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Actualité

Kasaï central : des mouvements citoyens s’opposent au choix de Ronsard Malonda à Kananga !

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Des mouvements citoyens à savoir, Lutte pour le changement( Lucha) et Filimbi ont organisé une marche couplée au sit in ce mardi 7 juillet en ville de Kananga. Partie du rond-point Notre-Dame dans la commune de Katoka, à l’Est de la ville, passant par le boulevard Lumumba jusqu’à la mairie de Kananga, les deux mouvements citoyens ont exprimé le rejet de l’ entérinement de Ronsard Malonda par l’Assemblée nationale au poste du président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) en remplacement de Corneille Nangaa.

Dans leur mémorandum, ces organisations rappellent les troubles qui ont précédé les élections de 2006, 2011 et 2018 causés par les responsables de cette institution d’appui à la démocratie qui n’avaient recquis l’unanimité. « Pour rappel, notre position réitérée à Madame la présidente de l’Assemblée nationale de fixer la réforme du système électoral national comme préalable non négociable à toute initiative de renouvellement de la CENI. Cette réforme implique la révision de la loi électorale et celle portant organisation et fonctionnement de la CENI », peut-on lire dans ce document.

S’agissant de l’entérinement de Ronsard Malonda, Lucha et Filimbi/Kananga mettent en avant-plan l’intérêt supérieur du peuple et la paix qui doit régner dans le pays. Les deux mouvements citoyens regrettent l’acte posé par l’Assemblée nationale et considère celui-ci comme « une façon d’hypothéquer la nation ».

Ainsi donc, Lucha et Filimbi exigent  » l’annulation pure et simple de l’entérinement de Ronsard Malonda, la réorganisation du consensus portant sur le choix des animateurs de la CENI, l’audit de la gestion financière par les auditeurs indépendants », concluent les mouvements citoyens de Kananga.

Aussitôt après remise de ce mémo à la maire de Kananga, cette dernière a promis la retransmission auprès du concerné. Les jeunes de Lucha et Filimbi ont passé le reste de la journée devant le bureau du secrétariat provincial de la CENI.

MUABILAYI/CONGOPROFOND.NET

Politique

Guillaume Ngefa Atondoko à Pékin : la justice congolaise s’arrime au réel et à l’excellence des standards internationaux

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Dès son premier échange au Parquet populaire suprême de Chine, Guillaume Ngefa Atondoko Andali a posé un acte politique et doctrinal fort : celui d’un Garde des Sceaux pour qui la justice n’est ni une abstraction kinoise, ni un simple instrument régalien, mais la véritable colonne vertébrale d’un partenariat international apaisé.

Face au vice-procureur général Tong Jianming, le Ministre d’État congolais a démontré une vision percutante et décomplexée du rôle de son ministère. Là où d’autres se contenteraient de protocoles compassés, il a su imposer l’idée que la souveraineté judiciaire est le pré-requis indispensable à une relation économique durable en liant directement la lutte contre la corruption et la sécurisation des contentieux à la pérennité des investissements chinois.

Guillaume Ngefa redéfinit le partenariat institutionnel : il ne s’agit plus seulement de signer des contrats miniers, mais de construire un État de droit capable de garantir ces contrats dans la durée. C’est cette approche globale, où le droit devient le socle de la confiance mutuelle, qui marque un tournant stratégique dans la diplomatie bilatérale vieille de cinquante ans. Mais la force du propos du Ministre Ngefa réside surtout dans sa capacité à faire dialoguer l’ancrage territorial le plus concret avec l’ouverture la plus résolue sur le monde.

Son action à la tête de la Justice ne se lit pas uniquement dans les palais de marbre de Pékin ; elle se mesure d’abord dans les prétoires des chefs-lieux de province et dans la numérisation naissante des greffes de l’intérieur du pays. En venant chercher en Chine l’expertise sur la gestion massive des dossiers (830 000 avocats chinois sont un défi organisationnel autant qu’une source d’inspiration), il démontre une humilité intellectuelle précieuse : apprendre de ce qui marche ailleurs pour l’adapter au maillage complexe du territoire congolais.

La création récente du tribunal économique et financier ou l’examen des lois sur les conflits d’intérêts à Kinshasa prennent tout leur sens lorsqu’ils sont éclairés par l’expérience chinoise de digitalisation. Cette union entre la “main du terrain” et le “regard du large” est la marque d’un homme d’État pragmatique, qui sait que l’efficacité d’une réforme judiciaire se joue autant dans la célérité d’une procédure au fin fond de l’Équateur que dans la signature d’un traité d’extradition à l’autre bout du monde.

Enfin, cette visite à Pékin consacre une méthode de gouvernance aussi discrète que redoutablement efficace. Là où la coopération sino-congolaise fut longtemps perçue comme un simple corridor commercial, Guillaume Ngefa Atondoko y imprime la marque d’un partenariat institutionnel mature et équilibré. En discutant de “courtoisie judiciaire” avec les plus hautes instances du Parti et du Barreau chinois, il arrache le dialogue juridique à la seule gestion des cas consulaires pour l’élever au rang d’échange structurant entre nations souveraines.

L’éloge qu’il convient de lui adresser est celui de la cohérence : il ne prône pas l’ouverture pour l’ouverture, mais une internationalisation ciblée qui vient nourrir la machine judiciaire nationale et la rendre plus proche du citoyen. En quittant Pékin avec la promesse de traités d’extradition et un modèle de rapprochement des barreaux, le Garde des Sceaux rappelle avec force que la justice congolaise n’entend plus subir la mondialisation, mais bien la négocier et s’y outiller pour mieux rayonner depuis les provinces jusqu’à la scène internationale.

TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR

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