Analyses et points de vue
Jéricho : La ville éternelle et son héritage millénaire
Jéricho, souvent décrite comme l’une des plus anciennes villes du monde, est un site emblématique qui fascine les archéologues, les historiens et les voyageurs. Située en Cisjordanie, à proximité de la mer Morte, cette ville millénaire offre un aperçu unique des débuts de la civilisation humaine.
Nous souhaitons explorer l’importance historique, culturelle et symbolique de Jéricho, tout en remettant en question certaines idées préconçues sur son rôle dans l’histoire. Les premières traces d’occupation à Jéricho remontent à plus de 10 000 ans, faisant de cette ville un véritable témoin des débuts de l’humanité. Les fouilles archéologiques ont révélé des structures impressionnantes.
Comme le célèbre mur de pierre et la tour de guet, qui datent du Néolithique. Ces vestiges témoignent de l’une des premières tentatives de l’humanité de s’organiser en sociétés complexes, marquant la transition vers une agriculture sédentaire. Jéricho est souvent associée à des récits bibliques, notamment celui de la chute des murs de Jéricho, ce qui a contribué à sa renommée.
Cependant, il est crucial de distinguer le mythe de l’histoire. Bien que la ville ait une importance spirituelle et symbolique dans plusieurs traditions religieuses, son histoire archéologique offre des perspectives plus nuancées. Les découvertes à Jéricho montrent une continuité d’occupation et d’adaptation, témoignant de la résilience des populations face aux défis environnementaux.
Mais aussi aux changements politiques que la ville a connus. Aujourd’hui, Jéricho est à la fois un symbole de paix et de tensions. En tant que ville palestinienne sous l’Autorité palestinienne, elle fait partie des régions au cœur du conflit israélo-palestinien. Cette situation complexe soulève des questions sur l’identité, l’appartenance et la préservation de l’histoire.
Les efforts pour promouvoir Jéricho comme destination touristique, tout en respectant les sensibilités politiques, mettent en lumière les défis de la coexistence dans une région marquée par des conflits. Le potentiel de Jéricho en tant que site touristique est immense. Avec ses paysages historiques, ses vestiges archéologiques et sa proximité avec la mer Morte, la ville pourrait devenir une destination phare.
Une destination phare pour ceux qui cherchent à comprendre l’histoire millénaire de la région. Cependant, cela nécessite des efforts concertés pour garantir que le développement touristique soit durable et respecte les réalités locales. Il est temps de déconstruire les stéréotypes autour de Jéricho, qui est souvent réduite à une simple mention dans des récits religieux.
La ville mérite d’être reconnue pour sa richesse historique, sa diversité culturelle et son rôle dans l’évolution de la civilisation humaine. En mettant en lumière les différentes couches de son histoire, nous pouvons commencer à apprécier Jéricho non seulement comme un lieu d’intérêt archéologique, mais aussi comme un espace de dialogue interculturel.
Jéricho, avec ses racines profondes et son rôle crucial dans l’histoire de l’humanité, est une ville qui mérite d’être redécouverte. Elle incarne non seulement la résilience humaine, mais aussi la richesse d’une culture qui continue d’influencer notre monde moderne. En redéfinissant notre compréhension de Jéricho, nous ouvrons la porte à une appréciation plus nuancée de l’histoire humaine.
Elle n’est pas linéaire et nous rappelle que chaque ville a une histoire à raconter et que chaque pierre témoigne d’un passé complexe et fascinant. Dans un monde où les divisions sont souvent mises en avant, Jéricho nous rappelle l’importance de l’héritage partagé et de la coexistence pacifique. Mais surtout du défi qu’elle a toujours lancé au temps.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
Analyses et points de vue
Protection de l’enfant et de la femme contre les violences sexuelles en RDC (par Zagor Mukoko)
Les violences sexuelles sont très répandues, systématiquement et culturellement ancrées en République Démocratique du Congo. Les plus répandues sont les viols, les violences conjugales, les mariages forcés et précoces.
Selon l’Enquête démographique et de Santé-2023 de UNFPA, en République Démocratique du Congo 45% des femmes de 15-49 ans ont subi des actes de violences physique ou sexuelle.
