Connect with us

À la Une

Gouvernement: Ce que le peuple et moi attendons… (Par Patience Bondonga Doctorant, Auxiliaire d’enseignement, Université de Montréal – Canada)

Published

on

Il faut remonter loin dans les souvenirs, peut-être dans les années du tout-puissant parti-
État, pour retrouver cet alignement apparent de toutes les institutions politiques derrière une vision et un homme. Aujourd’hui, en effet, l’Union Sacrée et son initiateur
(affectueusement appelé « FATSHI Béton ») contrôlent la Présidence de la République,
l’Assemblée Nationale, le Sénat, le Gouvernement central et, avec l’adhésion massive des
autorités provinciales, presque toutes les provinces.

Il faut remonter loin dans les souvenirs, des premières années de l’indépendance aux
années 1980, pour retrouver un quadragénaire au poste de Premier Ministre. Comme ces
années-là, cette belle époque que célèbrent des artistes comme Yekima, le groupe musical MPR, etc., restent marquées dans la mémoire collective par des images de grandeur nationale, de bien-être social et d’unité politique, l’arrivée au pouvoir d’un « jeune » ouvre la porte à plusieurs attentes. Mais que pouvons-nous, que devons-nous attendre du gouvernement Sama Lukonde ?

A mon avis, deux choses principales : un retour à la normalité républicaine et la
pose des jalons pour le futur.

Par retour à la normalité républicaine, j’entends la remise sur leurs piédestaux des
normes, pratiques, croyances ou de valeurs propres à une république.

Depuis trop longtemps, la République Démocratique du Congo n’est plus un État normal. Le voyageur
qui visiterait pour la première fois notre pays, serait frappé par l’état chaotique de nos
infrastructures et de nos normes comportementales : chacun fait presque ce qu’il veut, la loi du plus fort et la corruption régnant en maitres.

Je conviens que Monsieur le Premier Ministre n’aura certainement pas le temps, ni les moyens de reconstruire toutes les infrastructures du pays. Il sera sans doute absorbé par les dossiers scandaleux que
certains de ses prédécesseurs ont laissé dans les tiroirs de la primature. Mais, comme Hercule pour les écuries d’Augias, il peut et il doit certainement entamer un nettoyage en profondeur qui engagera le pays tout entier dans une nouvelle trajectoire !

Plutôt que de simplement chanter le changement des mentalités, il faut réinstaurer des mesures comme le Salongo obligatoire du samedi matin, il faut pénaliser davantage le népotisme, le clientélisme, le favoritisme et le tribalisme, il faut revenir à la territoriale des non originaires, réformer la fiscalité… La liste n’est pas exhaustive.

Par retour à la normalité républicaine, j’entends la fin des privilèges et la meilleure
redistribution des maigres ressources publiques.

Le peuple souffre, il devient lassant de le répéter. Pourquoi doit-il encore regarder les animateurs des institutions publiques mener un train de vie de pacha ? Pourquoi doit-il ignorer ce que certains soutirent impunément du pot commun alors qu’on lui dit jour après jour de toujours serrer la
ceinture ? La réduction du train de vie des institutions publiques est un impératif qui doit
s’étendre partout : de la présidence de la République à la plus petite unité de
l’administration publique, en passant par les cabinets politiques, les entreprises du
portefeuille et toutes les structures émargeant au budget de l’État. Sur cette question,
Monsieur le Premier Ministre Sama Lukonde, le peuple et moi en particulier, avons les
yeux grandement ouverts et braqués sur vous !

Par retour à la normalité républicaine, j’entends la fin du paradoxe qui fait de la
République Démocratique du Congo le pays au monde ayant le plus grand nombre des
partis politiques (477 à la publication par la CENI du fichier électoral de 2018, plus de
700 d’après certaines estimations actuelles) dont la plupart n’existe que sur le papier, vivotant essentiellement dans les mallettes de leurs fondateurs.

Pourquoi laisser se
perdurer davantage la confiscation du pouvoir par quelques regroupements politiques, dominés par des ploutocrates pudiquement appelés « autorités morales » ?Ne peut-on pas vider notre marigot national, peuplé d’alligators et autres reptiliens aux ambitions démesurées, en reformant enfin la loi sur les partis politiques ?

Par retour à la normalité républicaine, j’entends la sanction réelle, objective,
publique des faits de corruption à tous les niveaux. Sans verser dans la judiciarisation de
la vie politique, les magistrats devenant le bras armé des règlements de compte entre
adversaires politiques, il est temps, il est grand temps que l’enrichissement sans cause soit effectivement élevé au rang d’ennemi public numéro un.

C’est grâce à une lutte sans
merci contre la corruption que des États comme Taiwan, Singapour, la Chine ou encore
le Vietnam ont connu de grands progrès économiques. Pourquoi la République Démocratique du Congo devrait-il toujours rester à la traine en ce domaine ?

