Musique
Grady Bahati, « Victime d’Amour » : Portrait d’un artiste gospel comblé et transformé
Il a le sourire franc, le regard inspiré, l’allure élancée. Grady Bahati est l’un de ces jeunes artistes gospel congolais dont la voix commence doucement à marquer les esprits. Originaire du Sud-Kivu, ce chanteur à la silhouette mince et au charisme discret s’impose peu à peu comme un ministre de l’Évangile à part entière, porté par une foi ardente et une passion musicale affirmée.
De la drague à la louange
Avant d’être le Grady que l’on voit aujourd’hui sur scène, c’était un jeune homme bien dans son époque, bon vivant, charmeur et à l’humour décapant. “Avant de connaître Christ, j’étais vraiment dans la jeunesse”, confie-t-il avec lucidité. Dragueur assumé à la langue convaincante, toujours prêt à détendre l’atmosphère avec une blague bien placée, il n’a pourtant jamais cessé d’avoir un lien avec l’église.
Mais c’est presque par hasard – ou plutôt par providence – qu’il entre véritablement dans la voie qui allait changer sa vie. Cherchant simplement à apprendre le piano pour améliorer ses compositions profanes, il pousse la porte d’une chapelle… et ne la refermera plus jamais. Ce jour-là, le musicien devient progressivement serviteur de Dieu. “Je suis devenu soldat du Christ et j’en suis fier.”
Du profane au gospel : un appel
À 14 ou 15 ans déjà, Grady écrivait ses propres chansons et enchaînait les enregistrements. En 2017, son single profane Ta beauté lui offre un début de visibilité, mais il abandonne tout après une rencontre spirituelle décisive. Influencé à ses débuts gospel par Moïse Mbiye et Moses Bliss, son idole nigériane, il trouve peu à peu sa propre voix.
Aujourd’hui, Grady se définit comme “ministre de Dieu”, car au-delà de l’art, il voit dans sa musique une mission. Sa source d’inspiration ? Dieu, ses bontés, ses promesses, ses combats aussi. “Je peux composer jusqu’à 10 chansons par jour si je ne me fatigue pas.”
« Victime d’Amour » : un single aux allures de confession
Sorti en 2025 mais inspiré dès 2021, Victime d’Amour est un titre rumba à la sauce gospel. Une chanson douce, profonde, où l’artiste chante son émerveillement devant l’amour de Dieu. “Comptez combien l’Éternel est bon… Moi, j’ai compris que Dieu m’aime.” Un message universel, accessible et déjà bien accueilli : “Dès le premier jour, plusieurs ont été bénis.”

Derrière ce single, une vision claire : “Donner aux jeunes l’envie de servir Dieu dans tous les domaines de leur vie.” Et une ambition : que cette chanson en appelle d’autres. Le clip sort bientôt, et d’autres projets sont en route.
Le gospel, mais pas que…
En dehors de la musique, Grady travaille au ministère de la Formation professionnelle et des Métiers. Il s’intéresse à la politique, aime observer, s’inspirer de tout. Il est proche de ses amis, attentionné, respectueux. “Le succès ? C’est avoir Jésus-Christ dans ta vie”, dit-il sans hésiter.
Et demain ?
Dans cinq ans, il se voit à un autre niveau. Avec encore plus de chansons pour bénir, toucher, transformer. Et en attendant, il continue d’encourager les jeunes à persévérer, à travailler dur et à mettre Dieu au centre de tout.
Mot de la fin
“Je vous invite à aller écouter mon dernier projet Victime d’Amour, disponible sur la chaîne YouTube de Royal Race Record. Et surtout, acceptons Jésus-Christ dans nos vies. Il ne nous décevra jamais.”
Dorcas Mwavita/CongoProfond.net
Actualité
Stade de France : Jossart N’Yoka Longo aux côtés de Fally Ipupa pour un moment historique de la musique congolaise
Le leader emblématique de Zaïko Langa Langa, Jossart N’Yoka Longo, a confirmé sa présence au double concert que livrera Fally Ipupa les 2 et 3 mai prochains au Stade de France.
L’annonce a été faite lors de son passage dans « Fauteuil Jaune », une émission culturelle animée par le chroniqueur Miguè Niema.

Hommage à une icône de la nouvelle génération
Dans une intervention empreinte de reconnaissance, le patron de Zaïko Langa Langa a salué le parcours de Fally Ipupa, qu’il considère comme l’une des figures majeures de la musique congolaise contemporaine.
« C’est un fils qui fait bien son travail, avec perfection et excellence », a-t-il déclaré, soulignant l’impact de l’artiste dans la promotion de la rumba et des musiques urbaines congolaises à l’échelle internationale.
Une rencontre entre générations
Actuellement en tournée avec son orchestre, Jossart N’Yoka Longo a indiqué qu’il profitera de cette période pour assister à cet événement d’envergure.
Sa présence au Stade de France revêt une forte portée symbolique, incarnant un pont entre les pionniers de la musique congolaise et les stars actuelles, dans une dynamique de transmission et de reconnaissance mutuelle.
Héritage musical et consécration internationale
Évoquant les influences dans l’œuvre de Fally Ipupa, le “Vieux Bombasse” a mis en avant une proximité stylistique avec Willy Bula, notamment dans le sebene et le travail rythmique inspiré de l’école Zaïko.
Au-delà de l’aspect artistique, il a également souligné l’existence de liens familiaux entre les deux artistes, renforçant une relation fondée sur le respect, l’héritage et la continuité culturelle.
Ce double concert s’annonce ainsi comme une véritable consécration pour la musique congolaise. La présence de figures légendaires comme Jossart N’Yoka Longo vient amplifier la portée de cet événement historique, symbole du rayonnement international d’un patrimoine musical en constante évolution.
Barca Horly Fibilulu Mpia/CONGOPROFOND.NET
