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ISC/Tshikapa : Tensions, accusations et zones d’ombre autour du directeur général François Kabula
L’atmosphère est électrique à l’Institut supérieur de commerce de Tshikapa. En toile de fond, un affrontement feutré entre une frange d’enseignants et le directeur général, François Kabula Kasongo, accusé de mauvaise gestion et de népotisme. Mais l’intéressé, loin de plier, contre-attaque : il parle de cabale montée de toutes pièces et réclame une commission d’enquête indépendante pour, dit-il, « laver son honneur ».
« J’ai lu sur les réseaux sociaux le document rédigé par certains enseignants de l’ISC/Tshikapa. J’ai toujours dénoncé le fait que le mouvement de soulèvement des étudiants est commandité par certains enseignants, voilà la preuve », déclare-t-il d’un ton ferme, dans une interview exclusive accordée à CONGOPROFOND.NET ce vendredi 3 octobre 2025.
Selon Kabula Kasongo, la manœuvre serait claire : le déstabiliser à travers des documents internes manipulés.
« Ces enseignants ont masqué leurs signatures sur la version diffusée en ligne, et adressé à la hiérarchie un autre document. Je n’ai jamais reçu de copie officielle. C’est une attaque organisée », accuse-t-il.
Les matricules au cœur du scandale
L’un des points de discorde les plus explosifs concerne la liste des numéros matricules récemment attribués à l’institution. Des enseignants reprochent au DG d’avoir favorisé ses proches.
Mais Kabula renverse l’argument : selon lui, ces engagements datent d’avant sa nomination, en 2016 et 2019, bien avant qu’il ne dirige l’établissement.
« Mes enfants ont étudié à l’ISC, obtenu leur licence, et sont compétents. Les engager, est-ce un péché ? », réplique-t-il.
« J’ai simplement rappelé à la hiérarchie des décisions antérieures. Ceux qui m’accusent ont sorti une seule page du document pour me nuire. »
Des propos qui soulèvent néanmoins des interrogations : pourquoi ces documents dormants refont-ils surface aujourd’hui ? Et surtout, qui orchestre cette guerre de tranchées interne dans une institution déjà fragilisée par des grèves et des tensions sociales ?
Une lettre à Kinshasa qui fait des vagues
Au cœur du brasier, une correspondance adressée à la ministre nationale de l’Enseignement supérieur et universitaire, dans laquelle un groupe d’enseignants réclame purement et simplement le remplacement du DG Kabula.
Le courrier, non rendu public dans son intégralité, évoque une « gestion opaque » et un « favoritisme familial ». Des accusations lourdes, mais dont les auteurs semblent divisés sur la forme : plusieurs sources internes affirment que tous les signataires ne sont pas assumés, et que des noms auraient été ajoutés sans consentement.
Entre règlement de comptes et lutte d’influence
Derrière ce conflit administratif se dessine une bataille plus profonde : celle du contrôle d’une institution stratégique dans le paysage académique du Kasaï.
Certains observateurs y voient un affrontement entre anciens et nouveaux clans au sein de l’ISC/Tshikapa, tandis que d’autres y décèlent une manœuvre politique, visant à écarter un directeur jugé trop indépendant.
« Je demande simplement un contrôle loyal et une confrontation directe. Je suis prêt à répondre à tout », insiste Kabula.
Pour l’heure, la ministre de l’ESU n’a pas encore réagi officiellement. Mais le dossier, désormais très médiatisé, promet de faire du bruit à Kinshasa.
Entre accusations croisées, documents contradictoires et règlements de comptes internes, l’affaire ISC/Tshikapa s’annonce comme un nouveau test de transparence pour l’enseignement supérieur congolais.
Faustin Nkumbi/CONGOPROFOND.NET
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Ebola en RDC : Félix Tshisekedi convoque une réunion de crise face à une nouvelle souche inquiétante
Face à la résurgence de la maladie à virus Ebola dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri, le Président de la République, Félix Tshisekedi, a présidé dans la nuit du lundi 18 mai une réunion de crise à sa résidence du Mont Ngaliema. Autour du Chef de l’État étaient réunis la Première ministre Judith Suminwa, plusieurs ministres sectoriels ainsi que le directeur général de l’INRB, le Dr Jean-Jacques Muyembe.
Au cours de cette rencontre d’urgence, le Président de la République a reçu le rapport préliminaire du ministre de la Santé publique, le Dr Roger Kamba, fraîchement revenu de la province de l’Ituri, considérée comme l’épicentre de cette nouvelle flambée épidémique. Selon les autorités sanitaires, six zones de santé sont actuellement touchées : Mongbwalu et Rwampara, principaux foyers de l’épidémie en Ituri, ainsi que Bunia et Nyankunde dans la même province. Au Nord-Kivu, les zones de Butembo-Katwa et de Goma sont également concernées.
Le rapport présenté au Chef de l’État fait état de 513 cas suspects et de 131 décès enregistrés dans les différentes zones affectées. Toutefois, le ministre de la Santé a tenu à préciser que ces décès restent pour l’instant “suspects”, des investigations étant toujours en cours afin de déterminer lesquels sont effectivement liés au virus Ebola. Cette situation suscite une vive inquiétude au sein des autorités sanitaires congolaises, alors que les populations locales redoutent une propagation rapide de la maladie.
Face à l’urgence, le Président Félix Tshisekedi a instruit le gouvernement de prendre immédiatement toutes les mesures nécessaires pour contenir la pandémie et interrompre la chaîne de transmission. Le Chef de l’État a notamment insisté sur le renforcement des dispositifs sanitaires dans les zones touchées, tout en appelant la population au calme et au strict respect des mesures barrières afin d’éviter une aggravation de la situation.
De son côté, le directeur général de l’INRB, le Dr Jean-Jacques Muyembe, a révélé que le séquençage complet du génome viral confirme la présence d’une variante Bundibugyo, génétiquement distincte des précédentes épidémies de 2007 et 2012. Selon l’épidémiologiste, cette souche proviendrait directement d’un réservoir animal et ne dispose actuellement d’aucun vaccin ni traitement spécifique approuvé. Le célèbre virologue congolais a été chargé d’activer sans délai le protocole médical qui avait permis à la RDC de juguler les précédentes flambées d’Ebola.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
