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Sécurité

Goma, 1 an après l’occupation : La Société civile interpelle Washington et l’ONU

Dans la douleur et la gravité, la société civile du Nord-Kivu a commémoré, ce lundi 27 janvier 2026, la première année de l’occupation de la ville de Goma par l’armée rwandaise et ses supplétifs du M23. La cérémonie principale s’est tenue à Kinshasa, à l’Académie des Beaux-Arts, en parallèle d’actions similaires organisées à Beni, Butembo et dans certaines villes de la région des Grands Lacs, notamment à Dar-es-Salaam.

Cette simultanéité des manifestations illustre la portée régionale d’un drame qui dépasse les frontières du Nord-Kivu et continue de hanter la conscience collective congolaise.

Génération Z et défenseurs des droits humains en première ligne

À l’initiative de la Génération Z et des défenseurs des droits humains, cette mobilisation s’est voulue à la fois un moment de recueillement et un acte de dénonciation politique.

« Nous nous sommes réunis pour porter le deuil collectif de la nation, un an jour pour jour après la chute douloureuse de Goma aux mains de l’armée rwandaise agissant sous le label du M23 », ont rappelé les organisateurs dans leur déclaration.

Pour les participants, il ne s’agissait pas seulement de se souvenir, mais de refuser la normalisation de l’inacceptable.

Des exactions dénoncées sans détour

Dans un message fort, la société civile a insisté sur le fait que l’occupation de vastes zones du Nord-Kivu ne saurait être banalisée. Elle dénonce notamment « le pillage systématique, le recrutement forcé d’enfants, les exécutions sommaires et l’accaparement des terres par l’agresseur », des exactions qui, selon elle, se poursuivent de Bunagana à Goma.

Présents à Kinshasa, les militants ont tenu à clarifier le sens de leur mobilisation dans la capitale : « Notre présence ici n’est pas un aveu de faiblesse, mais le symbole d’une résistance qui refuse de pactiser avec l’ennemi », ont-ils martelé.

Accord de Washington : l’impatience face aux promesses non tenues

La Société civile a également interpellé la communauté internationale, en particulier les États-Unis, signataires de l’Accord de Washington du 4 décembre dernier.

« Il est temps que l’Accord de Washington quitte le papier pour devenir une réalité concrète sur le terrain », a-t-elle exigé, appelant l’administration américaine à user de son influence pour « contraindre le retrait immédiat des troupes rwandaises du territoire congolais ».

Une manière de rappeler que la diplomatie ne peut se contenter de déclarations sans effets tangibles pour les populations meurtries.

La MONUSCO sous le feu des critiques

Autre cible majeure des critiques : la MONUSCO. Les organisateurs dénoncent ce qu’ils qualifient de passivité de la mission onusienne face à la dégradation persistante de la situation sécuritaire dans l’Est du pays.

« Il est inadmissible que la mission se courbe devant les caprices des rebelles alors que les résolutions 2773 et 2808 exigent une action ferme pour restaurer la sécurité », peut-on lire dans la déclaration finale.

Un réquisitoire sévère qui traduit la perte de confiance d’une partie de la population envers les mécanismes internationaux de protection.

Un appel pressant aux autorités congolaises

La société civile du Nord-Kivu a enfin adressé un message direct aux autorités congolaises, les exhortant à engager sans délai des réformes profondes dans les secteurs de la défense et de la sécurité. Pour elle, cette commémoration dépasse largement le simple devoir de mémoire.

« Les activités d’hier n’étaient pas qu’une commémoration, mais une promesse : Goma n’oubliera jamais, le Kivu n’oubliera jamais, et notre détermination ne faiblira pas tant que la paix ne sera pas restaurée », conclut le texte.

Se souvenir pour résister

Un an après l’occupation, la douleur demeure intacte, mais la détermination aussi. Pour la société civile, se souvenir n’est ni un rituel ni un luxe. C’est un devoir moral et un acte de résistance. Tant que justice ne sera pas rendue aux victimes et que la paix ne sera pas rétablie à Goma et dans l’ensemble de l’Est de la RDC, le silence ne sera jamais une option.
La mémoire des disparus continue d’interpeller, avec force, la conscience nationale et internationale.

Franck Kaky