Les attentes sont certainement plus nombreuses. L’état chaotique du pays, tant sur le plan politique, économique, social et sécuritaire, transforme quasiment tout en priorité.

Cependant, si le Premier Ministre Sama Lukonde consacrait un peu de son attention à réduire le train de vie des institutions, à reformer nos partis politiques et à lutter
réellement contre la corruption, il poserait les jalons qui guideront positivement ses
successeurs. Ces jalons du futur, nous en parlerons plus longuement dans un prochain
texte.

L’œuvre à accomplir est titanesque. Impossible de tout faire dans un mandat
gouvernemental de moins de 5 ans. Mais il possible de se focaliser sur une, deux, trois
actions, qui resteront à jamais gravées dans la postérité.

Face à l’ampleur de la tâche,
Monsieur le Premier Ministre, non seulement nous avons les yeux grandement ouverts et
braqués sur vous, mais aussi et surtout, sommes-nous disposés à vous accompagner

Dallas, 19 mars 2021.
Patience Bondonga

À la Une

Révision constitutionnelle en RDC : Ferdinand Lokunda et l’ASMECO plaident pour une refondation institutionnelle

Published

on

Le débat sur une éventuelle révision ou réforme constitutionnelle en RD Congo continue d’alimenter la scène politique et citoyenne. Parmi les voix qui se font entendre figure celle de Ferdinand Lokunda Dasilva, président de l’Association des Métis au Congo (ASMECO), une structure de la société civile engagée notamment dans la lutte contre la discrimination raciale, la marginalisation et la défense des droits des enfants sans distinction d’origine. 

À travers une série de propositions rendues publiques, Ferdinand Lokunda appelle à une « nouvelle Constitution » qu’il juge plus adaptée aux réalités politiques, sécuritaires et institutionnelles de la RDC. Ses desiderata touchent aussi bien à la nationalité, à l’organisation des institutions qu’au mode de gouvernance du pays.

La double nationalité au cœur des propositions

Parmi les réformes majeures défendues par Ferdinand Lokunda figure la reconnaissance de la double nationalité pour les Congolais. Selon lui, tout citoyen devrait avoir le droit d’acquérir une autre nationalité sans perdre celle de la RDC. Une question qui revient régulièrement dans le débat national, notamment au regard de l’importante diaspora congolaise installée en Europe, en Amérique ou ailleurs en Afrique.

L’activiste estime que cette ouverture pourrait renforcer l’apport économique et intellectuel de la diaspora dans le développement du pays, tout en modernisant le cadre juridique actuel.

Un mandat présidentiel plus long

Autre proposition phare : la modification de la durée du mandat présidentiel. Ferdinand Lokunda suggère soit un mandat de 7 ans renouvelable une seule fois, soit un mandat unique de dix ans non renouvelable. Pour lui, cette réforme permettrait au chef de l’État de disposer du temps nécessaire pour exécuter ses projets de société et garantir une certaine stabilité institutionnelle.

La proposition intervient dans un contexte où la question des institutions et de leur efficacité reste largement débattue au sein de l’opinion congolaise.

Les fonctions de souveraineté et la question identitaire

Le président de l’ASMECO propose également un durcissement des conditions d’éligibilité aux fonctions dites de souveraineté. Selon sa vision, tout Congolais ayant des « affiliations » ou des « cordons ombilicaux » avec un pays voisin ne devrait pas accéder à certaines hautes fonctions de l’État.

Une position qui s’inscrit dans un climat politique marqué depuis plusieurs années par les débats autour de la nationalité, de l’identité et des questions sécuritaires dans la région des Grands Lacs.

Vers un Parlement monocaméral ?

Dans ses propositions, Ferdinand Lokunda défend aussi l’idée d’un Parlement à chambre unique composé de 800 députés, estimant que cette formule serait plus adaptée à l’immensité géographique de la RDC. Il plaide en outre pour des élections présidentielles organisées à deux tours afin de renforcer la légitimité populaire du président élu.

Enfin, il souhaite que les gouverneurs des provinces, les responsables territoriaux ainsi que le Premier ministre soient nommés par le président de la République lorsqu’ils ne sont pas originaires des entités concernées.

Une vision portée par l’ASMECO

À travers l’Association des Métis au Congo (ASMECO), Ferdinand Lokunda développe depuis plusieurs années un discours axé sur la cohésion nationale, la lutte contre les discriminations et la protection des droits des personnes marginalisées. La structure affirme également promouvoir des projets de développement communautaire et l’autofinancement pour soutenir ses actions sociales.

Ces nouvelles propositions constitutionnelles viennent ainsi élargir le champ d’intervention de cette organisation citoyenne qui entend désormais peser dans le débat public sur l’avenir institutionnel de la RDC.

Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET 

Continue Reading