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Ituri : Djugu de nouveau endeuillé, 40 déplacés massacrés ce lundi !
La province de l’Ituri ne cesse d’être endeuillée par des groupes armés locaux. Une situation qui n’épargne même pas les personnes déplacées.
Aux premières heures de ce lundi 12 juin 2023, plus de 40 civils déplacés ont été tués dans le territoire de Djugu. C’était lors d’une attaque attribuée aux miliciens CODECO ayant ciblé le site de Lala, groupement Ngle dans la chefferie des Bahema Badjere.
Le chef de cette chefferie indique que ces meurtriers sont venus des secteurs de Walendu Pitsi et Djatsi. Il parle aussi de 8 blessés.
Le G5-A, une structure regroupant les communautés victimes dresse un bilan de 46 civils tués, 10 portés disparus et 11 blessés.
Ce crime de guerre et contre l’humanité qui s’étend sur la province voisine du Nord-Kivu révolte aussi le député national Jackson Ausse Afingoto.
Cet élu de la circonscription électorale d’Irumu en Ituri recommande au gouvernement congolais « d’arrêter de dialoguer » avec les groupes armés et « d’activer les opérations militaires».
Pour ce jeune parlementaire, «la sécurité ne se négocie pas».
Sans avancer un bilan quelconque ni citer formellement les auteurs, le lieutenant Jules Ngongo parle d’un acte de sabotage au processus de paix en Ituri.
“ L’attaque sur le site de déplacés orchestré par les hommes armés qui a coûté la vie de nos compatriotes, constitue un acte de sabotage au processus de paix, de sécurité et de la cohésion sociale voulue par le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, incarné et matérialisé en province par le lieutenant-Général Luboya N’kashama Johnny ”, a-t-il indiqué.
Tout en rassurant la population de cette partie de l’Ituri sur leur sécurité, ce conseiller en communication du gouverneur Luboya annonce déjà l’ouverture des enquêtes en vue de déterminer les auteurs de ce carnage. Il a également fait mention de l’œil regardant du secteur judiciaire.
Les sites de déplacés sont de plus en plus visés par les groupes armés en territoire de Djugu. L’on se souviendra de celui de Plaine Savo à Bule où plus de 60 déplacés ont été sauvagement massacrés.
Njila Mule/CONGOPROFOND.NET
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A Kampala, des experts plaident pour une paix “ancrée localement” en RDC face aux limites des accords internationaux
La 9ème édition de la Conférence de géopolitique de Kampala (KGC2026), tenue les 15 et 16 avril 2026 à l’Université Makerere en Ouganda, a pris fin ce jeudi sur un panel consacré à la situation en République démocratique du Congo.
Intitulé « Paix empruntée, ressources hypothéquées : le dilemme de souveraineté de la RDC et les perspectives de paix durable entre le cadre de Doha et l’accord de Washington », le panel 4 a réuni plusieurs spécialistes autour des défis que représentent les actuels processus de négociation pour la stabilisation du pays.
Le professeur Kasaijja Phillip Apuuli a souligné les limites des modèles standardisés d’accords de paix, rappelant que des solutions durables nécessitent une appropriation locale plus forte. « Les accords dont le processus n’est pas possédé nativement ne suscitent pas d’engagement », a-t-il observé, plaidant pour une implication directe des populations congolaises dans la conception des mécanismes de sortie de crise.
Asuman Bisika a pour sa part abordé la question de la souveraineté comme un espace en constante négociation, notamment face aux enjeux liés à la gestion des ressources naturelles. La professeure Zahara Nampewo a quant à elle interrogé la capacité de la RDC à mettre en œuvre des accords dans des cadres aussi complexes que Doha et Washington, au regard des contraintes politiques, économiques et géographiques propres au pays.
Les intervenants ont également replacé la crise congolaise dans son contexte historique long, depuis les années 1960 jusqu’aux tensions actuelles dans l’est du pays.
Au terme des échanges, les panélistes ont convergé vers la nécessité d’un ancrage africain plus affirmé dans les processus de paix, afin d’en garantir la durabilité et l’appropriation par les parties prenantes locales.
