Politique
Guerre en RDC, dialogue « CENCO-ECC », Kabila, milice « Mobondo », etc. : A peine sortie de la prison, Mike Mukebayi propose ses pistes de solution
Libéré après 22 mois d’incarcération au centre pénitentiaire de Kinshasa (prison de Makala), Mike Mukebayi, cadre de « Ensemble pour la République », n’a pas traîné pour donner son avis sur la situation sécuritaire et humanitaire qui prévaut dans l’Est de la RDC.
Lors de son passage, ce mardi 5 mars 2025, à la chaîne CML13, il a confié que la solution à cette crise ne serait pas militaire mais de suivre le chemin du dialogue, tel qu’exigé par plusieurs leaders politiques.
À l’en croire, la main tendue du président Tshisekedi à l’opposition pour la formation d’une gouvernement d’union nationale n’est que «l’élargissement de l’Union Sacrée de la Nation, un prolongement de la Majorité. C’est un bis de ce qu’on a déjà vecu. Et ça ne sera que pour 3 mois !», a-t-il asséné, declarant de vive voix que «nous devons partir en dialogue. Tous ceux qui refusent ce dialogue, n’ont pas une contre-proposition, il y aura dialogue.», a-t-il insisté, confiant que ce gouvernement ne tiendra pas d’autant plus qu’il y aurait diverses tendances politiques.
La nécessité pour la classe politique de dialoguer
Il a expliqué l’importance pour le président Tshisekedi et différentes tendances politiques à s’assoir au tour d’une table est «de garantir et de s’assurer des élections transparentes en 2028. C’est celà le maître-mot du dialogue.», a-t-il déclaré, précisant que ce dialogue est utile non seulement pour le régime actuel mais également pour les futurs gouvernants du pays.
Cette analyse de Mukebayi rejoint celle du tandem CENCO-ECC, qui par l’entremise de Mgr Donatien Nshole avait annoncé que les résultats attendus au terme de leur initiative servira d’un guide de gouvernance pour le régime de Tshisekedi et ceux de l’avenir.
Accusations contre Kabila et confusion autour de sa sortie médiatique
Revenant sur les propos du Chef de l’État et du ministre des Transports Jean-Pierre Bemba, accusant respectivement Kabila de commanditer, d’un côté, les groupes rebelles du M23-AFC et, de l’autre la milice Mobondo dans le but de discréditer le régime de Kinshasa, Mike Mukebayia a plutôt fait endosser la responsabilité de cette crise en RDC sur Tshisekedi et son gouvernement.
«Le problème du régime actuel c’est de toujours trouver des boucs émissaires pour justifier ses échecs. Tout ce qui arrive au Congo aujourd’hui découle de la faillite de l’État !», a-t-il déploré, poursuivant que «l’activisme de la milice Mobondo qui n’a même pas des munitions, prouve que l’État n’existe pas dans notre pays…qu’est-ce Kabila gagnerait en parrainant le Mobondo ?», s’est-il interrogé.
Il a fustigé les arrestations «arbitraires» et les «mauvais traitements» de la justice congolaise à l’égard des acteurs politiques. «Évitons de pousser les gens à recourir aux solutions limites, qui font que certains prennent de mauvaises décisions, comme celles de rejoindre la rébellion, bien que ce soit pas à encourager.», a-t-il déclaré.
Et de proposer : « Ouvrons l’espace démocratique. Si quelqu’un s’exprime mal, arrêtez le dans les normes, et non de façon à l’humilier.»
Conditions d’incarcération à Makala
«Je ne suis pas bénéficiaire de la grâce présidentielle plutôt d’une liberté conditionnelle.», a-t-il fait savoir.
Il a reconnu et loué les efforts du ministre de la Justice, Constant Mutamba, sur certaines reformes dans la prison de Makala. «Il y a bien des choses qui ont changé à Makala, les conditions d’incarcération à Makala, c’est respirable aujourd’hui. Il y a moins de 9.000 détenus à Makala, il y en avait au moins 15.000. Coup de chapeau au ministre Mutamba.», a-t-il salué.
Il a, par ailleurs, invinté Constant Mutamba à poursuivre son travail sur certains cas déplorables. «Justin Ngole, un capitaine de l’armée détenu à Makala depuis 20 ans, toujours prévenu. Des centaine des prisonniers condamnés mais jamais mis au parfum de la cause de leur condamnation. Les juges condamnent mais ne se préoccupent pas de signifier les jugements.», a-t-il fait connaître.
Pour rappel, l’opposant Mike Mukebayi venait d’être condamné, le vendredi 22 février, à 30 mois de servitude pénale, par la cour d’appel de Kinshasa/Gombe. Pour ce cadre d’Ensemble pour la République de Moïse Katumbi Chapwe, la Cour avait retenu comme infraction «faux bruits» à la suite de son passage dans une émission dans une télévision de la place. Une liberté conditionnelle lui a été accordée ce samedi 1er mars dernier.
Exaucé Kaya/CONGOPROFOND.NET
Actualité
Isolé politiquement, Laddy Yangotikala maintient la pression : « Le VPM Jacquemin Shabani doit s’expliquer devant le Parlement ! »
Exclu de son regroupement politique et abandonné par plusieurs de ses soutiens, le député national Laddy Yangotikala refuse de retirer sa motion de défiance visant le Vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur et de la Sécurité. Dans une déclaration publiée ce vendredi 17 avril sur ses plateformes numériques, il a réaffirmé sa détermination à aller jusqu’au bout de sa démarche parlementaire.
À l’origine de cette initiative, déposée le 13 avril à l’Assemblée nationale, l’élu accuse le VPM d’inefficacité face à l’insécurité grandissante à Kinshasa et dans plusieurs autres villes du pays. Malgré les pressions politiques et les désistements enregistrés parmi les signataires, il campe sur sa position.
« Je prends acte de mon exclusion du regroupement. Je remercie le président Jean-Michel Sama Lukonde pour m’avoir permis d’être libre d’exercer le pouvoir de contrôle sur un membre du gouvernement. Je n’ai pas violé la Constitution ni le règlement intérieur. Je n’ai fait que demander au VPM de protéger les électeurs du président Félix Tshisekedi », a-t-il déclaré.
Dans la même veine, Laddy Yangotikala insiste : « Qu’on ne vous trompe pas. Ma motion de défiance n’a pas été retirée. Nous irons jusqu’au bout ». Il dénonce également des tentatives d’entrave à la procédure parlementaire : « Toutes les manœuvres dilatoires qu’ils ont lancées pour protéger le VPM de l’Intérieur et Sécurité, comme le report de la plénière, n’aboutiront pas car le règlement intérieur est clair ».
Cette posture de fermeté intervient dans un contexte politique tendu. L’Union sacrée de la Nation, par la voix de son secrétaire permanent André Mbata, avait désavoué cette motion, évoquant l’absence de quitus préalable. De son côté, l’AFDC-A a exigé de ses deux députés signataires de retirer leurs signatures, tandis que plusieurs parmi les 56 signataires initiaux se sont désistés.
Malgré cet isolement progressif, Laddy Yangotikala se présente comme un élu déterminé à exercer pleinement son rôle de contrôle parlementaire. En résistant aux pressions politiques et aux désaveux, il affirme son refus de céder, martelant un message clair : pour lui, la question sécuritaire mérite un débat public au Parlement, sans compromis ni abandon de sa motion.
Njila Mule/CONGOPROFOND.NET
