Sécurité
Paluku Kisaka Yereyere : du ministère à la rébellion, l’odieuse trahison d’un cynique sans vergogne
Comment un ancien ministre et élu du peuple vend-il son âme au RDF/M23, piétinant ainsi la mémoire des victimes de l’Est ? Il fallait oser. Il fallait avoir ce culot monstrueux, cette absence totale de dignité, cette bassesse morale qui caractérise les carriéristes sans patrie ni principes. Paluku Kisaka Yereyere, ancien ministre de l’Agriculture, Pêche et Élevage sous Joseph Kabila, ancien député national élu de Lubero a franchi la ligne rouge.
Cette ligne de l’infamie qui permet de rejoindre officiellement le RDF/M23. Cette milice soutenue par le Rwanda et responsable de massacres, de déplacements massifs et de souffrances indicibles dans l’Est de la RDC. Quelle ironie cruelle ! Cet homme, qui a siégé dans les institutions de la République, qui a prêté serment de servir la nation, crache aujourd’hui sur son peuple en ralliant ceux qui le massacrent. Quelle trahison plus flagrante peut-on imaginer ?
C’est le parcours honteux de cet opportuniste. Kisaka Yereyere n’est pas un inconnu dans l’arène politique congolaise. Député national, ministre, il a bénéficié des privilèges du pouvoir, a joui des avantages de la fonction publique, a prétendu représenter les habitants de Lubero. Et aujourd’hui ? Il rejoint un mouvement armé qui, sous couvert de « libération », sème la terreur et collabore avec l’ennemi historique du Congo : le Rwanda de Paul Kagame.
Osera-t-il regarder dans les yeux les femmes violées par les combattants du RDF/M23 ? Pourra-t-il se tenir devant les milliers d’enfants congolais jetés sur les routes de l’exode à cause des attaques de cette milice ? Non. Car Paluku Kisaka Yereyere n’est pas un révolutionnaire, ni un idéaliste. C’est un lâche, un traître qui a choisi le camp des bourreaux dans un mépris affiché pour les siens.
Lubero, son fief, son territoire d’origine, est l’une des zones martyres de cette guerre par procuration que mène Kigali contre la RDC. Les populations y subissent violences, pillages et humiliations au quotidien. Au lieu de se battre pour elles, Paluku Kisaka Yereyere préfère embrasser leurs tortionnaires. Où était-il quand les villages brûlaient ? Où était-il quand les familles fuyaient les balles du RDF/M23 ? Silence. Absence. Lâcheté.
Et aujourd’hui, il rejoint ces mêmes forces qui ont ensanglanté sa région. Y a-t-il plus grande trahison ? C’est le cynisme d’une classe politique sans âme. Le cas de Paluku Kisaka Yereyere n’est malheureusement pas isolé. Il illustre la pourriture d’une classe politique congolaise prête à vendre son pays pour un peu d’influence, un strapontin, ou l’illusion du pouvoir. Hier, il servait Kabila.
Aujourd’hui, il se vend au RDF/M23. Demain, à qui vendra-t-il son âme ? Mais cette fois, la limite a été franchie. On ne pactise pas avec l’ennemi. On ne rejoint pas une milice étrangère qui assassine des Congolais. Ce n’est plus de la politique, c’est de la haute trahison. C’est la honte et le déshonneur. Paluku Kisaka Yereyere vient de s’inscrire dans l’histoire comme l’un des symboles les plus vils de la traîtrise.
Son nom rejoindra ceux des collaborateurs, des vendus, des hommes qui ont préféré le sang et l’argent à l’honneur et à la patrie. Aux Congolais, il envoie un message clair : « Je suis du côté de ceux qui vous tuent. » Qu’il assume. Qu’il porte désormais ce fardeau. Mais qu’il sache une chose : l’histoire, elle, ne l’oubliera pas.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
Sécurité
Parc de Virunga : les éco-gardes pris pour cible, l’ACEDH dénonce un massacre répété
L’Alerte congolaise pour l’Environnement et les Droits de l’Homme (ACEDH) dit être profondément affectée par les récentes attaques armées visant les acteurs de la conservation dans l’est de la République démocratique du Congo.
Selon l’organisation, la dernière attaque s’est produite le 21 mai 2026 à Kamuhoro, sur la côte sud du lac Édouard, au cœur du Parc national des Virunga. Des hommes armés non identifiés ont tué deux éco-gardes, identifiés comme KASEREKA BARAKA VALIYA TIRE et MUNGU AKONKWA MIHIGO Jacques, tous engagés dans la protection de la biodiversité.
L’ACEDH indique que cette attaque intervient quelques jours après d’autres violences enregistrées depuis le 19 mai 2026 dans les zones de Kyavinyonge et autour du lac Édouard, où des biens de citoyens et de défenseurs de l’environnement auraient également été pris pour cible.
Face à cette situation, l’organisation condamne fermement ces actes et présente ses condoléances aux familles des victimes ainsi qu’à la communauté des agents de conservation. Elle exprime également sa solidarité avec les personnes ayant subi des menaces et des destructions de biens.
L’ACEDH appelle à une mobilisation nationale et internationale pour renforcer la protection des acteurs de la conservation en RDC. Elle demande un meilleur accès à la sécurité et à la justice pour ces agents, estimant que les risques qu’ils encourent sont devenus très élevés.
L’organisation s’inquiète également de ce qu’elle qualifie d’instrumentalisation de la violence par certains acteurs politiques et sociaux, ce qui aggrave les tensions et met en danger les communautés locales. Elle rappelle que les éco-gardes proviennent souvent de ces mêmes communautés.
L’ACEDH affirme que depuis janvier 2026, neuf agents de conservation ont été tués en République démocratique du Congo dans l’exercice de leurs fonctions, dont sept dans le parc national de l’Upemba, sans que des enquêtes judiciaires aboutissent à des procès.
Elle appelle les autorités compétentes à ouvrir des enquêtes sérieuses afin d’identifier les auteurs de ces attaques et de renforcer la sécurité dans les aires protégées.
Enfin, l’ACEDH réaffirme son soutien aux efforts de protection du Parc national des Virunga et des autres zones protégées du pays, ainsi qu’à tous ceux qui œuvrent pour la défense de la biodiversité.
Désiré Rex Owamba
