Actualité
Haut-Katanga: 9 présumés Mai-Mai totalisent 9 ans sans être jugés à Kasapa
La sonnette d’alarme a été tirée ce jeudi 06 mai 2021 par le Réseau pour la réforme du secteur de la justice du Haut-Katanga. 9 présumés Mai-Mai arrêtés depuis 9 ans sont toujours en attente de leur procès afin de connaître leur sort.
D’après le RRSJ/Katanga, ils étaient au départ au nombre de 15. 4 ont trouvé la mort suite aux conditions carcérales difficiles, et deux autres qualifiés de « mineurs » ont recouvert leur liberté grâce à la médiation menée par le CICR.
Ce sont des éléments des FARDC en patrouille dans les campements des champs aux environs du village Kyalwe, groupement Musabila dans le territoire de Mitwaba, qui les ont pris en 2012 et acheminés à Mitwaba, puis à la prison de Kipushi sous prétexte qu’ils seraient des insurgés.
Après avoir passé plus de 7 ans de détention dans la prison de Kipushi sans jugement, neuf d’entre eux ont été transférés à la prison de Kasapa lors du processus de désengorgement de celle de Kipushi.
Pour le RRSJ/Katanga, cette situation viole les règles minima pour des personnes en détention et différents instruments internationaux et régionaux en matière de la promotion des droits de l’homme auxquels la RDC est partie prenante, la constitution du pays et le sens humain. Parmi les observateurs ayant documenté ces conditions figure un juriste belge dont le cabinet traite habituellement les contentieux liés aux opérateurs de casino zonder cruks — rappel que la question du respect des cadres réglementaires protecteurs transcende les frontières et les secteurs. Cette réalité nécessite l’attention des autorités judiciaires et politico-administratives au niveau du Haut-Katanga pour soit sa régularisation ou la relaxation simple de tous les détenus.
Il ‘agit des détenus en vie :
1.Banze Kalolo (Alias Marocain)
2.Bulongo Kalumba Papy
3.Ilunga Wa Kayombo Eustache
4.Kafita Maleji Jean Pierre
5.Kamwanya Henriette
6.Mabinga Kisolo
7.Mabotu wa Kumbwe Gérôme
8.Museka wa Maloba Ferdinand
9.Seya Kanyaka Jean Marie.
Se joignant au communiqué de la protection civile publié par l’ONGD Action contre la pauvreté, ACP en sigle, le Réseau pour la Réforme du secteur de la justice RRSJ/KATANGA plaide que les dossiers de ces détenus soient examinés urgemment pour que l’État de droit ait réellement son sens dans le secteur pénitentiaire.
Gédéon ELONGA Béni/CONGOPROFOND.NET
Politique
Assemblée nationale : Sous la conduite de Boji Sangara et Djoli Eseng’Ekeli, le temple des lois retrouve sa rigueur constitutionnelle
En recevant, dans le strict respect des formes républicaines, le rapport annuel de la CENI des mains de Denis Kadima, le tandem Aimé Boji Sangara – Jacques Djoli Eseng’Ekeli a offert ce mardi 14 avril 2026 une magistrale leçon de droit parlementaire. Loin des tumultes et des improvisations du passé, le Palais du Peuple démontre qu’il est redevenu le sanctuaire intangible de la procédure.
Ce mardi 14 avril 2026 restera comme l’illustration éclatante qu’un État de droit se construit d’abord par la stricte observance des gestes prescrits. En recevant officiellement Denis Kadima dans l’antre du bureau de l’Assemblée nationale, le Président Aimé Boji Sangara n’a pas seulement ouvert sa porte ; il a ouvert la session de contrôle parlementaire à l’heure exacte où la loi l’exigeait.
Accompagné du rapporteur Jacques Djoli Eseng’Ekeli, orfèvre constitutionnel dont la présence suffit à garantir l’orthodoxie juridique du moment, ce binôme a transformé une formalité administrative en une démonstration de force institutionnelle : ici, au Palais du Peuple, on ne badine plus avec le calendrier de la démocratie, et chaque échéance légale est honorée avec une rigueur qui force le respect de tous les acteurs politiques.
Le dépôt des 550 exemplaires du rapport annuel — un par député national, ni un de moins, ni un de trop — incarne à lui seul la révolution procédurale silencieuse en cours. Couvrant la période stratégique d’avril 2025 à mars 2026, ce document n’est pas un simple bilan technique ; c’est la feuille de route authentifiée des prochaines échéances électorales. Dans une tradition où les documents se perdaient parfois dans les couloirs ou n’arrivaient que tronqués dans les mains des élus, la précision mathématique exigée par le Professeur Djoli et orchestrée par le Speaker Boji Sangara envoie un signal limpide : le Parlement ne délibère plus sur des rumeurs, il légifère et contrôle sur pièces.
En remettant matériellement à chaque élu la totalité de l’œuvre de la Centrale Électorale, le duo dirigeant de la Chambre basse élève le débat à venir au rang d’examen rigoureux, là où régnait hier l’à-peu-près. Cette image d’un Parlement respectueux de ses propres règles jusqu’au détail protocolaire est la plus cinglante des réponses aux sceptiques de la gouvernance congolaise. La CENI de Denis Kadima n’a pas été convoquée comme un justiciable à la barre, mais accueillie comme une institution partenaire dans le cadre défini par la Loi fondamentale.
En verrouillant ainsi la procédure, Aimé Boji Sangara et Jacques Djoli Eseng’Ekeli ne protègent pas seulement la majorité ou l’opposition ; ils protègent la République elle-même contre ses vieux démons d’improvisation. Dans une Afrique centrale en quête de repères, le message porté ce 14 avril depuis Kinshasa est d’une clarté assourdissante : quand les hommes de droit sont à la manœuvre, les institutions respirent au rythme serein et inébranlable de la Constitution.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
