À la Une
Kananga : une ONG rescolarise et prend en charge 100 élèves filles
L’ONG « Femme main dans la main pour le développement » (Fmdk) a remis, ce mardi 13 octobre 2020, des kits scolaires à 100 élèves filles vulnérables de Kananga. Ce kit est constitué des sacs, cahiers, stylos et autres fournitures scolaires. C’est dans le cadre du projet JAD (Justice, Autonomisation et Dignité de la femme et la jeune fille), exécuté par cette ONG avec le soutien du gouvernement canadien, via PNUD, que cela a été rendu possible.

D’après la coordinatrice de l’ONG Fmdk, ces élèves filles, dont 6 finalistes, seront prises en charge toute l’année. » Nous avions, à travers nos partenaires notamment des hôpitaux et cliniques juridiques, enregistrés 180 cas. Et aujourd’hui nous appuyons 100 parce que ce sont elles qui ont répondu aux critères. Il s’agit des filles victimes des viols, mineures, vulnérables. C’est à la sous -branche réinsertion socio économique et réscolarisation que nous remettons ce kit. Nous allons payer tous les frais scolaires pour cette année scolaire », a indiqué Nathalie Kambala à congoprofond.net

Les parents de ces 100 élèves bénéficieront aussi également d’un kit de réinsertion. L’idée est de les aider à continuer à prendre en charge leurs enfants les années àprochaines. « Nous allons remettre à chaque parent 100$ sur base d’un plan d’affaires qu’ils ont établis avec nos animatrices. Nous poussons ces parents à se prendre en charge à partir des activités génératrices de revenus. L’objectif est qu’ils arrivent à prendre en charge leurs enfants les années prochaines parce que nous, nous les prenons en charge juste pour une année », a-t-elle martelé.
Toujours dans le cadre du projet JAD, plus de 300 femmes victimes des violences basées sur le genre bénéficieront d’un kit de réinsertion avant la fin du mois.
MUABILAYI/CONGOPROFOND.NET
À la Une
Insécurité grandissante à Watsa : Nasson Paluku Luvatsi accuse un dispositif sécuritaire « mal orienté »
La situation sécuritaire dans le territoire de Watsa, dans la province du Haut-Uele, suscite une vive inquiétude au sein de la population. En moins d’une semaine, plusieurs attaques armées, des pillages nocturnes ainsi que des cas de justice populaire ont été signalés dans différents centres de négoce, alimentant un climat de peur et de méfiance.
Face à cette recrudescence de violences, l’acteur sociopolitique Nasson Paluku Luvatsi pointe du doigt l’organisation actuelle du dispositif sécuritaire dans la région. Dans un entretien téléphonique accordé ce mercredi 4 mars 2026 à Congo Profond.net, il affirme que la montée de l’insécurité serait en grande partie liée à la répartition des forces de l’ordre dans le territoire.

Un vide sécuritaire dans les zones habitées
Selon Nasson Paluku Luvatsi, une proportion importante des policiers serait actuellement déployée dans les carrières minières afin d’assurer la protection d’opérateurs étrangers, laissant plusieurs quartiers et centres de négoce avec une couverture sécuritaire très limitée.
« Les bandits opèrent presque librement pendant que la population est exposée », déplore-t-il.
Pour lui, ce choix stratégique crée un véritable déséquilibre dans la protection du territoire. Les zones résidentielles, moins surveillées, deviennent ainsi des cibles privilégiées pour les criminels, notamment lors d’attaques nocturnes répétées.
Des failles internes dans le dispositif sécuritaire
Au-delà du redéploiement contesté des forces de l’ordre, l’acteur sociopolitique dénonce également plusieurs dysfonctionnements internes qui affaibliraient l’efficacité des services de sécurité.
Il évoque notamment :
– l’insuffisance numérique des agents de sécurité dans le territoire ;
– le manque de formation adéquate pour certains éléments ;
– l’absence de patrouilles régulières dans plusieurs zones sensibles ;
– des cas d’indiscipline, certains agents s’adonnant à l’ivresse ou à des activités incompatibles avec leur mission.
Pour Nasson Paluku Luvatsi, l’accumulation de ces défaillances réduit considérablement la capacité de réaction face aux groupes criminels qui opèrent dans la région.
Une série d’incidents violents qui inquiète
Ses déclarations interviennent dans un contexte particulièrement tendu. Ces derniers jours, plusieurs incidents graves ont été enregistrés dans le territoire de Watsa : attaques armées contre des centres de négoce, pillages nocturnes, blessés et même des cas de justice populaire ayant coûté la vie à des présumés bandits.
Pour l’acteur sociopolitique, cette multiplication d’actes violents traduit également une perte progressive de confiance d’une partie de la population envers les services censés garantir sa sécurité.
Un appel à des mesures urgentes
Malgré ses critiques, Nasson Paluku Luvatsi appelle la population à éviter toute forme de justice populaire et à collaborer avec les services de sécurité en signalant tout mouvement suspect.
Il plaide cependant pour des mesures urgentes afin de restaurer l’ordre et la confiance :
– un redéploiement stratégique des policiers vers les zones habitées ;
– un renforcement des effectifs ;
une amélioration de la formation professionnelle ;
– un contrôle disciplinaire plus strict des agents.
Selon lui, dans un territoire entouré de zones déjà affectées par l’insécurité, l’inaction pourrait rapidement aggraver la situation.
Les autorités sécuritaires sont désormais attendues sur des réponses concrètes afin de restaurer la paix et la confiance de la population dans le territoire de Watsa.
Junior Kasamba / CongoProfond.net
