Société
Kasaï 2 – Paye tardive des enseignants : « La Caritas n’a reçu qu’un seul mois de salaire » (Père Peter Mulumba)
La Caritas n’a reçu qu’un seul mois de salaire destiné aux enseignants de Luebo et de Kazumba. C’est ce qu’a affirmé le coordonnateur de la Caritas, le Père Peter Mulumba, en réaction aux tensions observées dans la province éducationnelle Kasaï 2.
« La Caritas a reçu un seul mois de salaire, il s’agit du mois de septembre 2025. Depuis un temps, en raison de la guerre injuste qui nous est imposée, les enseignants sont payés avec délestage, c’est-à-dire de manière irrégulière dans certains diocèses. Nous avons échangé avec IFOD, notre banque, qui nous a confirmé qu’il n’y avait qu’un seul mois disponible. Malgré les explications, les enseignants n’ont pas compris que la Caritas n’avait reçu qu’un seul mois », a expliqué le Père Peter.
Le prélat, actuellement en mission à Kinshasa pour obtenir des solutions durables, déplore toutefois les actes de violence dirigés contre la Caritas, notamment les jets de pierres sur des véhicules et les menaces proférées contre son personnel. « Malheureusement, il y a eu des menaces contre nos agents sur le terrain, des jets de pierres sur nos véhicules. Je regrette que la Caritas n’ait reçu qu’un seul mois. Ceux qui en doutent peuvent se rendre à IFOD pour être éclairés », a-t-il ajouté.
Il appelle les enseignants à la retenue afin de préserver la paix : « Que les enseignants s’apaisent. Depuis 2011, la Caritas assure la paye des enseignants. Par le passé, la paie pouvait prendre plusieurs mois, mais aujourd’hui nous le faisons en sept jours. »
Les enseignants de la province éducationnelle Kasaï 2 cumulent désormais deux mois sans salaire. Le vendredi 14 novembre 2025, alors que l’équipe de la Caritas arrivait à Luebo pour procéder au paiement, l’annonce qu’un seul mois serait payé a provoqué la colère des enseignants. Ces derniers ont dressé des barricades, brûlé des pneus et scandé des chants pour exprimer leur mécontentement.
Faustin Nkumbi
Société
Évasion spectaculaire à la prison centrale d’Isiro : 17 détenus en fuite, un mort et un blessé
La prison centrale d’Amiza, située à Isiro dans la province du Haut-Uele, a été le théâtre d’une évasion spectaculaire de détenus l’avant-midi de ce mercredi 20 mai 2026. Selon Maître Clovis Mihidie, coordinateur provincial de la Société Civile de la Solidarité du Congo (SCSC), 17 détenus se sont évadés de cette maison carcérale dans des circonstances encore à élucider.
Le bilan provisoire fait également état d’un mort et d’un blessé au cours de cet incident qui relance le débat sur les conditions sécuritaires et humanitaires au sein de cette prison de la ville d’Isiro.
S’exprimant à CongoProfond.net, Maître Clovis Mihidie a révélé que les détenus restés dans les installations pénitentiaires sont répartis comme suit : 171 prisonniers au parquet civil et 56 autres au parquet militaire.
Face à cette situation, il déplore l’inefficacité de l’actuelle prison centrale d’Amiza, qu’il juge inadaptée pour assurer une détention sécurisée des prisonniers. Il appelle ainsi le gouverneur de province, Jean Bakomito Gambu, à prendre des mesures urgentes afin de désengorger la prison.
Parmi les solutions proposées, le responsable de la SCSC recommande le transfert régulier de certains détenus vers Kisangani, ainsi que la construction d’une prison centrale moderne et sécurisée, capable de répondre aux exigences actuelles en matière de sécurité carcérale.
Maître Mihidie encourage également les services de sécurité et de justice, notamment la Police nationale congolaise et l’Agence nationale de renseignements (ANR), à intensifier les recherches afin de retrouver les évadés encore en cavale.
Cette nouvelle évasion remet une fois de plus en lumière le problème de surpopulation carcérale et les défis sécuritaires auxquels font face plusieurs prisons de la République démocratique du Congo.
Junior kasamba/Congoprofond.net
