Politique
Ituri : des camions bloqués entre le Kenya et Ouganda, les pétroliers lancent un ultimatum de 3 jours à l’OGEFREM
Les opérateurs économiques du secteur des produits pétroliers, en province de l’Ituri, menacent de suspendre leurs activités endeans 3 jours.
Ces pétroliers accusent l’Office des gestion multimodal OGEFREM d’avoir instauré une taxe de 900 dollars par camion, conduisant au blocage de plus de 100 camions citernes à Malaba entre le Kenya et l’Ouganda.
Qualifiant de » vol pur et simple » cette taxe, le président des pétroliers sollicite l’implication des autorités pour annuler celle-ci.
En attendant, Daniel Mugisa sensibilise les pétroliers au non payement de cette taxe.

« Pour le moment nous avons plus de 100 camions, c’est du vol pur et simple et nous demandons à l’autorité d’interpeller le directeur de l’OGEFREM avant le plan B. C’est impossible d’aller implanter une caisse à l’Ouganda pour une collecte de 900 dollars par camion citernes connaissant que les produits pétroliers sont des produits stratégiques », regrette Daniel Mugisa au micro de congoprofond.net
Une fois l’ultimatum expiré, il annonce, non seulement, suspendre les activités mais aussi déposer une plainte pour obtenir de l’OGEFREM le dédommagement des camions stationnés à Malaba.
« Je vais abattre le dossier jusqu’au bout, je suis déterminé », poursuit-il.
Nos efforts pour recueillir la version de l’OGEFREM n’ont pas payé. Néanmoins, des sources proches indiquent que le dossier est en cours de traitement à la hiérarchie pour trouver un terrain d’attente.
Verite Johnson/CONGOPROFOND/NET
À la Une
Sous pression américaine, l’AFC/M23 annonce un retrait conditionnel d’Uvira
Alors que Washington intensifie, depuis le vendredi 12 décembre, sa pression diplomatique sur le Rwanda accusé de soutenir la rébellion de l’AFC/M23, le mouvement armé a publié un communiqué dans la nuit du lundi 15 au mardi 16 décembre annonçant son retrait unilatéral de la ville d’Uvira, deuxième agglomération de la province du Sud-Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo.
Moins d’une semaine après la prise de cette ville stratégique, l’AFC/M23 affirme répondre à une « demande des États-Unis » en décidant de retirer ses forces. Dans son communiqué, le mouvement présente cette décision comme un « geste de confiance » destiné à soutenir le processus de paix en cours, notamment les discussions de Doha, alors que les combats se sont intensifiés ces dernières semaines dans la région.
Cependant, ce retrait est assorti de plusieurs conditions. Le groupe rebelle exige la « démilitarisation de la ville d’Uvira », la « protection de la population civile » ainsi que le « contrôle effectif du cessez-le-feu à travers le déploiement d’une force neutre ». Autant de préalables que l’AFC/M23 juge indispensables pour éviter une reprise des hostilités et garantir la sécurité sur le terrain.
Cette annonce intervient dans un contexte de pression internationale accrue sur Kigali. Devant le Conseil de sécurité des Nations unies, l’ambassadeur des États-Unis, Mike Waltz, avait déclaré le vendredi 12 décembre que le Rwanda contribuait à entraîner la région « vers davantage d’instabilité et vers la guerre ». Le week-end suivant, le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, a renforcé ce ton en accusant Kigali de violer l’accord de paix signé récemment à Washington.
Lundi 15 décembre, quelques heures avant la publication du communiqué de l’AFC/M23, l’ambassadrice des États-Unis en RDC, Lucy Tamlyn, a également averti que son pays examinait « tous les outils à sa disposition », y compris des sanctions, afin de s’assurer que les engagements pris par les différentes parties soient respectés.
Dans l’attente de réactions officielles de Kinshasa et des partenaires régionaux, l’annonce de ce retrait conditionnel suscite autant d’espoirs prudents que d’interrogations sur sa mise en œuvre effective et sur l’évolution de la situation sécuritaire au Sud-Kivu.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