Parmi ces femmes, 68% n’ont jamais recherché d’aide et n’en ont jamais parlé à quelqu’un. Cette même étude démontre un taux de mariage précoce préoccupant : 18 % des femmes de 25-49 ans sont en union avant l’âge de 15 ans et 53 % sont en union avant 18 ans. Cette même enquête a aussi montré que 89% des femmes de 15-49 ans et 73% des filles de 0-14 ans sont excisées.
De plus, la crise actuelle à l’Est du pays, les violences sexuelles en occurrence, les viols, sont utilisées comme une arme de guerre. D’après les enquêtes, les femmes déplacées qui ont trouvé refuge dans des camps de fortune autour des zones d’exploitation minière subissent aussi de nombreuses violences : viols, harcèlements sexuels, mariages forcés, prostitution.
Selon les mêmes enquêtes, 13,9% des personnes en situation de vulnérabilité enquêtées ont déclaré avoir subi des violences et abus. Les plus fortes proportions de ces cas de violence sont notées dans les Zones d’exploitation minières (22%) et en Ituri (18,3%).
Le Cercle d’étude pour la protection de l’enfant et la famille, en sigle CEPEF ,est une organisation non gouvernementale initiée par les Chercheurs universitaires , les Experts en travail social qui œuvrent pour la promotion des droits et la protection de l’enfant et de la famille et la réinsertion socioéconomique des enfants et jeunes de la rue.
Le CEPEF agit dans la proximité de la population pour protéger les droits de l’enfant et prévenir les violences sexuelles et celles basées sur le genre.
En tant que groupe de réflexion, le CEPEF offre non seulement une voix collective et amplifiée pour défendre les questions de protection de l’enfant et de la famille en RDC et dans le monde, selon les valeurs universelles , des Opportunités de réseautage, de connexion, et d’échange au sein d’un réseau de Protection de l’enfant en situation d’Urgence qui comprend des ONG internationales, régionales et nationales, des agences de l’ONU, des gouvernements ainsi que d’autres acteurs humanitaires mais aussi une promotion des liens entre les membres du CEPEF sur le terrain et les organismes régionaux et mondiaux chargés de l’élaboration des politiques, information et analyse des derniers développements liés à la coordination.
Afin de réduire les effets dévastateurs du VBG dans les communautés congolaises les plus à risque, le CEPEF vise à prévenir les VBG sur les femmes et particulièrement les jeunes avec une attention soutenue portée aux personnes en situation de vulnérabilité.
Il s’articule autour d’une réponse holistique qui appuie l’engagement des acteurs sociaux de première ligne et des structures de prise en charge ; et renforce la résilience des femmes et des filles, potentiellement victimes, une participation accrue et inclusive de ces dernières à toutes les étapes de traitement de la problématique dans un environnement protecteur.
Le CEPEF est appelé à collabore avec tous les acteurs qui interviennent en République Démocratique du Congo en matière de protection et de lutte contre les VBG. Le CEPEF intervient en complémentarité des activités développées, notamment en termes de renforcement des capacités et de promotion de l’inclusion des femmes et filles survivantes de VBG et déplacées de guerre.
De plus, le CEPEF favorise une synergie d’intervention entre tous les acteurs présents à travers les cadres de concertation inclusifs.
Ancré au sein des communautés surtout parmi les acteurs qu’il appuie, le CEPEF vise un impact à long terme par le biais du renforcement durable des capacités des acteurs locaux (volontaires, prestataires de soin…), l’amélioration de la capacité d’accueil des structures de santé communautaire et de la qualité de la prise en charge des survivantes de VBG, et le renforcement de la résilience socioéconomique des bénéficiaires.
Le CEPEF dispose également d’un ancrage institutionnel à travers le renforcement de capacités des élus locaux et la mise sur pied de cadres de concertations inclusifs qui regroupent les autorités des entités décentralisées, les acteurs de santé et les associations. Cela permettra de garantir la pertinence, l’efficacité et la durabilité des actions sur le terrain.
Zagor Mukoko Sanda
