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Sécurité

Kigali, un agresseur se posant en victime et sabotant la paix africaine

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La récente injonction du Congrès des États-Unis, sommant le Rwanda de retirer ses militaires du territoire congolais, a été accueillie par un fait aussi révélateur qu’ignominieux : c’est le groupe armé terroriste RDF/M23, la brigade avancée de l’armée rwandaise en RD CONGO, qui a publié un communiqué en réaction.

Cette séquence surréaliste résume à elle seule trois décennies de tragédie en RD Congo. Le voisin de l’Est, érigé en modèle par ses bailleurs, ne se contente plus de nier son invasion ; il laisse désormais ses proxies parler à sa place, insultant ainsi l’intelligence de tout le continent. Le Rwanda de Paul Kagame, maître incontesté de la communication et du double langage, s’érige en petite puissance disciplinée et victime d’un complot international.

Pendant ce temps, ses forces et ses milices congédiées pillent les minerais de l’Est du Congo, déplacent des millions de civils et perpétuent un conflit qui a déjà fait plus de six millions de morts. L’opération est rodée : créer le chaos pour justifier une présence “sécuritaire”, tout en siphonnant les richesses. L’ordre américain n’est qu’un aveu tardif d’une vérité connue de tous : Kigali est l’épicentre de l’instabilité dans la région des Grands Lacs.

La réaction du RDF/M23 à une note diplomatique adressée à un État souverain est la preuve ultime de la collusion organique. Quel groupe rebelle, si “autochtone” soit-il, aurait l’audace et les moyens de se faire le porte-parole d’une dispute inter-étatique ? Cette pantalonnade grotesque montre que le RDF/M23 n’est pas une rébellion, mais une unité délocalisée de la RDF. Son rôle est de maintenir la RDC dans un état de faiblesse permanent, empêchant toute consolidation de l’autorité de l’État congolais et toute émergence d’une paix durable, synonyme de fin du pillage.

L’agression rwandaise en RDC n’est pas un simple différend bilatéral. C’est un cancer qui métastase et paralyse le projet d’intégration et de paix en Afrique. Elle sape la souveraineté des États, légitime la logique des conflits par procuration, et ridiculise les mécanismes de sécurité continentaux. Toute l’Afrique centrale en paie le prix, de l’afflux de réfugiés à la militarisation des frontières.

Le Rwanda, sous couvert de sécurité nationale, exporte son insécurité et fait de toute une région son otage géopolitique et économique. Face à cette mascarade,il est temps que la communauté africaine et internationale regarde la réalité en face : le régime de Kigali est un prédateur régional. Chaque jour où son armée et ses proxies occupent le Congo est un jour volé à la paix, au développement et à la dignité des Congolais.

L’injonction américaine, aussi nécessaire soit-elle, restera une lettre morte sans sanctions cinglantes et mesures contraignantes. La “preuve évidente” est là, sous nos yeux, dans ce communiqué du M23 qui ose parler à la place de son commanditaire. L’Afrique mérite mieux que des agresseurs qui jouent aux victimes. Elle mérite la paix, et cette paix passe par le retrait immédiat, total et vérifié du Rwanda de la RD Congo.

TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR

Sécurité

14 décès en janvier, 8 blessés en février sans prise en charge… : la société civile dresse un bilan sécuritaire alarmant du premier trimestre 2026 à Butembo

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La Coordination urbaine de la Société civile du Congo (SOCICO) à Butembo a présenté, ce 15 avril 2026, un bilan sécuritaire préoccupant couvrant les trois premiers mois de l’année. Selon cette structure, 14 personnes ont été tuées au mois de janvier dans différents incidents, notamment des incursions d’hommes armés, des cas de justice populaire et des découvertes de corps sans vie.

Le mois de février a, quant à lui, a été marqué par plusieurs drames, dont des éboulements et des actes criminels ayant fait au moins 8 blessés graves, déplorés sans prise en charge adéquate. Bien qu’une relative accalmie ait été enregistrée en mars, la SOCICO estime que la situation sécuritaire reste fragile et préoccupante dans la ville.

Face à ce constat, la société civile dénonce la faible réactivité des services de sécurité et l’impunité persistante. Elle appelle les autorités à renforcer les patrouilles mixtes, intensifier les enquêtes et améliorer l’éclairage public, tout en exhortant la population à collaborer avec les forces de l’ordre et à éviter le recours à la justice populaire.

Exaucé Kaya

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