lutte contre les Violences Faites à la Femme et à la Jeune et Petite Fille (AVIFEM).

« Aujourd’hui, comme vous pouvez vous en rendre compte, on avait une réunion au cours de laquelle on devait valider notre plan d’action national et ce qui a été fait. Et nous l’avons fait avec l’appui de l’ONU Femmes, de UNFPA, de l’ambassade du Canada et de l’IPAS », a précisé Cécile Tshibanda, à l’issue de ce rendez-vous.
À en croire la présentation de ce plan d’action, il vise à renforcer la lutte contre les violences basées sur le genre à travers une coordination efficace, un plaidoyer stratégique, une mobilisation accrue des partenaires, et un renforcement des capacités institutionnelles, afin de réduire l’impunité, améliorer la prise en charge des victimes et promouvoir la masculinité positive dans les politiques publiques d’ici fin 2026.

« Ce plan d’action national garantit une prise en charge multidisciplinaire des survivant(e)s, couvrant les besoins médicaux, psychologiques, judiciaires et socio-économiques. Il implique les acteurs étatiques, la société civile, les partenaires techniques et financiers, ainsi que les communautés locales pour une meilleure appropriation », confie une note explicative.
Dans son approche, il vise à coordonner les actions, harmoniser les outils et renforcer les capacités des acteurs nationaux et provinciaux. Il assure la mise en conformité des lois nationales avec les instruments internationaux, renforçant la lutte contre l’impunité et engage les hommes et les décideurs à transformer les dynamiques de genre, servant de levier pour briser le cycle de la violence.

Partenaire technique du gouvernement dans cette lutte et organisateice de cette activité, IPAS se fixe comme vision de contribuer à l’avènement d’une RDC où chaque femme et chaque jeune fille a le droit, le pouvoir et les capacités d’agir en faveur de sa santé reproductive, de son éducation et de sa profession, gage de son autonomisation.
Exaucé Kaya
