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Guerre des terroristes M23 : Le mémo des chefs coutumiers en colère déposé à la Monusco, aux ambassades du Rwanda, de la Belgique, etc.
Exprimant leur ras-le-bol face aux massacres effectués à l’est de la RDC, les autorités coutumières et traditionnelles ont organisé, ce vendredi 24 juin, une marche d’indignation. Au finish, ces chefs coutumiers ont déposé un mémorandum au quartier général de la Monusco, à l’ambassade du Rwanda, celle de la Belgique ainsi qu’à la présidence de la République de la RDC.
Un périple qui a débuté la matinée depuis la Gare centrale de la Gombe jusqu’à la Mission de l’ONU pour la stabilisation de la RDC ( Monusco) où un mémorandum a été déposé l’attention du secrétaire général de l’ONU, via sa représentante spéciale en RDC, concernant l’invasion de la République démocratique du Congo, mais également une invitation au retrait immédiat de toutes les forces militaires étrangères du territoire congolais dans un bref délai. « Ces terres sont congolaises, elles sont par conséquent coutumières et il en demeurera ainsi ! », a conclu le représentant des autorités coutumières et traditionnelles du Conseil supérieur de l’autorité traditionnelles et coutumières en RDC (CONATC).
Malgré l’absence de l’ambassadeur rwandais à sa résidence, un mémorandum destiné au président rwandais, Paul Kagame, a été aussi remis.
La troisième destination de cette marche a été l’ambassade de la Belgique. Les manifestants ont ici évoqué des raisons particulières, notamment, le respect des cérémonies coutumières avant le rapatriement des œuvres immémoriales gardées en Belgique.
Achevant leur marche au Palais de la nation, ils ont été reçus par le conseiller du chef de l’État en matière culturelle, l’abbé Tshilumba. Tout en saluant ici la promptitude avec laquelle le chef de l’État s’emploie à rechercher la paix par des voies de négociations, les autorités coutumières ont, cependant, déclaré qu’il faille mettre fin à cet « élan de gentillesse » qui risque de causer la perte des terres congolaises. « Nous sommes venus lancer un ultimatum au président rwandais, préavis zéro car après la date du 30juin 2022, soit c’est la balkanisation tant souhaitée par nos ennemis, soit c’est le Rwanda qui risquerait d’être annexé par la RDC ! », ont martelé les autorités coutumières par le baie de leur représentant Mfumu Difima. Quant au conseiller du Chef de l’État, il a salué cette initiative et promis de transmettre fidèlement le mémo à son destinataire final.
Somme toute, au nom de la constitution et les différentes lois en vigueur dans notre pays, lesquelles octroient aux chefs coutumiers la capacité de dénoncer, et ne pouvant rester insensibles aux sangs des innocents coulés tout au long de cette dernière guerre, les autorités coutumières ont décidé cette fois-ci de prendre les choses en main, de se lever à l’unisson afin de mettre fin à cette guerre.
Dorcas Ntumba /CONGOPROFOND.NET
À la Une
HGR Kinkole sous tension : Après les violentes échauffourées, les médecins déclenchent une grève dès ce jeudi 16 avril
L’Hôpital Général de Référence de Kinkole a vécu des heures de vive tension dans la nuit du 14 au 15 avril 2026, plongeant le personnel soignant, les malades et leurs gardes dans une situation de panique généralisée. Selon les témoignages recueillis auprès des médecins de garde, des individus venus de Pakadjuma auraient pris le contrôle d’une partie du service de chirurgie, armés notamment de flèches et d’autres instruments jugés agressifs.
D’après les récits du personnel médical, plusieurs portes administratives ont été forcées, notamment celles du secrétariat, du bureau de l’Administrateur Gestionnaire Titulaire (AGT) ainsi que d’autres bureaux centraux. Si les assaillants ne sont pas parvenus à ouvrir certaines pièces, leur présence a suffi à semer la peur dans tout l’établissement. Les malades, les gardes-malades et les soignants ont été pris de panique face à cette intrusion brutale au sein d’un lieu censé être dédié aux soins et à la sécurité.
Le bilan provisoire communiqué par les médecins fait état d’au moins quatre morts alors qu’un premier rapport faisait état de deux décès par balle ainsi que de douze blessés, dont trois cas graves. Plusieurs biens appartenant aux prestataires, patients, stagiaires et accompagnants auraient également été emportés lors des violences. Les blessés ont été transférés à l’hôpital militaire de Kokolo sur décision des autorités communales de N’sele.
Face à cette situation jugée intenable, la quasi-totalité du personnel soignant a quitté l’hôpital et a décrété une grève à compter de ce jeudi 16 avril. Les médecins dénoncent l’absence de garanties sécuritaires et refusent de reprendre le travail tant que leur intégrité physique, celle des patients et celle des infrastructures hospitalières ne seront pas assurées.
Dorcas Mwavita/CONGOPROFOND.NET
