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Bernard Maingain : le soldat judiciaire au service de Kagame
Ce mardi 8 juillet 2025, Bernard Maingain, accompagné de son fils Brieuc, a déposé une plainte retentissante devant la justice belge contre neuf membres de la famille Tshisekedi, accusés de pillage systématique des mines en RDC. Mais derrière la robe d’avocat se cache un stratège politique, un homme dont les dossiers judiciaires épousent systématiquement les intérêts de Kigali.
Sa démarche présentée comme un combat pour la transparence, s’inscrit dans un parcours bien plus trouble : celui d’un avocat dont l’engagement juridique est indissociable d’un militantisme pro-Kagame, d’une défense acharnée du Front patriotique rwandais (FPR), et d’une ingérence récurrente dans les affaires des Grands Lacs. Retour sur un parcours où la frontière entre droit et propagande s’est souvent effacée.
Bernard Maingain n’est pas un novice en matière de causes controversées. Il est, depuis les années 2000, l’un des principaux avocats du régime rwandais en Europe. Son rôle le plus marquant ? La défense de Rose Kabuye, ex-bras droit de Paul Kagame, visée par les mandats du juge français Jean-Louis Bruguière dans l’enquête sur l’attentat du 6 avril 1994 qui déclencha le génocide des Rwandais.
Dans son livre Le Cri du Falcon, Bernard Maingain compare cette affaire à l’affaire Dreyfus, accusant la France d’avoir manipulé la justice pour disculper les Hutu et inculper à tort le FPR. Un récit qui, s’il a trouvé écho chez certains, ignore volontairement les zones d’ombre persistantes autour du rôle de Paul Kagame. Pire, Bernard Maingain y décrit l’instruction de Bruguière comme une « machination judiciaire ».
Dans son ouvrage, il n’évoque jamais les témoignages accablants ou les rapports (y compris de l’ONU) suggérant une implication du FPR. Bernard Maingain ne se contente pas des prétoires. Il est aussi un conférencier infatigable, martelant le narratif officiel de Kigali. Il s’est fait expert dans la négation des crimes du FPR et des terroristes du RDF mais aussi dans la défense de l’ingérence en RDC.
Aucune mention des massacres de réfugiés hutu en RD Congo (1996-1997), des assassinats d’opposants (comme Patrick Karegeya), ou des rapports accablants sur le Rwanda contemporain. Il justifie l’interventionnisme rwandais au Kivu au nom de la « lutte contre les génocidaires », un mantra utilisé pour légitimer le pillage des ressources congolaises par le régime de Paul Kagame.
En 2015, un putsch tente de renverser le président burundais Pierre Nkurunziza. L’un des meneurs, le général Cyrille Ndayirukiye, est défendu par Bernard Maingain qui a été inculpé par la justice burundaise pour « complicité de coup d’État », après avoir aidé à exfiltrer des putschistes vers le Rwanda. En 2016, il transmet à France 3 des images censées prouver des massacres au Burundi qui s’avèrent être tournées en Afrique de l’Ouest.
En 2016, Bernard Maingain déclare sans ambages : « Le génocide a déjà commencé au Burundi ». Une rhétorique qui rappelle étrangement celle utilisée pour justifier l’interventionnisme rwandais – alors que les violences, bien réelles, étaient loin de relever d’un plan d’extermination systématique. La plainte déposée ce 8 juillet 2025 arrive dans un contexte tendu et dans un timing suspect.
La plainte contre les membres de la famille Tshisekedi : une nouvelle bataille dans la guerre de Kigali contre la RDC ?
Paul Kagame multiplie les accusations contre Kinshasa, l’accusant de soutenir les FDLR (rebelles hutu). La RDC dénonce l’agression rwandaise à l’Est, avec le groupe RDF/M23. Difficile de ne pas y voir une opération judiciaire alignée sur la stratégie de Kigali : affaiblir le pouvoir congolais en ciblant son président. Bernard Maingain agit au nom d’ »ONG katangaises » et d’anciens dirigeants de la Gécamines.
Mais qui finance ces ONG ? Pourquoi ces anciens cadres miniers, souvent liés à des réseaux corrompus, s’allient-ils soudain à un avocat pro-Kagame ? Bernard Maingain n’est pas un simple défenseur des droits. C’est un acteur politique, dont les combats judiciaires épousent systématiquement la ligne du FPR. Ses méthodes ? La diabolisation des adversaires de Kagame (Habyarimana, Nkurunziza, Tshisekedi).
L’instrumentalisation du droit pour servir une cause : celle du Rwanda. Aujourd’hui, en attaquant les Tshisekedi, il ne fait que prolonger une stratégie vieille de 20 ans : utiliser les tribunaux occidentaux comme arme de guerre politique. La question reste : la Belgique acceptera-t-elle de servir de tribune à ce jeu dangereux ? Nul ne doit oublier que qui sème la discorde moissonne les conflits.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
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Nord-Kivu II : les enseignants appelés à reprendre les cours lundi, le SYECO maintient la pression
Les différentes parties prenantes du secteur de l’éducation dans la province éducationnelle Nord-Kivu II ont appelé, vendredi, à la reprise effective des cours dès le lundi 20 avril à Butembo et à Beni, au terme d’une réunion tenue entre autorités scolaires, syndicats et représentants des parents.

Autour de la table figuraient notamment le PROVED, les sous-PROVED, le DINACOPE, les gestionnaires d’écoles, l’Association nationale des parents d’élèves du Congo (ANAPECO) ainsi que des organisations syndicales.
À l’issue de « débats houleux », les participants ont convenu de privilégier l’intérêt des élèves en appelant à la reprise des activités scolaires.
« Après discussions et échanges d’avis, nous nous sommes convenus de la reprise effective de toutes les activités scolaires à Butembo comme à Beni dès ce lundi. Nous demandons aux enseignants, aux chefs d’établissements et aux parents de s’y conformer pour l’intérêt des enfants », a déclaré le PROVED Norbert Bisismwa Belekembaka.
Selon cette autorité scolaire, la grève n’a plus sa raison d’être, le Gouvernement ayant déjà entamé le paiement du salaire du mois de mars, principale revendication des enseignants.
Il a, en outre, critiqué la position du Syndicat des enseignants du Congo (SYECO), qu’il accuse de maintenir un mouvement de grève « injustifié », notamment en conditionnant la reprise des cours au paiement du mois d’avril, encore en cours.
De son côté, l’intersyndicale de la province, regroupant plusieurs organisations syndicales à l’exception du SYECO, a soutenu les résolutions issues de la réunion et appelé ses membres à reprendre les cours dès lundi.

Même son de cloche du côté de l’ANAPECO. Par la voix de son représentant, Jean de Dieu Katembo Sangala, l’association a exhorté les enseignants à « revenir à la raison » et invité les parents à envoyer massivement leurs enfants à l’école.
Cependant, le SYECO, particulièrement actif à Butembo, maintient sa position. Réuni jeudi en séance évaluative, ce syndicat a décidé de poursuivre la grève, exigeant notamment le paiement du salaire du mois d’avril avant toute reprise des cours.
Pour rappel, les enseignants des écoles primaires publiques, notamment à Butembo et Beni, observent un mouvement de grève sèche depuis le lundi 13 avril dernier.
Dalmond Ndungo/ CONGOPROFOND.NET
