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Affaire « Franck Mulaja » : Le gospel congolais dans la tourmente sécuritaire
Une affaire à la croisée du religieux, du politique et de la sécurité nationale secoue actuellement les réseaux sociaux congolais. Le célèbre chanteur gospel Franck Mulaja, figure emblématique du groupe « Échos d’adoration » et ex-voix de l’unité nationale, est aujourd’hui dans l’œil du cyclone.
Selon nos confrères de 7sur7.cd, la résidence de l’artiste située dans la commune de Limete aurait été perquisitionnée à plusieurs reprises par des hommes en uniforme. Des sources proches du dossier affirment qu’un mandat d’amener aurait été émis à son encontre par les services de renseignement, qui le soupçonnent de liens avec l’opposant Franck Diongo, président du Mouvement Lumumbiste Progressiste (MLP). Ce dernier est accusé d’avoir rallié la rébellion AFC/M23, active dans l’est du pays.
Un gospelmen soupçonné de collusion politique
Le nom de Franck Mulaja circulerait dans les cercles sécuritaires comme un membre actif ou sympathisant du MLP, formation politique aujourd’hui dans la ligne de mire du pouvoir. En cause : certaines prises de position médiatiques récentes de l’artiste, jugées critiques envers les autorités, ainsi que sa proximité idéologique présumée avec des figures de l’opposition radicale.
Cette affaire intervient dans un contexte de fortes tensions politiques et militaires, où les accusations de collaboration avec les groupes armés sont de plus en plus instrumentalisées.
Une Église dans la ligne de mire
Les conséquences de cette affaire ne se limitent pas à l’artiste lui-même. Des menaces ouvertes auraient été proférées contre l’Église « Souffle de Vie », implantée à Limete 11e rue résidentielle, et dirigée par son frère biologique, le pasteur Henri Papa Mulaja. Ce dernier, également chantre très écouté dans les milieux évangéliques, serait devenu une cible de choix pour des militants proches de l’UDPS, notamment le groupe « Forces du Progrès », qui dénoncent une supposée duplicité politique.
L’Église a déjà alerté sur des risques de vandalisme ou d’attaques physiques, tandis que la famille Mulaja, selon certaines sources, serait actuellement introuvable.
Une dérive inquiétante ?
L’affaire Franck Mulaja soulève des questions préoccupantes sur la confusion entre foi, expression artistique et engagement politique en République démocratique du Congo. Dans une société où le gospel joue un rôle spirituel et social majeur, la mise en cause d’un artiste pour ses liens supposés avec une rébellion active constitue un précédent grave.
À l’heure où Kinshasa se targue de garantir les libertés fondamentales, le traitement réservé à Franck Mulaja pose la question du respect de la présomption d’innocence, mais aussi de la protection des lieux de culte.
Pour l’heure, ni l’artiste ni son entourage ne se sont exprimés publiquement. Le silence est d’autant plus pesant que l’opinion publique s’agite, et que la ligne entre foi, opinion et trahison semble de plus en plus floue.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
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Produits pétroliers : 43,7 millions USD de pertes certifiées, Daniel Mukoko Samba salué pour la stabilité du secteur énergétique
Alors que le marché pétrolier international continue de subir les contrecoups des tensions géopolitiques mondiales, la RD Congo poursuit ses efforts pour garantir l’approvisionnement régulier du pays en carburants. C’est dans ce contexte que le Comité de Suivi des Prix des Produits Pétroliers (CSPPP) a certifié un montant global de 43,7 millions de dollars américains au titre des pertes et manques à gagner (PMAG) enregistrés par les sociétés pétrolières au cours du premier trimestre 2026.

Une facture lourde pour les opérateurs pétroliers
Réunis les 28 et 29 mai derniers à Kinshasa, les membres du CSPPP ont examiné la situation des entreprises pétrolières opérant dans les 4 principales zones de consommation du pays : Ouest, Sud, Est et Nord.
À l’issue des travaux, les pertes certifiées se répartissent comme suit :
– Zone Ouest : 35,4 millions USD ;
– Zone Sud : 3,95 millions USD ;
– Zone Est : 3,64 millions USD ;
– Zone Nord : 727.491 USD.
Selon les experts du secteur, ces contre-performances sont principalement liées aux turbulences observées sur les marchés internationaux des hydrocarbures à la suite des tensions entre l’Iran, Israël et les États-Unis, qui ont affecté les coûts d’approvisionnement.
Le Gouvernement mobilisé pour éviter une crise d’approvisionnement

Face à cette situation, le Gouvernement congolais a opté pour une approche visant à préserver la continuité de l’approvisionnement du pays en produits pétroliers. Les discussions ont notamment porté sur les mécanismes permettant d’accorder des avances sur les pertes et manques à gagner, grâce aux recettes issues des stocks de sécurité. Cette mesure vise à maintenir la fluidité de la chaîne d’approvisionnement et à éviter toute rupture susceptible d’impacter les consommateurs.
Au cœur de cette dynamique figure le Vice-Premier ministre et ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba.
Selon le Coordonnateur du Comité de Régulation des Prix (CRP), le ministre a renforcé les équipes chargées du suivi de la collecte des ressources parafiscales destinées au financement des remboursements des pertes et manques à gagner des sociétés pétrolières. Cette décision a permis d’améliorer la mobilisation des ressources nécessaires au fonctionnement du mécanisme de stabilisation des prix.
Depuis son arrivée à la tête du ministère de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba s’est illustré par plusieurs initiatives visant à renforcer la régulation des marchés, lutter contre les spéculations sur les prix des produits de première nécessité et améliorer le suivi des mécanismes de fixation des prix stratégiques. Son action s’inscrit dans la volonté du Gouvernement de préserver le pouvoir d’achat des ménages tout en garantissant la viabilité économique des opérateurs.
Le secteur privé satisfait

Les représentants des sociétés pétrolières et du secteur privé ont salué la qualité du travail réalisé durant le processus de certification. Le président de la Commission nationale des hydrocarbures de la Fédération des Entreprises du Congo (FEC), Ali Mamina, a notamment mis en avant l’esprit de concertation qui a prévalu tout au long des échanges.
Cette reconnaissance traduit la confiance croissante entre les autorités publiques et les opérateurs économiques dans la gestion d’un secteur particulièrement sensible pour l’économie nationale.
Un enjeu stratégique pour l’économie congolaise

Dans un pays où le transport, l’industrie et une grande partie des activités économiques dépendent des produits pétroliers, la maîtrise des fluctuations du marché demeure un défi majeur. La certification régulière des pertes et manques à gagner, associée aux efforts de mobilisation financière entrepris par le Gouvernement, constitue un levier important pour préserver la stabilité du secteur et protéger les consommateurs contre les effets des crises internationales.
À travers ces mesures, l’exécutif entend maintenir l’équilibre entre les impératifs économiques des opérateurs et la nécessité de garantir aux Congolais un accès continu aux produits énergétiques indispensables à la vie quotidienne.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
