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Kinshasa : 2 décès enregistrés, dont un enfant, au cachot du parquet près le tribunal de paix N’Djili !
Des sources judiciaires, CONGOPROFOND.NET a appris qu’une enquête est en cours pour faire toute la lumière sur la mort de deux personnes, la semaine dernière, au cachot du parquet du tribunal de paix de N’Djili.
A en croire notre source, quelques éléments de la police nationale congolaise en détachement au palais de justice (communément appelé TGI/N’Djili) situé au quartier 5 de la commune de N’Djili, juste en face de l’immeuble Sirop, avaient reçu l’ordre d’acheminer ces deux corps sans vie à l’hôpital de référence de N’Djili au quartier 7 au motif qu’ils se trouveraient en mauvais état de santé. En réalité, ces éléments de la police avaient déjà été alertés du décès desdites personnes incarcérées.
Arrivés à l’hôpital, le médecin va constater et déclarer leur décès. Cependant, manu militari, les policiers intimeront l’ordre de les acheminer à la morgue.
Parmi les infortunés, un enfant mineur qui aurait été incarcéré pour « viol sur sa grand-mère ». C’est sa propre famille qui l’a remis à la police. Cependant, celle-ci va outrepasser ses prérogatives en gardant l’adolescent pendant trois semaines, sans le nourrir. Sentant que son état de santé s’était détérioré, les policiers iront le confier à son juge naturel qu’est le tribunal pour enfants. C’est ainsi qu’il s’est retrouvé dans l’amigo dudit parquet parmi des majeurs.
Rappelons que la loi portant protection de l’enfant exige que ce dernier soit correctement traité, nonobstant le grief (manquement ), au besoin, qu’il soit remis à ses parents ou être placé dans une maison d’assistance.
Au moment où ces lignes sont couchées, nous apprenons qu’une inspection est menée au parquet près le tribunal de paix N’Djili ainsi qu’au tribunal pour enfants Kinkole afin d’élucider les raisons desdits décès.
Il sied de signaler que l’autre décès était un majeur. Alors que la cause de sa mort n’est pas connue, plusieurs sources indiquent que les conditions de l’amigo dudit parquet ne sont pas bonnes. Le même parquet a enregistré, il n’y a pas longtemps, un autre cas de décès toujours dans le même amigo et dans les mêmes circonstances.
Dorcas Ntumba/CONGOPROFOND.NET
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Nord-Kivu : à la veille de la visite ministérielle, Clovis Mutsuva appelle les chefs coutumiers à « dire la vérité » face à l’insécurité
L’arrivée annoncée du ministre des Affaires coutumières, prévue ce vendredi 17 avril 2026 dans les villes de Beni et Butembo, continue de susciter de vives réactions au sein de la communauté locale. Dans un contexte marqué par une insécurité persistante dans le Grand Nord du Nord-Kivu, plusieurs voix s’élèvent pour interpeller les autorités coutumières appelées à rencontrer le membre du gouvernement.
Parmi elles, celle de Clovis Mutsuva, leader d’opinion dans la région, se distingue par la fermeté de son ton. À la veille de cette visite officielle, il adresse un message direct aux chefs coutumiers, communément appelés Mwami, les exhortant à assumer pleinement leur rôle face aux violences qui frappent la région depuis plus d’une décennie.
Dans une déclaration empreinte d’émotion et d’indignation, il rappelle l’ampleur des souffrances endurées par la population : « Je m’adresse à nos chefs coutumiers, nos Mwami. Voici plus de dix ans que nous mourons par décapitation. Ailleurs, les coutumiers mettent fin à la guerre dans ce pays. […] Mais ici chez nous, je ne veux pas revenir sur les petits conflits qui vous occupent souvent, comme la cession des terres… »
Au-delà du constat, Clovis Mutsuva dénonce les divisions internes et les luttes de pouvoir qui, selon lui, fragilisent l’autorité coutumière et détournent l’attention des véritables enjeux sécuritaires. Il pointe également la prolifération de faux chefs coutumiers :
« Il est vrai qu’il existe des vrais coutumiers, mais les faux existent aussi, et ils sont les plus nombreux. […] C’est une occasion importante qui ne doit pas servir à exposer encore vos querelles. »
Pour ce leader d’opinion, la visite du ministre représente une opportunité cruciale à ne pas gaspiller. Il appelle les autorités traditionnelles à privilégier l’intérêt général et à proposer des solutions concrètes pour mettre fin à l’insécurité, notamment face aux exactions attribuées aux ADF.
Il insiste sur le fait que les conflits entre chefs coutumiers n’ont jamais profité à la population : « Nous, la population, n’avons jamais vu le bénéfice de tout cela. […] Allez lui dire la vérité. Réfléchissez ensemble à comment mettre fin au phénomène ADF, comment utiliser votre pouvoir pour arrêter les massacres et récupérer nos territoires. »
Son message s’étend également à la société civile et à la jeunesse, qu’il invite à éviter tout opportunisme lors de cette visite et à privilégier la responsabilité collective.
Cette prise de parole traduit un ras-le-bol croissant au sein de la population du Grand Nord, qui attend des actions concrètes de la part des autorités, tant coutumières que politiques, pour mettre un terme à une crise sécuritaire qui perdure depuis trop longtemps.
Franck Kaky / CONGOPROFOND.NET
