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Politique

Joseph Kabila et le RDF/M23 : cynisme politique et messages subliminaux d’une alliance trouble

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L’ancien président de la RD Congo, Joseph Kabila, a une nouvelle fois défrayé la chronique le 23 mai 2025 en dénonçant le gouvernement de Félix Tshisekedi comme une « dictature » après la levée de son immunité par le Sénat. Cette déclaration, faite depuis une localisation inconnue, intervient dans un contexte où Joseph Kabila est accusé de soutenir le mouvement terroriste RDF/M23.

Des criminels formant une milice responsable de graves exactions dans l’Est du Congo. Une analyse approfondie révèle un cynisme politique troublant : la date de sa déclaration (23 mai) coïncide étrangement avec le nom du groupe terroriste (M23), tandis que son discours, bien que se présentant comme une défense de la démocratie, semble davantage servir les intérêts rwandais que ceux du peuple congolais.

Le choix du 23 mai pour s’exprimer n’est probablement pas anodin. Le M23, dont le nom signifie « Mouvement du 23 mars » (en référence à un accord politique de 2009), est un groupe armé notoirement rwandais, accusé d’atrocités et de déstabilisation de la RDC. Le symbolisme numérique trouve ici tout son sens. La date du 23 mai peut être interprétée comme un clin d’œil codé au M23, suggérant une connivence.

Il existe un historique des allusions. Joseph Kabila a déjà été accusé d’avoir conseillé le chef du RDF/M23, Bertrand Bisimwa, de renverser Félix Tshisekedi par un coup d’État plutôt que par un assassinat, selon des témoignages recueillis par l’armée congolaise. Cette coïncidence troublante s’inscrit dans une stratégie de communication où Joseph Kabila entretient une ambiguïté calculée.

Dans son allocution, Joseph Kabila a appelé au retrait des « troupes étrangères » du Congo, une formulation qui pourrait viser les forces de la SADC (Communauté de développement d’Afrique australe) plutôt que les soldats rwandais soutenant le RDF/M23. Il y a clairement un double langage. Alors qu’il dénonce l’ingérence étrangère, il ne condamne pas explicitement le Rwanda et ne cite pas son mentor Paul Kagame.

Pourtant accusé par l’ONU et les experts internationaux d’armer et diriger le RDF/M23. Il y a eu un silence abasourdissant sur le FDLR. Joseph Kabila critique les milices pro-gouvernementales, mais ignore les exactions du RDF/M23, y compris les massacres de civils et les déplacements forcés. Ce biais dans son discours suggère une priorité donnée aux intérêts rwandais plutôt qu’à la stabilité congolaise.

Après ses proches, Joseph Kabila a annoncé lui-même son intention de se rendre à Goma, une ville occupée par le RDF/M23 depuis janvier 2025 tout en niant officiellement tout lien avec ce groupe terroriste. Il solliciterait par ce geste une protection par les terroristes. Contrairement à ses affirmations d’indépendance, son choix de Goma comme point de chute indique une collaboration tacite avec le RDF/M23.

D’aucuns pensent que c’est juste une provocation politique. Son retour dans une zone sous contrôle terroriste est perçu comme une menace directe contre le gouvernement de Kinshasa. L’on se rappelle que l’homme qui a dirigé la RDC pendant 18 ans a laissé un héritage marqué par des alliances douteuses. Joseph Kabila a longtemps été soupçonné de liens avec le Rwanda.

Des sources militaires et des témoignages suggèrent qu’il aurait facilité la montée en puissance du groupe dès 2012. Durant son mandat, les relations entre Joseph Kabila et le président rwandais Paul Kagame ont été ambiguës, alternant entre tensions et coopérations secrètes. Ce qui laisse supposer qu’il a toujours arboré un nationalisme de façade au service d’intérêts étrangers.

La déclaration du 23 mai 2025 n’est pas un simple coup médiatique, mais un message subliminal adressé à ses alliés régionaux. En associant sa prise de parole à la date du 23 mai (renvoyant au M23), en évitant de condamner le Rwanda, et en choisissant de s’installer bientôt dans une ville contrôlée par les terroristes, Joseph Kabila envoie un signal clair pour quiconque aurait un peu de jugeote.

Son attachement réel semble moins tourné vers le peuple congolais que vers des réseaux de pouvoir transfrontaliers. Cette stratégie du double jeu, couplée à une rhétorique patriotique, révèle un cynisme politique profond, où la survie d’un homme se fait au détriment de la stabilité d’une nation déjà meurtrie. Les coïncidences autour de Joseph Kabila et du RDF/M23 ne sont pas le fruit du hasard, mais bien le résultat d’une stratégie politique délibérée.

TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain/ Consultant senior cabinet CICPAR

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« Que les parents gardent les enfants à la maison » : L’opposition annonce une journée morte contre « révision ou changement » de la constitution, Andy Bemba appelle à l’unité face à la marche du 3 juin

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« Que les Parents gardent les enfants à la maison » : L’opposition annonce une journée morte contre « Révision ou changement » de la constitution, Andy Bemba appelle à l’unité face à la marche du 3 juin

À deux jours de la marche annoncée par l’opposition pour barrer la route à la révision ou changement de la constitution, Andy Bemba, président national du parti Nouvelle Pensée(NP), a pris position ce lundi 1er juin 2026. Dans une déclaration ferme, il rappelle la priorité du moment : l’unité nationale.

« Je respecte le droit de chacun à exprimer ses opinions et à manifester pacifiquement. Cependant, dans le contexte actuel d’agression que traverse notre pays, je considère que la priorité nationale devrait être l’unité, la défense de notre souveraineté et le soutien à nos forces engagées pour protéger l’intégrité du territoire », a déclaré Andy Bemba.

Le président de Nouvelle Pensée estime que si les débats politiques sont légitimes, ils ne doivent pas faire perdre de vue l’essentiel. « Les débats politiques sont légitimes, mais ils ne devraient pas détourner notre attention de l’enjeu fondamental qui est la préservation de la nation. »

Cette sortie intervient alors que l’opposant Martin Fayulu Madidi a appelé à une journée morte ce mercredi 3 juin 2026. « Nous demandons aux parents d’élèves de garder les enfants à la maison et de n’aller eux-mêmes ni au travail ni au marché, pour prouver à Félix Tshisekedi que le peuple n’est pas d’accord avec son projet », a lancé le leader de l’ECiDé, afin de faire pression contre tout projet de révision ou de changement de la Constitution.

Face à cet appel, Andy Bemba plaide pour la continuité de la vie sociale : « Laissons le peuple et nos enfants vaquer librement à leurs activités quotidiennes. Ils sont notre avenir, l’avenir de cette nation. ».

La marche du 3 juin s’inscrit dans un climat politique tendu, marqué par la fracture entre partisans et opposants à la modification de la loi fondamentale congolaise. Pour NP, l’heure n’est pas à la division mais au sursaut patriotique.

Blaise ABITA ETAMBE

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