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Gratuité scolaire : Pr Ben Katoka éclaire sur la recherche dans les politiques publiques
La gratuité de l’enseignement de base décrétée par le chef de l’État Félix Antoine Tshisekefi Tshilombo sur base de l’article 43 de la Constitution -qui stipule : « L’enseignement primaire est obligatoire et gratuit dans les établissements publics »- demeure un sujet crucial et d’actualité au regard de sa portée sociale. La mise en application de cette disposition a été non sans difficultés énormes, avec des effets pervers persistants. Expert en politiques publiques, le professeur Ben Katoka s’est confié à Congoprofond.net à ce sujet, en mettant un accent particulier l’importance centrale de la recherche dans les politiques publiques.
« Je saisis cette occasion pour dire que les politiques publiques sont fondées sur des données factuelles, de leur construction à leur mise en œuvre, et enfin à leur évaluation. Les politiques publiques devraient s’appuyer sur l’expertise scientifique. En outre, une question essentielle à laquelle le gouvernement devrait apporter une réponse concrète est la suivante : comment un enfant de d’Ingende, de Dimbelenge, de Faradje ou le Lupatapata devrait avoir accès à la même qualité d’enseignement qu’un enfant de la Gombe à Kinshasa », a souligné le Pr Ben Katoka.
L’expert s’est référé au rôle de la recherche scientifique dans les politiques publiques en Corée du Sud. « Le gouvernement sud-coréen consacre annuellement des centaines des millions de dollars à des programmes de recherche. Le secteur de l’éducation est parmi les plus grands bénéficiaires de ces fonds. Aussi, le parlement de la Corée du Sud compte un département d’études composé de près d’une centaine de scientifiques détenant chacun un doctorat. Ces derniers servent de consultants internes pour guider les projets de loi proposés au parlement », a expliqué le Pr Ben Katoka.
La Corée du Sud, a-t-il dit, est un pays où le rôle de la science dans les politiques publiques a bien fait ses preuves. Et de proposer en guise de conclusion : « Notre gouvernement devrait viabiliser les départements de recherches au sein de l’administration piblique, promouvoir le recrutement des chercheurs qualifiés et financer la recherche ».
Ben Katoka est professeur assistant à la division des études africaines à l’Université d’Hankuk en South Korea. Il a obtenu son doctorat en politiques publiques au département de l’Administration publique de l’Université national à Séoul.
Propos recueillis par Nicole Fatuma
À la Une
Sud-Kivu : à Bukavu, des messages appelant au retrait rwandais apparaissent le jour dédié à Lumumba
La ville de Bukavu s’est réveillée, ce samedi 17 janvier 2026, dans une atmosphère particulière mêlant commémoration historique et messages politiques. Cette date, consacrée à la mémoire de l’Héros national Patrice Emery Lumumba, intervient dans un contexte sécuritaire et politique tendu au Sud-Kivu.

Des tracts dénonçant la présence rwandaise
Selon des images et témoignages relayés sur les réseaux sociaux, plusieurs tracts ont été aperçus dans différents quartiers de la ville. Ces messages dénoncent la présence rwandaise dans la province et appellent au retrait immédiat de ce qui est qualifié d’« envahisseurs rwandais ».
Dans l’un de ces messages, il est affirmé que « malgré la présence de l’armée rwandaise à Bukavu, la ville se réveille dans l’atmosphère particulière de commémoration de la journée de l’Héros national Patrice Emery Lumumba, le vrai ».
Un acte présenté comme patriotique
Les tracts visibles à Bukavu expriment une revendication claire. Ils exigent « le retrait des envahisseurs rwandais de la province du Sud-Kivu », un message que les auteurs présentent comme un acte patriotique.
Pour eux, cette mobilisation s’inscrit dans la continuité de l’héritage de Patrice Lumumba, figure emblématique de la lutte pour l’indépendance du Congo. Le texte souligne que cette cause est « une cause noble ayant précipité la mort du vaillant panafricain que les Congolais et les grands révolutionnaires du monde entier célèbrent à la date d’aujourd’hui ».
La Génération Z se revendique de la résistance
Les auteurs des messages se réclament notamment de la Génération Z congolaise. Ils estiment que « la population de Bukavu, jadis ville de la Résistance (…), s’invite dans la lutte de reconquête de l’indépendance de la RDC ».
Les slogans affichés se veulent également un avertissement, parlant d’« un message fort adressé aux envahisseurs rwandais, les avertissant de la couleur de l’ouragan populaire qui pointe à l’horizon ».
Après Goma, Bukavu à son tour

Cette action à Bukavu intervient au lendemain d’initiatives similaires rapportées à Goma.
« Hier, le 16 janvier 2026, c’était à Goma ; aujourd’hui, 17 janvier 2026, c’est le tour de Bukavu. Rien n’est hasard », peut-on lire dans le message. Les auteurs affirment qu’« quelque chose se prépare » et que « la population a déjà décidé de braver la peur ».
Des slogans explicites
Parmi les slogans diffusés figurent notamment :
« Retrait urgent des envahisseurs rwandais déguisés en rebelles »,
« Non à l’occupation rwandaise du territoire congolais »,
ou encore « On ne libère pas un peuple, mais un peuple se libère ».
Le message se conclut par une prise de position sans équivoque : « Bukavu dit NON aux M23 ».
Silence des autorités
Pour l’instant, aucune réaction officielle des autorités locales ou nationales n’a été rendue publique à propos de ces tracts et des messages qui les accompagnent. La situation reste suivie de près dans un contexte régional toujours marqué par de fortes tensions sécuritaires.
Franck Kaky / CONGOPROFOND.NET
