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Grande Conférence de la Diaspora congolaise sur la Commission électorale ce samedi 29 août

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Paris, capitale de la République Française, a accueilli une grande conférence débat de la diaspora congolaise, ayant pour thème : “Quelle commission électorale pour les élections crédibles et transparentes en République démocratique du Congo ?”

Au moment où le forum sur le consensus électoral initié par l’universitaire Bob Kabamba prend l’eau à Kinshasa, une grande conférence a été animée samedi 29 août par deux experts des questions électorales : Me Martin MULUMBA, Docteur et chercheur en Droit Public, spécialiste en Droit constitutionnel de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, et Paul NSAPU MUKULU, candidat à la présidence de la Ceni ; président de la Ligue des électeurs, et Vice-président de la Fédération internationale des droits de l’Homme.

Malgré le contexte difficile de Covid-19 et la fermeture de quelques frontières françaises, sans oublier la grande pluie du même samedi dans la région parisienne, les Congolais de la diaspora venus de plusieurs pays (Belgique, Allemagne, Suisse, Grande-Bretagne, Pays-Bas…), sans oublier les provinces de la France, avaient pris d’assaut, la salle parisienne qui a été louée pour ce grand évènement.

Intervenant sur la problématique de l’indépendance de la Commission électorale nationale, et des élections crédibles et transparentes, Martin MULUMBA a mis un accent particulier sur les conditions pour la tenue d’une élection crédible et transparente d’une part, et l’indépendance de la Commission électorale nationale, gage d’une bonne élection, d’autre part.

D’une manière magistrale, Me Martin MULUMBA a démontré que la tenue d’une élection crédible et transparente, dépend d’abord de qui l’organise, ensuite, de comment l’élection est préparée, de comment elle se déroule, et enfin, de la manière dont les différents contentieux qui en découlent sont gérés par les juges.

Parlant des élections organisées par la Commission électorale depuis sa création (2006 ; 2011 et 2018), Martin MULUMBA a pointé l’absence de toute transparence dans la préparation et le déroulement de ces trois cycles électoraux. Il a déploré la dépendance avérée de la Ceni aux injonctions politiques obscures, enlevant ainsi, toute impartialité et toute neutralité à cette institution d’appui à la démocratie, censée garantir des élections crédibles et transparentes au Congo/Kinshasa.

Martin MULUMBA s’est interrogé sur l’absence du recensement de la population depuis plus de 35 ans, et l’absence des cartes d’identité. Ce qui ne peut pas favoriser, une élection transparente.

Pour le chercheur en droit public, au lieu de procéder chaque fois à un enrôlement souvent mal réalisé ( sans transparence réelle) et conduisant à la délivrance des cartes d’électeurs même aux mineurs, aux étrangers, voire même aux morts, il faut plutôt penser à un recensement général de la population, permettant, entre autres, de donner au pays, un véritable outil de base pour la planification des politiques publiques.

Pour Martin MULUMBA, en procédant par un recensement général de la population, couplé avec l’établissement d’un état civil fiable et actualisable régulièrement, le pays obtiendra facilement, un fichier électoral fiable, pour les élections transparentes et apaisées.

Les deux orateurs ont préconisé le choix du modèle apolitique de la Commission électorale, comme une garantie de neutralité et d’impartialité. Ils ont fait allusion à quelques pays qui ont expérimenté avec succès ce modèle (Ghana ; Nigeria, Sierra Léone, etc…).

Présentant sa candidature à la présidence de la Commission électorale, Paul Nsapu a obtenu un soutien massif et inconditionnel de la diaspora congolaise. Il a été applaudi par la salle, et présenté par l’autre conférencier ( Martin MULUMBA) comme un monument de la lutte pour la défense des libertés individuelles et droits fondamentaux des congolais. Martin MULUMBA n’a pas hésité de dire que Paul représente le courage et la détermination, que depuis qu’il a fait de la défense des droits de l’homme, un combat de sa vie, il n’a jamais changé ou reculé. Il est resté le même, et a résisté à toutes les intimidations, toutes les menaces et toutes les tentatives de corruption.

Prenant la parole pour décrire le profil des animateurs qu’il faut pour une Ceni crédible, le candidat Paul NSAPU a pris un engagement de ne pas trahir le peuple congolais, en général, et la diaspora congolaise, en particulier. Il a dit être prêt moralement pour affronter ce combat contre les antivaleurs, qui caractérisent le fonctionnement de cette commission. Il s’est appuyé sur son expérience de longue date, tant pour les élections avec la Ligue des électeurs (depuis Mobutu), et son combat pour la défense des droits de l’homme, pour démontrer qu’il avait ce profit. Il a dit être capable pour relever le défi et redonner la crédibilité à cette institution d’appui à la démocratie, qui ne jouit aujourd’hui, d’aucune confiance de la part des congolais.

Paul Nsapu s’est montré conciliant et rassembleur dans ses propos. Il a dit vouloir être au service du peuple congolais.

Pour Docteur Martin MULUMBA et l’activiste Paul Nsapu, l’heure est arrivée de faire le bilan du système électoral congolais. Il faut éviter tout immobilisme qui conduirait le Congo dans une situation de chaos permanent, faire le choix de reformer la Ceni et la loi électorale, c’est choisir la paix durable et les élections crédibles.

Maître Martin MULUMBA a même lancé un appel au président Félix Tshisekedi, lui demandant de se battre comme il le fait déjà pour la construction d’un véritable Etat de droit au Congo, pour offrir aux Congolais, une commission électorale réellement impartiale, pour les élections crédibles.

Les deux orateurs ont été beaucoup applaudis par la salle et étaient à la hauteur dans leurs interventions respectives. Lors de la série des questions, les réponses étaient à la fois de haut niveau, adaptées et marquées d’une neutralité sans faille. La diaspora congolais de plusieurs pays souhaite voir ce duo (Paul et Martin), faire une tournée pour animer cette conférence partout, pour éclairer davantage les Congolais sur cette question fondamentale de la démocratie congolaise. Les invitations sont ainsi lancées, aux deux orateurs d’y répondre !

On ne peut terminer cette analyse, sans féliciter l’équipe d’organisation de cette conférence, elle a été à la page, les choses ont été d’une manière professionnelle du début à la fin, ce qui n’est pas une habitude de la communauté congolaise de Paris, en ce qui concerne les conférences. Nous avons remarqué ce professionnalisme dans toutes les conférences animées par Docteur Martin MULUMBA dans la région parisienne…Chapeau bas !

Yves BEKOMBE (analyste et chercheur indépendant)