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Hostilités entre gouverneurs et assemblées provinciales : où allons-nous ? (Interview avec Me Elvis Mayo Bieme Ngalisame)

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La destitution de Zoé Kabila, gouverneur de la province de Tanganyika par les députés provinciaux est la suite d’une série noire qui hante les gouverneurs de provinces. Des motions de censure en cascade contre les gouverneurs du Kasaï, Kasaï central, Kasaï oriental et Ituri notamment, des voix s’élèvent. D’un côté, ceux qui applaudissent et de l’autre ceux qui voient la violation de droit de la défense ou l’ingérence manifeste de pouvoir central. Face à cette confusion, Me Elvis Mayo Bieme Ngalisame, Cadre de l’Udps et Conseiller du Président a.i. Jean-Marc Kabund, explique la problématique.

Congoprofond.net: Comment expliquez-vous ce chapelet de destitutions des gouverneurs en cette période cruciale du mandat de Félix-Antoine Tshisekedi?

Me Elvis Mayo Bieme : L’échelon provincial est devenu très sensible parce que, visiblement, pour quelques gouverneurs, l’intérêt provincial est subsidiaire. Il n’existe pas de ligne claire entre des intérêts personnels, partisans et provinciaux. Cet état d’esprit repose sans doute sur la façon dont ils s’imprègnent de la fonction en référence au régime passé. Voilà pourquoi les députés provinciaux font tomber les organes exécutifs des provinces comme ils en ont fait preuve le 21 avril 2021 au Kasaï en destituant Dieudonné Pieme pour megestion et détournement des deniers publics. J’ai toujours en mémoire lors de l’accueil du Président Kabund que j’accompagnais à Tshikapa en décembre 2019, la population scandait « toboyi Pieme , toboyi Pieme» de l’aéroport au lieu du meeting.

Congoprofond.net: Ces assemblées provinciales agissent -elles réellement suivant leurs compétences ou n’y a t il pas main-basse des autorités de Kinshasa, mieux de l’Union Sacrée ?

Me Elvis Mayo Bieme : Ces assemblées provinciales agissent dans leurs compétences respectives. Suivant la loi portant principes fondamentaux relatifs à la libre administration des provinces, il est connu que les membres du gouvernement provincial peuvent être collectivement ou individuellement relevés de leurs fonctions par la voie d’une motion de censure ou de défiance par l’organe délibérant. Les provinces jouissent de la libre administration et de l’autonomie de gestion de leurs ressources. J’ose croire que les 33 députés qui ont destitué le gouverneur de l’Ituri Jean Bamanisa, le 13 avril 2021, et qui se sont fondé sur notamment l’incapacité du gouverneur à restaurer l’autorité de l’État et son inefficacité à la recherche de la paix, ont tenu compte amplement de leur réalité locale.

Congoprofond : Êtes vous sûre que ces destitutions sont fondamentalement et juridiquement bien assises ?

Maître Elvis Mayo Bieme : Pour Zoé Kabila par exemple, qui ne s’est pas présenté devant les élus dont 13 sur 25 ont votés pour sa destitution, il lui est loisible de saisir les instances judiciaires compétentes s’il estime la procédure biaisée et préjudiciable à ses intérêts. En effet, il est de jurisprudence constante qu’est fondé le moyen d’inconstitutionnalité de la motion de censure du gouvernement provincial tiré de la violation du droit de la défense ; le gouverneur accusé doit présenter ses moyens de défense, il doit être à même de discuter les griefs formulés contre lui. Les juristes savent que le respect du droit de la défense a comme corollaire le principe du contradictoire.

Congoprofond : A cette allure, cher Maître, comment envisagez-vous la fonction « gouverneur » dans le futur de ce pays ?

Maître Elvis Mayo Bieme : Le rayonnement d’un gouverneur, ses œuvres, son empreinte tiennent à la richesse de sa personnalité, aux circonstances de son action, mais aussi aux attributions que lui donne le droit en vigueur. Aujourd’hui, il est légitime de se demander pourquoi beaucoup perdent ils l’administration de la direction provinciale, entité dans laquelle ils sont tenus de se mouvoir en ayant naturellement une conduite irréprochable. Il existe quelques tergiversations et polémiques quant à l’avenir de l’institution provinciale ; en dehors de cas finement réglés, j’espère que la fonction de gouverneur reprendra son éclat. Il ne faudrait pas qu’on parle de leadership douteux et d’incompétence de gestion comme soulevés par les députés dans le cas de Jean Maweja au Kasaï Oriental par exemple.

