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Kinshasa : guéri du coronavirus, Ne Muanda Nsemi a quitté ce lundi l’hôpital pour son palais à Binza
Zacharie Badiengila alias Ne Muanda Nsemi, ancien député congolais, chef du mouvement politico-mystique des Bundu dia Kongo (BDK), arrêté le 24 avril dernier, après un assaut des forces de la Police nationale, a regagné sa résidence de Binza/Macampagne ce lundi 3 août 2020.
Interné d’abord au Centre neuro psycho pathologique (CNPP), puis aux Cliniques Universitaires de Kinshasa, le chef du parti politique « Bundu dia Mayala » a été déclaré guéri du coronavirus par ses médecins traitants. Témoin de l’événement : Joseph Olenghankoy, président du Comité national de suivi de l’Accord ( CNSA).
À sa sortie de l’hôpital, Ne Muanda Nsemi, paraissant lucide et habillé en tenue de ville (veste et cravate), a remercié tous ceux qui se sont investis dans sa guérison, notamment le corps médical.
L’ancien député, paraissant affaibli tout de même, a fait savoir que lors de son admission à l’hôpital, il avait des soucis sérieux de tension. À l’heure actuelle, ajoute-t-il, il se porte comme un charme.

Médiateur dans le dossier » Ne Muanda Nsemi « , Joseph Olengahnkoy a déclaré à la presse présente sur le lieu que c’est le Président de la République, Félix Tshisekedi, qui s’est personnellement investi pour que cette personnalité soit écartée du danger. » Nous sommes venus le prendre pour qu’il rentre chez lui. Sur ordre du Chef de l’Etat, sa résidence a été réhabilitée. Les médecins ont donné leur accord pour qu’il rentre chez lui, nous sommes débordés de joie… », a déclaré le leader des Fonus.
Rappelons que Ne Muanda Nsemi( «l’esprit créateur» en kikongo) ou Zacharie Badiengila de son vrai nom, est né en 1946 dans le territoire de Luozi, dans l’actuelle province du Kongo Central (ex-Bas-Congo).
Personnage énigmatique, ce chimiste de formation a fondé le Bundu Dia Kongo en 1969. À l’origine simple organisation culturelle, le mouvement gagne en visibilité et devient officiel en 1986.

Se réclamant héritier politique de Joseph Kasa-Vubu, premier président du pays (de 1960 à 1965) et spirituel de Simon Kimbangu– deux personnalités issues comme lui de l’ex-Bas-Congo, il prône notamment l’autonomie de sa province et promet la résurrection du royaume Kongo tel qu’il s’étendait au XVe siècle, de la RDC au Gabon en passant par l’Angola et le Congo-Brazzaville.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
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Sud-Kivu : à Bukavu, des messages appelant au retrait rwandais apparaissent le jour dédié à Lumumba
La ville de Bukavu s’est réveillée, ce samedi 17 janvier 2026, dans une atmosphère particulière mêlant commémoration historique et messages politiques. Cette date, consacrée à la mémoire de l’Héros national Patrice Emery Lumumba, intervient dans un contexte sécuritaire et politique tendu au Sud-Kivu.

Des tracts dénonçant la présence rwandaise
Selon des images et témoignages relayés sur les réseaux sociaux, plusieurs tracts ont été aperçus dans différents quartiers de la ville. Ces messages dénoncent la présence rwandaise dans la province et appellent au retrait immédiat de ce qui est qualifié d’« envahisseurs rwandais ».
Dans l’un de ces messages, il est affirmé que « malgré la présence de l’armée rwandaise à Bukavu, la ville se réveille dans l’atmosphère particulière de commémoration de la journée de l’Héros national Patrice Emery Lumumba, le vrai ».
Un acte présenté comme patriotique
Les tracts visibles à Bukavu expriment une revendication claire. Ils exigent « le retrait des envahisseurs rwandais de la province du Sud-Kivu », un message que les auteurs présentent comme un acte patriotique.
Pour eux, cette mobilisation s’inscrit dans la continuité de l’héritage de Patrice Lumumba, figure emblématique de la lutte pour l’indépendance du Congo. Le texte souligne que cette cause est « une cause noble ayant précipité la mort du vaillant panafricain que les Congolais et les grands révolutionnaires du monde entier célèbrent à la date d’aujourd’hui ».
La Génération Z se revendique de la résistance
Les auteurs des messages se réclament notamment de la Génération Z congolaise. Ils estiment que « la population de Bukavu, jadis ville de la Résistance (…), s’invite dans la lutte de reconquête de l’indépendance de la RDC ».
Les slogans affichés se veulent également un avertissement, parlant d’« un message fort adressé aux envahisseurs rwandais, les avertissant de la couleur de l’ouragan populaire qui pointe à l’horizon ».
Après Goma, Bukavu à son tour

Cette action à Bukavu intervient au lendemain d’initiatives similaires rapportées à Goma.
« Hier, le 16 janvier 2026, c’était à Goma ; aujourd’hui, 17 janvier 2026, c’est le tour de Bukavu. Rien n’est hasard », peut-on lire dans le message. Les auteurs affirment qu’« quelque chose se prépare » et que « la population a déjà décidé de braver la peur ».
Des slogans explicites
Parmi les slogans diffusés figurent notamment :
« Retrait urgent des envahisseurs rwandais déguisés en rebelles »,
« Non à l’occupation rwandaise du territoire congolais »,
ou encore « On ne libère pas un peuple, mais un peuple se libère ».
Le message se conclut par une prise de position sans équivoque : « Bukavu dit NON aux M23 ».
Silence des autorités
Pour l’instant, aucune réaction officielle des autorités locales ou nationales n’a été rendue publique à propos de ces tracts et des messages qui les accompagnent. La situation reste suivie de près dans un contexte régional toujours marqué par de fortes tensions sécuritaires.
Franck Kaky / CONGOPROFOND.NET
