Politique
Guéguerre Pygmées/Bantous : Mvunzi Meya en pacificateur au Tanganyika
Le ministre délégué auprès du ministre de l’Intérieur, Sécurité et Affaires Coutumières en charge des Affaires Coutumières, Eyrolles Michel Mvunzi Meya, est préoccupé par les conflits interethniques récurrents qui opposent les populations bantoues et les autochtones pygmées de la province du Tanganyika, notamment dans le territoire de Nyunzu.
Le ministre Mvunzi Meya a exprimé cette préoccupation en Conseil des ministres et a convaincu le gouvernement de la République qui a adopté les stratégies de son ministère en vue de pacifier les populations du Tanganyika.
Dans une note technique transmise et défendue au Conseil des ministres, Mvunzi Meya a fait savoir que les conflits et les tueries injustifiées dont sont victimes les pygmées dans la province du Tanganyika constituent une grande préoccupation du Gouvernement et pour cette communauté des peuples autochtones.
Mvunzi Meya a expliqué que cette situation est un danger pour la paix et la cohésion nationale. Pour le ministre, « il y a necessité de mettre un terme à des comportements rétrogrades en prônant l’égalité et la non-discrimination entre les différentes communautés ainsi que le maintien de l’unité nationale chèrement acquise ».
Le ministre estime alors que la pacification au Tanganyika passe par une sensibilisation à la paix et à la cohabitation pacifique ou acceptation des autres. Pour ce faire, Mvunzi Meya organise une conférence sous le thème: _ »La reconstruction et la paix entre les pygmées et les bantous dans la province du Tanganyika »_. Cette conférence, prévue du 23 au 30 septembre 2020 au Tanganyika, connaîtra la participation des ministères sectoriels, dont les Droits Humains, le ministère en charge des personnes vivant avec handicap et autres personnes vulnérables, etc.
Plusieurs organisations de la société civile locale et des partenaires techniques et financiers seront également mis à contribution pour la réussite de cette activité et l’atteinte des résultats.
Cette conférence veut contribuer à la réduction -ou carrémment à l’éradication- des conflits et des tensions récurrentes au Tanganyika en vue d’une cohabitation pacifique entre les pygmées et les bantous de cette province.
Elle aura également constitué un plaidoyer en faveur de la minorité pygmée qui demande à jouir de mêmes droits civiques et politiques que les autres peuples de la RDC, notamment les bantous.
Le projet de cette conférence a été inscrit à l’ordre du jour du Conseil des ministres du vendredi 17 juillet et inscrit au programme du gouvernement.
Emile YIMBU/CONGOPROFOND.NET
À la Une
Kinshasa : Sit-in des conseillers communaux devant l’Hôtel de ville, tensions avec la Force du Progrès et un élu évanoui
La tension est montée ce jeudi 12 mars devant l’Hôtel de ville de Kinshasa, où des conseillers communaux ont organisé un sit-in pour réclamer le paiement de leurs émoluments impayés depuis 2024.
Selon l’un d’eux, qui s’est confié sous anonymat à la rédaction de CONGOPROFOND.NET, cette action visait à interpeller les autorités provinciales après plusieurs démarches restées sans suite. Les élus affirment avoir adressé, depuis le 9 mars, une correspondance au gouverneur Daniel Bumba Lubaki, sans obtenir de réponse.
« Nous étions en sit-in à l’Hôtel de ville pour réclamer nos émoluments de 2024 à ce jour. Après plusieurs démarches infructueuses, nous avons décidé de faire cette descente pour attirer l’attention des autorités », a-t-il expliqué.

Intervention de la police et arrivée de militants politiques
La situation a commencé à se tendre lorsque des éléments de la Police nationale congolaise (PNC) sont arrivés sur les lieux, accompagnés de militants politiques présentés par certains manifestants comme appartenant à la « Force du Progrès ».
Selon le témoignage recueilli, un officier de police serait arrivé à bord d’un bus de la PNC, en compagnie de ces militants. Ces derniers auraient intimé l’ordre aux conseillers de quitter les lieux.
« Ils nous ont menacés en disant : “reculez ou disparaissez” », affirme le conseiller communal, dénonçant une intervention musclée.
Altercation et climat de panique
D’après les manifestants, l’échange verbal aurait rapidement dégénéré en altercation. Certains conseillers affirment que des pierres auraient été brandies et que la tension est montée entre les deux camps.
Dans la confusion, plusieurs biens auraient été perdus, notamment des téléphones portables. Un conseiller communal de la commune de Masina se serait également évanoui au cours de l’incident, selon les témoignages.
Les revendications des conseillers communaux

Au-delà du paiement de leurs arriérés d’émoluments, les conseillers communaux réclament aussi de meilleures conditions de travail. Ils exigent notamment la délivrance de cartes professionnelles de qualité afin de mieux s’identifier dans l’exercice de leurs fonctions, à l’instar des bourgmestres.
Ils dénoncent également le manque de considération accordé à leurs initiatives locales, affirmant que plusieurs projets-décisions introduits dans les communes ne sont pas pris en compte par les autorités compétentes.
Face à cette situation, les élus locaux espèrent désormais une réaction rapide des autorités provinciales pour apaiser les tensions et répondre à leurs revendications.
Exaucé Kaya