Propos recueillis par Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET


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Insalubrité : Kinshasa, une capitale crasseuse…

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Kinshasa. C’était la réponse il y a quelques années à une question posée aux participants du magazine « Question pour un champion » sur la chaine de télévision francophone TV5 au sujet de la capitale la plus crasseuse de la planète. Il y avait certes eu de l’indignation à travers la ville. Mais dans la conscience collective, il s’avérait que cette réponse pouvait tout autant être correcte.

La saleté, c’est l’une de caractéristiques de Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo. Le chanteur JB Mpiana l’a dit dans une des ses chansons, soulignant que « Poto Moindo » (belle ville subsaharienne) de jadis est devenue une ville folle, sale, avec des mœurs détruites, une grosse poubelle. Ancien gouverneur de la ville province de Kinshasa, André Kimbuta avait bizarrement pris la décision de placer des poubelles publiques sur les grandes avenues, rendant la mégapole malodorante, des ordures ainsi exposées dégageaient une puanteur insupportable dans la ville. « J’ai demandé aux autorités un financement conséquent pour évacuer les immondices et rendre la ville propre, mais en vain », avait-il lâché une fois. L’on se souvient encore d’une autre phrase qui s’était échappée de lui face à une détérioration indescriptible sur une centaine de mètres de la chaussée de l’avenue de l’Université dans la commune de Ngaba, que la population avait nommé « Libulu Manzengele ». Celui qu’on appelle Haut Sommé ou encore Ya André s’était écrié sur un ton un peu humoristique mais sincère et hors caméra : « Mboka oyo ekobonga lisusu te » (cette ville ne s’affranchira pas de son marasme). C’est la représentation de l’Union européenne à Kinshasa qui s’est investi dans l’évacuation des immondices entassés sur les décharges publiques placées au bods de grandes artères de la ville.

Écarté des affaires, André Kimbuta a laissé la place à Gentiny Ngobila Mbaka. Et ce dernier a de go centré son action sur la propreté de la capitale, avec le programme « Kin Bopeto ». Quelques artères principales dans la ville sont réhabilitées ou même reconstruites après des décennies, mais la saleté a tellement la peau dure à Kinshasa, presqu’au grand désespoir des autorités du pays.

Lorsqu’il y a averses sur Kinshasa, après la pluie, ce n’est nullement le beau temps ! La ville est quasi inondée, l’eau des pluies s’évacuent à peine dans des tranchées et caniveaux non curées, des mares d’eau par-ci par-là ; une configuration de chaos général s’observe à Kinshasa après la pluie, sans mentionner des dégâts importants, et même de pertes en vue humaines occasionnées par le mariage entre le courant électrique dont les fils sont mal installés et les eaux de pluie qui trainent. L’on a encore frais en mémoire le drame de Matadi-Kibala dans la partie ouest de la ville où une trentaine des femmes vendant dans le petit marché à la suite du détachement d’un câble électrique de moyenne tension. C’est à croire que l’autorité n’existe pas, la ville semble ne pas être gérée.

Les communes de Lingwala et Kinshasa…

Certaines communes de Kinshasa pourraient même prétendre au meilleur prix de mauvaise gouvernance. Tenez, les communes de Lingwala et Kinshasa sont presque inaccessibles après même une petite pluie d’une trentaine de minutes. Les conduits d’eau construits depuis la colonisation belge et bourrés d’ordures y jetés par la population en déficit de conscientisation sur la gestion des ordures sont littéralement obstrués. C’est le typique cas du ruisseau de la commune de Lingwala, traversant le camp policier Lufungula, bordant les rues Kato et Entente, ainsi que Kato Nord, avant de franchir l’avenue de Libération (ancienne avenue du 24 novembre) et se muer en rivière Gombe. Ce petit cours d’eau est une parfaite illustration de l’inattention des autorités concernées sur le sujet. Ce ruisseau n’a plus été curé depuis deux ou trois ans, étant devenu un dépotoir d’ordures et un canal de vidange de fosses sceptiques des habitations environnantes. L’eau y coule péniblement, une forte végétation a poussé sur la lie du ruisseau déjà rempli de déchets en plastiques. Le bureau communal de Lingwala ne semble pas du tout s’en émouvoir.

Après la pluie dans la commune de Kinshasa, tout est boue ! La saleté est à son comble, il n’est pas surprenant de retrouver la merde -provenant des fosses sceptiques dans des caniveaux du reste pleins d’eaux qui ne coulent pas ! Les autorités urbaines (les bourgmestres), ainsi leur hiérarchie (le gouverneur), devraient être interpellées au siège de la question de l’hygiène dans la capitale de la République démocratique du Congo, plaide un natif de Lingwala ayant requis l’anonymat.

Martin Enyimo/CONGOPROFOND.NET


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