Sécurité
Justice sous Kalachnikov : la sinistre farce du RDF/M23
Quand les bourreaux se font juges, la justice n’est plus qu’une parodie sanglante. Le RDF/M23, milice terroriste rwandaise et responsable de massacres en série, ose aujourd’hui installer des « tribunaux » dans l’Est de la RDC, comme un chirurgien poserait un pansement sur une plaie ouverte avec des mains couvertes de sang.
Cette mascarale judiciaire, orchestrée depuis Kigali, n’a qu’un objectif : légitimer l’occupation, blanchir les criminels et achever de piétiner la souveraineté congolaise. Entre cynisme décomplexé et colonialisme armé, le Rwanda et ses proxies jouent leur comédie macabre. Et le monde regarde, parfois même applaudit que des criminels s’auto-amnistient. C’est cela la justice version RDF/M23.
Le RDF/M23, mouvement terrorisé par les tribunaux, crée soudain des tribunaux. Drôle de conversion. Ces « Cours et Tribunaux », annoncés triomphalement dans les zones occupées, ne sont qu’un outil de propagande pour étouffer les crimes du groupe. Pas un mot sur les milliers de morts, les viols systématiques, les villages brûlés. La « justice » du RDF/M23, c’est celle du renard réécrivant les règles du poulailler.
Comme au Rwanda de Paul Kagame, ces tribunaux serviront à liquider les opposants et à punir les dissidents sous couvert de « légalité ». Déjà, des chefs locaux refusant de collaborer sont menacés de « procès ». Kigali veut offrir une façade à l’exploitation minière en formalisant l’occupation. Paul Kagame légalise son pillage. L’or et le coltan auront désormais un tampon « juridique ».
Ironie ultime, cette « commission » est dirigée par des hommes sous sanctions internationales pour crimes de guerre. On croirait voir un cartel de narcos ouvrir une école de police. Kigali, un pyromane-pompier qui met en place la stratégie de l’impunité légalisée. Le Rwanda ne cache même plus son jeu. Après avoir armé, financé et dirigé le M23, il lui offre maintenant un décorum judiciaire. Les rapports de l’ONU sont pourtant clairs.
Le RDF (armée rwandaise) pilote le M23 : logistique, renseignements, commandement. Les officiers rwandais opèrent sur le terrain : preuves satellitaires, témoignages, interceptions téléphoniques. Pourtant, la « communauté internationale » préfère regarder ailleurs. Certains, comme les États-Unis, sanctionnent mollement quelques individus (Kabarebe, etc.), mais laissent intact le système qui arme et légitime le RDF/M23.
Pourquoi ? Parce que le Rwanda est un gendarme utile en Afrique centrale, un allié « stable » dans une région en feu. Peu importe que cette « stabilité » soit bâtie sur des charniers. L’ONU, qui documente depuis des années les exactions du M23, se contente de « notes techniques » et de réunions à Genève. Pire, certains de ses représentants saluent les « avancées des pourparlers de Doha » – comme si discuter avec une milice sous commandement étranger était un progrès.
L’Union Africaine, elle, reste muette. Où est la « solidarité africaine » quand une nation membre (le Rwanda) démantèle une autre (la RDC) ? Le silence de l’UA est une trahison. Le gouvernement congolais proteste mollement. Certains de ses membres semblent même prêts à négocier avec le RDF/M23, comme si l’on pouvait « dialoguer » avec une milice étrangère. La stratégie de Kinshasa ? Attendre que l’opinion internationale s’émeuve.
En attendant, le pays se vide de ses minerais et de sa dignité. La « commission judiciaire » du RDF/M23 est une insulte à l’intelligence, une gifle aux victimes congolaises. Mais elle révèle une vérité plus crue encore : le Rwanda agit en puissance coloniale, avec la bénédiction tacite de l’Occident. La justice internationale est une blague quand elle laisse les criminels s’auto-absoudre.
La RDC est en train de mourir par morceaux, et le monde regarde, indifférent ou complice. Demain, quand le M23 aura « jugé » ses premiers opposants et légalisé son occupation, il sera trop tard. L’histoire retiendra que nous aurons laissé faire. Une justice imposée par des kalachnikovs n’est pas la justice. C’est la loi de la jungle, habillée en costume-cravate.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
Sécurité
14 décès en janvier, 8 blessés en février sans prise en charge… : la société civile dresse un bilan sécuritaire alarmant du premier trimestre 2026 à Butembo
La Coordination urbaine de la Société civile du Congo (SOCICO) à Butembo a présenté, ce 15 avril 2026, un bilan sécuritaire préoccupant couvrant les trois premiers mois de l’année. Selon cette structure, 14 personnes ont été tuées au mois de janvier dans différents incidents, notamment des incursions d’hommes armés, des cas de justice populaire et des découvertes de corps sans vie.
Le mois de février a, quant à lui, a été marqué par plusieurs drames, dont des éboulements et des actes criminels ayant fait au moins 8 blessés graves, déplorés sans prise en charge adéquate. Bien qu’une relative accalmie ait été enregistrée en mars, la SOCICO estime que la situation sécuritaire reste fragile et préoccupante dans la ville.
Face à ce constat, la société civile dénonce la faible réactivité des services de sécurité et l’impunité persistante. Elle appelle les autorités à renforcer les patrouilles mixtes, intensifier les enquêtes et améliorer l’éclairage public, tout en exhortant la population à collaborer avec les forces de l’ordre et à éviter le recours à la justice populaire.
Exaucé Kaya
