Culture
Gros plan sur Gloria Bash, l’étoile montante de la musique congolaise : en route vers le sommet
« Rendez-vous au sommet ! ». Gloria Bash, née Neema Bashige Gloria au Sud-Kivu, incarne l’une des figures montantes de la musique congolaise. Depuis ses débuts, elle ne cesse de briller, attirant l’attention de plus en plus de fans et de professionnels. Active sur les réseaux sociaux depuis février 2022, elle est rapidement devenue l’une des femmes les plus suivies, notamment sur YouTube en RDC. Aujourd’hui, tous les regards sont tournés vers elle, suite à sa signature avec Black Star France, un label prestigieux soutenu par des artistes de renom comme Gims.
**Une artiste aux multiples talents**
Musicienne, actrice, danseuse, mannequin, poétesse et maquilleuse, Gloria Bash est une artiste aux talents variés. Ses premières incursions dans la musique remontent à l’âge de 10 ans, alors qu’elle venait de rejoindre Goma (en provenance de Bukavu), au sein du centre Redemptoris Mater. C’est là qu’elle découvre sa passion pour la musique et commence à cultiver son art.
Son parcours musical prend un tournant majeur en février 2022 avec la publication du medley de Tokoss II, un projet dans lequel elle reprend 7 titres du célèbre artiste Fally Ipupa. Ce medley lui permet de se faire connaître et de gagner en visibilité grâce à ses covers, notamment sur YouTube. « À 100 %, les réseaux sociaux ont beaucoup contribué à ma carrière », reconnaît Gloria, consciente de l’impact qu’ont eu ces plateformes dans son ascension fulgurante.
En à peine deux ans, Gloria Bash a su s’imposer comme un véritable phénomène sur les réseaux sociaux. Elle cumule aujourd’hui plus d’un million d’abonnés sur ses différentes plateformes sociales et dépasse les 15 millions de vues sur YouTube. Ces chiffres impressionnants témoignent de l’impact de son travail et de son talent, prouvant que la valeur n’attend pas le nombre d’années.

**Black Star France : un nouveau chapitre s’ouvre**
Avec sa signature au sein du label Black Star France, Gloria Bash se prépare à franchir un nouveau cap dans sa carrière. « C’est une très grande opportunité pour développer mon art, ma musique et surtout porter ma musique sur la scène internationale », déclare-t-elle dans un échange avec buniaactualite.cd et congoprofond.net, enthousiaste à l’idée de conquérir de nouveaux horizons. « Gims ? Il m’a dit (…) qu’il adore ce que je propose en matière de musique et qu’on va faire de très bonnes choses ».
L’histoire de sa rencontre avec Black Star France est d’ailleurs assez originale. « J’avais un ami qui vivait à Paris et qui a fait écouter ma chanson Cascade à ses amis. Parmi eux, il y en avait un qui travaillait dans le label Black Star. C’est ainsi que le morceau est parvenu aux oreilles du directeur du label… », raconte Gloria, avec un sourire. Une belle histoire d’amitié et de chance qui l’a propulsée vers de nouveaux horizons.

**Un début fulgurant et une carrière qui décolle**
Repérée dès ses débuts, Gloria a participé, après seulement 4 mois de carrière, à la phase finale du télé-crochet Vodacom Best of the Best, représentant la province du Nord-Kivu. Ce fut un tremplin important dans sa carrière, confirmant son potentiel et sa place parmi les talents émergents de la musique congolaise.
Sous le label Black Star, son premier clip, intitulé « Toza Bien », fait son chemin. En seulement deux semaines d’exploitation sur YouTube, le clip a cumulé plus de 90 000 vues, un exploit pour une artiste encore en début de carrière.
Gloria Bash vient de briller, sans surprise, à la 5ᵉ édition des Kivu Elombe Music Awards, dits « Kema Awards », pour cette année 2024. Du haut de ses 21 ans, Gloria a raflé le titre de meilleur artiste urbain de l’année. Outre ce prix, elle a également été nominée pour celui de la meilleure artiste féminine de l’année 2024 à l’est de la République démocratique du Congo (RDC).
Avec un talent évident et une carrière déjà bien lancée, Gloria Bash semble bien partie pour atteindre le sommet. Entre ses projets musicaux à venir, ses collaborations en préparation et sa volonté de conquérir le marché international, l’artiste est sur une trajectoire ascendante. Elle a désormais tous les atouts pour briller sur la scène musicale congolaise et au-delà, portant fièrement les couleurs de sa province et de la RDC.

Licenciée en sciences juridiques, politiques et administratives en 2023, Gloria Bash est en route vers le sommet et, avec son énergie débordante, sa passion et son ambition, elle pourrait bien devenir l’une des figures incontournables de la musique congolaise dans les années à venir.
**Vérité Johnson pour buniaactualite.cd et congoprofond.net**
Société
Lubero : la consommation d’alcool lors des deuils, une habitude qui divise dans la chefferie des Batangi
Dans plusieurs villages de la chefferie des Batangi, en territoire de Lubero au Nord-Kivu, la consommation d’alcool pendant les périodes de deuil devient une pratique de plus en plus observée. Selon un constat fait par un correspondant de Congo Profond à Mighobwe, de nombreux habitants prennent de la bière avant et après l’enterrement d’un proche, d’un ami ou d’une personne connue du village, une situation qui suscite aujourd’hui des interrogations au sein de la communauté.
D’après les témoignages recueillis sur place, dès l’annonce d’un décès, plusieurs jeunes, femmes et autres membres de la communauté se regroupent pour partager des boissons alcoolisées tout en évoquant la vie et l’histoire du défunt. Pendant ce temps, les membres directs de la famille poursuivent les préparatifs liés à l’enterrement. Certains habitants s’endettent même pour acheter de la bière, ce qui entraîne parfois des tapages nocturnes, voire des disputes entre participants au deuil.
Cette situation est particulièrement visible lors des décès brusques causés par des accidents, des massacres, des disparitions ou encore après de longues maladies. Dans certains cas, des tensions et bagarres éclatent entre personnes en état d’ivresse. Parallèlement, d’autres habitants préfèrent exprimer leur compassion autrement, notamment en cherchant des tenues de deuil, des pagnes, des tricots ou encore des photos du défunt publiées sur les réseaux sociaux.
Pour les familles chrétiennes, les pratiques diffèrent souvent. Des groupes de fidèles passent la nuit dans la parcelle mortuaire pour prier, chanter des cantiques religieux et lire des versets bibliques afin de soutenir les proches du défunt. Face à cette réalité, une question continue de diviser l’opinion dans plusieurs villages : la consommation d’alcool pendant les deuils est-elle une véritable marque d’amour et de solidarité envers le défunt et sa famille, ou une mauvaise habitude qui s’installe progressivement dans la société ?
Shadrack Bihamba
