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Kinshasa : A son tour, le ministre provincial de l’Intérieur adresse un sévère rappel à l’ordre au directeur Israël Mutala !
Une lettre officielle datée du 4 juillet 2025, signée par le ministre provincial de l’Intérieur, Sécurité, Justice et Affaires coutumières de Kinshasa, est parvenue à Congoprofond.net, jette une lumière crue sur les tensions qui couvent au sommet de l’exécutif provincial de la capitale congolaise.
Estampillée N°SC/903/MISJAC/TTK/CA/ISD/2025, la correspondance est adressée au Directeur de cabinet du Gouverneur de la ville. Le ministre l’accuse d’« interférences répétées » dans les services relevant de son ministère, sans consultation préalable avec l’autorité compétente.
Malgré de « multiples rappels verbaux », souligne le ministre, le directeur de cabinet continuerait à émettre des instructions directes aux services de l’intérieur, minant ainsi l’ordre hiérarchique et provoquant un « dysfonctionnement dans la chaîne de collaboration institutionnelle ».
Le ton du courrier est sans équivoque. « Afin de maintenir un climat apaisé dans le fonctionnement des affaires publiques de la Ville de Kinshasa, je vous demande de mettre fin à cette façon de faire », écrit le ministre, avant de durcir son propos : « La présente vaut dernier avertissement. Le cas échéant, vous regretterez toute récidive de votre part. »
Sous couvert d’un souci d’efficacité administrative, cette mise au point musclée pourrait traduire des dissensions profondes au sein du gouvernement provincial. Dans une ville confrontée à d’innombrables défis – insécurité croissante, insalubrité, pression démographique, crise économique-toute cacophonie institutionnelle fragilise encore davantage l’action publique.
Fait notable : la lettre a été envoyée en copie à plusieurs hauts responsables de la province, dont le Président de l’Assemblée provinciale, le Vice-Gouverneur, les ministres provinciaux, les chefs des services de sécurité (PNC, ANR, DGM), ainsi qu’aux bourgmestres et administrateurs des marchés de la capitale. Un geste qui confère à ce rappel à l’ordre la portée d’un acte politique fort, à défaut d’une déclaration de guerre ouverte.
Dorcas Mwavita/Congoprofond.net
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Nord-Kivu II : les enseignants appelés à reprendre les cours lundi, le SYECO maintient la pression
Les différentes parties prenantes du secteur de l’éducation dans la province éducationnelle Nord-Kivu II ont appelé, vendredi, à la reprise effective des cours dès le lundi 20 avril à Butembo et à Beni, au terme d’une réunion tenue entre autorités scolaires, syndicats et représentants des parents.

Autour de la table figuraient notamment le PROVED, les sous-PROVED, le DINACOPE, les gestionnaires d’écoles, l’Association nationale des parents d’élèves du Congo (ANAPECO) ainsi que des organisations syndicales.
À l’issue de « débats houleux », les participants ont convenu de privilégier l’intérêt des élèves en appelant à la reprise des activités scolaires.
« Après discussions et échanges d’avis, nous nous sommes convenus de la reprise effective de toutes les activités scolaires à Butembo comme à Beni dès ce lundi. Nous demandons aux enseignants, aux chefs d’établissements et aux parents de s’y conformer pour l’intérêt des enfants », a déclaré le PROVED Norbert Bisismwa Belekembaka.
Selon cette autorité scolaire, la grève n’a plus sa raison d’être, le Gouvernement ayant déjà entamé le paiement du salaire du mois de mars, principale revendication des enseignants.
Il a, en outre, critiqué la position du Syndicat des enseignants du Congo (SYECO), qu’il accuse de maintenir un mouvement de grève « injustifié », notamment en conditionnant la reprise des cours au paiement du mois d’avril, encore en cours.
De son côté, l’intersyndicale de la province, regroupant plusieurs organisations syndicales à l’exception du SYECO, a soutenu les résolutions issues de la réunion et appelé ses membres à reprendre les cours dès lundi.

Même son de cloche du côté de l’ANAPECO. Par la voix de son représentant, Jean de Dieu Katembo Sangala, l’association a exhorté les enseignants à « revenir à la raison » et invité les parents à envoyer massivement leurs enfants à l’école.
Cependant, le SYECO, particulièrement actif à Butembo, maintient sa position. Réuni jeudi en séance évaluative, ce syndicat a décidé de poursuivre la grève, exigeant notamment le paiement du salaire du mois d’avril avant toute reprise des cours.
Pour rappel, les enseignants des écoles primaires publiques, notamment à Butembo et Beni, observent un mouvement de grève sèche depuis le lundi 13 avril dernier.
Dalmond Ndungo/ CONGOPROFOND.NET
