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« Kinshasa en noir et blanc » : Ex épouse de Maray Maray, Sonja Altherr raconte l’envers du rêve musical congolais
Kinshasa. Derrière les projecteurs, les succès musicaux et les histoires d’amour hors normes, se cachent souvent des parcours marqués par la douleur, la résilience et les chocs culturels. C’est ce que révèle « Kinshasa en noir et blanc », l’ouvrage signé par l’artiste musicienne suisse Sonja Altherr, qui retrace une décennie de vie en République démocratique du Congo.

Une immersion au cœur de la scène musicale kinoise
Dans ce récit autobiographique, Sonja Altherr revient sur sa rencontre et son mariage avec Maray Sangwa Mbayo, connu du grand public sous le nom de « Maray Maray » alias » Murunda Murunda« , ancien membre du mythique groupe Viva La Musica.
Installée à Kinshasa, elle s’immerge dans l’univers bouillonnant de la musique congolaise. L’auteure y construit sa propre carrière artistique, tout en découvrant les réalités souvent rudes du quotidien dans la capitale congolaise.
Entre passion, précarité et chocs culturels
Loin d’un récit idéalisé, « Kinshasa en noir et blanc » dresse le portrait d’une ville aux multiples visages. Sonja Altherr y décrit une Kinshasa vibrante, créative, mais aussi marquée par l’instabilité sociale, les difficultés économiques et les tensions.
À travers des écrits intimes, parfois proches du journal de bord, elle relate ses années de lutte, d’adaptation et de survie, dans un environnement aussi fascinant que déroutant.
“Bébé Tshanda”, une star précoce au destin singulier

Au cœur du livre, l’histoire de son fils, Tshanda Altherr, plus connu sous le nom de “Bébé Tshanda”, occupe une place centrale.
Propulsé très jeune sur le devant de la scène musicale, l’enfant devient rapidement un phénomène populaire à Kinshasa. Entre succès médiatique et pression précoce, son parcours illustre les paradoxes d’une célébrité construite dès le plus jeune âge.
Le témoignage d’une mère face à l’épreuve
Mais au-delà du succès artistique, l’ouvrage prend une tournure plus intime et dramatique. Sonja Altherr y évoque ses souffrances personnelles, les tensions conjugales et les défis liés à l’éducation de son enfant dans un contexte complexe.
Son retour en Europe, après plusieurs années passées en RDC, marque un tournant décisif, notamment avec l’apparition de graves problèmes de santé affectant son audition, un coup dur pour celle qui a fait de la musique sa vie.
Un récit sans filtre sur Kinshasa

Avec Kinshasa en noir et blanc, Sonja Altherr propose un regard lucide, parfois cru, sur la réalité kinoise. Le titre lui-même traduit cette dualité permanente : entre lumière et obscurité, espoir et désillusion, amour et épreuves.
L’ouvrage s’inscrit ainsi comme un témoignage rare sur :
– les coulisses de la musique congolaise,
– la complexité des relations interculturelles,
– et la condition d’une femme étrangère confrontée aux réalités africaines.
Disponible notamment sur la plateforme Amazon, le livre s’adresse autant aux passionnés de musique qu’aux lecteurs en quête de récits authentiques et sans concession.
À travers ce récit poignant, Sonja Altherr ne se contente pas de raconter son histoire. Elle met en lumière une part souvent invisible de la société kinoise, entre rêves brisés et espoirs tenaces.
Kinshasa en noir et blanc n’est pas seulement un livre : c’est un témoignage brut, qui interroge, dérange parfois, mais surtout, ne laisse pas indifférent.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
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Exclu pour avoir défié Jacquemain Shabani : Lady Yangotikala, le député qui prive le VPM de sommeil
L’annonce a fait l’effet d’une onde de choc dans les couloirs feutrés du Palais du Peuple. L’Honorable Lady Yangotikala Senga, élu de Kisangani sous les couleurs du regroupement AB, a été frappée le 1er avril 2026 d’une exclusion temporaire pour “dérogation à la règle de solidarité” au sein de l’Union sacrée. Son crime ? Avoir simplement exigé du Vice-Premier Ministre Jacquemain Shabani Lukoo qu’il assume son devoir de protection envers les électeurs de la circonscription PR 05.
Une requête aussi légitime que dérangeante, qui a visiblement troublé les nuits du patron de l’Intérieur et de la Sécurité. Mais loin de plier sous le poids de la sanction disciplinaire, le député de la Tshopo l’a reçue avec la sérénité des justes, prenant acte de cette mise au ban sans en reconnaître le fondement. Dans une déclaration empreinte d’une ironie mordante, l’élu a tenu à adresser ses remerciements les plus sincères… au Président du Sénat, Sama Lukonde.
“Je le remercie de m’avoir permis d’être libre d’exercer mon pouvoir constitutionnel de contrôle”, a-t-il sobrement fait savoir. Un rappel cinglant du principe fondamental de la séparation des pouvoirs et de l’immunité d’action parlementaire. Lady Yangotikala n’a violé ni la Constitution ni le Règlement intérieur de l’Assemblée nationale, il le martèle avec force. Il n’a fait que tendre le micro des sans-voix de Kisangani vers les oreilles d’un membre du gouvernement sourd aux grondements de l’insécurité.
Cette exclusion révèle au grand jour l’inconfort grandissant d’un exécutif allergique à la moindre question gênante, préférant museler ses propres élus plutôt que de répondre de ses actes. En assumant cette exclusion comme un brevet de liberté, Lady Yangotikala Senga s’impose désormais comme un symbole d’intrépidité. Là où les calculs politiciens du Regroupement AB espéraient éteindre une voix critique, ils ont allumé un contre-feu médiatique dont Jacquemain Shabani aura bien du mal à se dépêtrer.
Pendant que le VPM Jacquemain Shabani Lukoo cherche un sommeil qu’on devine agité, l’intrépide député de Kisangani Lady Yangotikala continue de veiller. Cette affaire rappelle cruellement que sous la coupole du Palais du Peuple, il est encore permis de préférer la défense de sa population aux soubresauts disciplinaires d’un présidium aux abois.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
