Justice
Incidents à la résidence de Joseph Kabila à Gombe : 65 prévenus mis en détention préventive, l’audience publique se poursuit le lundi prochain à la Place des Évolués
Le tribunal de grande instance de Kinshasa/Gombe a ordonné la mise en détention préventive des 65 prévenus, soupçonnés d’avoir commis des actes de violence, de pillage, une tentative de déguerpissement forcé et attaqué la résidence de l’ancien Président Joseph Kabila.
Parmi les raisons avancées par la juridiction, il y a l’incertitude des adresses des prévenus. La plupart, déclinant leurs adresses, ont référé le tribunal, en renvoyant à l’adresse de leur siège. Ceci laisse entrevoir que ceux-ci n’ont pas une adresse fixe pour la quasi-totalité d’entre eux. Qu’en outre, nous sommes en matière de flagrance. Le législateur Congolais, ayant donné à la matière de flagrance un caractère particulier, donc la célérité est démise. Et pour une bonne administration de la justice comme nous l’avons dit, le tribunal ordonne la mise en détention préventive des prévenus prequalifiés », a motivé le tribunal lors de sa décision.
Bien avant de siéger en chambre du conseil, le procès s’est ouvert et le tribunal a procédé à l’identification des prévenus. Seuls 22 des 65 personnes ont été identifiées et la juridiction a décidé de renvoyer l’affaire à lundi, en raison de la nuit qui tombait et de l’obscurité qui gagnait de plus en plus les lieux.
Les accusés, parmi lesquels figure Ngandu Wa Ngandu Kennedy alias Anti-balle, sont soupçonnés d’avoir participé à des actes de violence, incluant le pillage et la tentative de déguerpissement forcé de l’immeuble Kamul Inter, ainsi que l’attaque de la résidence de l’ancien président Joseph Kabila de la commune de la Gombe.
Ngandu Wa Ngandu Kennedy, identifié comme l’un des chefs de file de l’association « Force du Progrès », affiliée au parti politique UDPS, est considéré comme le meneur de ces actions. L’audience publique, qui se tient sur la « place des évolués », seulement deux jours après les événements reprochés aux prévenus.
Jeudi, la Police Nationale Congolaise (PNC) avait démantelé une base de l’organisation « Force du Progrès » dans le quartier Manenga, commune de Ngaliema. Au cours de l’opération, 137 personnes ont été arrêtées, y compris Ngandu Wa Ngandu Kennedy. Les forces de l’ordre ont saisi une centaine de machettes et un drone en mauvais état, et ont également fermé un cachot clandestin utilisé par les membres de cette structure.
ACTUALITE.CD
Justice
Butembo : le COVISMAKI exige justice pour les victimes des massacres de Kikyo, 28 ans après
« Nous demandons que justice soit faite pour les victimes de Kikyo », a déclaré Junior Mastaki Milton, ce mardi 14 avril 2026 à Butembo, lors de la commémoration des massacres du 14 avril 1998. À travers cette prise de parole, le coordonnateur du COVISMAKI a réaffirmé l’engagement des victimes et de leurs familles à obtenir réparation pour ce drame longtemps resté impuni.
Organisée à la paroisse Saint Sacrément de Lyambo, dans la commune de Kalemire, cette journée de mémoire a rassemblé plusieurs fidèles, autorités locales et acteurs communautaires. Le COVISMAKI a profité de cette célébration eucharistique pour rappeler l’importance de préserver les lieux d’inhumation et de transmettre la mémoire des victimes aux générations futures.

Dans son intervention, Junior Mastaki Milton a insisté sur la responsabilité collective face à ce passé douloureux : « Chaque 14 avril, nous entretenons les tombes pour que les traces ne disparaissent pas », avant d’ajouter que « si ces massacres ont été reconnus, il est incompréhensible que la justice tarde encore à être rendue ».
La commémoration a également connu la participation de plusieurs députés provinciaux, dont Chafi Musitu, Kambale Kibakose Moïse et Christian Mafungula, venus témoigner leur solidarité. Tous ont relayé le message de justice et de reconnaissance en faveur des victimes et de leurs familles.

Des survivantes ont livré des récits poignants, à l’image de Cécile Kavira, qui a perdu son mari enseignant lors des violences. « Il a été tué par balle en tentant de fuir et enterré près du lieu du crime », a-t-elle confié, évoquant aussi les difficultés persistantes auxquelles font face les veuves et les orphelins depuis ce drame.
La journée s’est clôturée par une procession à travers les principales artères de la ville jusqu’au cimetière de Kitatumba, où des gerbes de fleurs ont été déposées au mémorial de Kikyo. Près de trois décennies après les faits, les familles continuent de dénoncer l’absence de justice pour ces centaines de civils tués ou enterrés dans des fosses communes en 1998.
Dalmond Ndungo
