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Glencore s’empare des clés de Cobalt Blue : le cobalt congolais, au cœur d’une alliance stratégique
Dans un contexte de tension croissante sur les marchés des métaux critiques, l’australienne Cobalt Blue Holdings vient de conclure un accord stratégique avec le géant minier Glencore. Objectif : sécuriser l’approvisionnement en hydroxyde de cobalt, un composant indispensable aux batteries de véhicules électriques et aux technologies de la transition énergétique.
L’annonce, faite le jeudi 29 mai à la bourse australienne, marque un tournant pour Cobalt Blue, cotée à l’ASX. Selon les termes du contrat, Glencore s’engage à fournir jusqu’à 50 % des besoins en matières premières de la raffinerie de Cobalt Blue pendant trois ans, avec un minimum garanti de 3 750 tonnes d’hydroxyde de cobalt — réparties entre 750 tonnes la première année, et 1 500 tonnes pour chacune des deux années suivantes, dès le lancement de l’exploitation commerciale.
Cette matière première proviendra directement des opérations congolaises de Glencore : Kamoto Copper Company (KCC) et Mutanda Mining (MUMI), toutes deux situées en République démocratique du Congo (RDC). Si Cobalt Blue maintient sa priorité d’approvisionnement auprès de projets australiens, la pression exercée par la dynamique actuelle du marché l’oblige à se tourner vers des sources étrangères — et en premier lieu, vers la RDC, véritable épicentre mondial du cobalt.
Implanté en RDC depuis 2007, Glencore s’impose comme l’un des piliers du secteur minier congolais. L’entreprise y a investi plus de 8 milliards de dollars, contrôle deux des plus importantes mines industrielles de cobalt au monde, et emploie plus de 18 000 personnes — salariés directs et sous-traitants — rien que dans la province du Lualaba. En trois ans, Glencore affirme avoir versé plus de 3 milliards de dollars au trésor congolais, sous forme d’impôts, de taxes et de redevances minières. Le groupe vante par ailleurs son engagement en faveur du développement durable et de la transparence dans les chaînes d’approvisionnement.
Ce partenariat avec Cobalt Blue reflète un changement d’échelle dans les alliances industrielles mondiales, où la RDC, longtemps considérée comme un simple réservoir de matières premières, s’impose désormais comme un acteur incontournable dans les négociations stratégiques pour la transition énergétique.
Dorcas Mwavita/CongoProfond.net
Mine
Kibali, vitrine du secteur minier congolais : la délégation de l’ambassade du Canada en immersion au cœur du géant aurifère du Haut-Uele
Une délégation de l’ambassade du Canada en République démocratique du Congo, conduite par Catherine Vézina, actuelle chargée d’affaires, a effectué mardi 14avril une visite à la mine d’or de Kibali Gold Mine, située dans la province du Haut-Uele, au nord-est du pays. Cette mission diplomatique a permis de mettre en lumière l’importance stratégique de Kibali, considérée comme l’une des plus grandes exploitations minières industrielles du continent africain et un moteur économique majeur pour les communautés locales.
Au cours de cette visite, la délégation a parcouru plusieurs sites clés de l’exploitation, notamment les installations minières ainsi que les infrastructures énergétiques qui alimentent les opérations. Une attention particulière a été portée aux solutions d’approvisionnement en énergie, reposant en grande partie sur l’hydroélectricité et l’énergie solaire, illustrant l’engagement de la société en faveur d’une production plus durable et respectueuse de l’environnement. Cette immersion a également permis aux visiteurs d’échanger directement avec les travailleurs et différents partenaires communautaires sur les réalités du terrain.

Un autre moment fort de la mission a été la rencontre avec des organisations locales et des projets soutenus par le Fonds canadien d’initiatives locales (FCIL). Parmi eux, les actions menées par le Collectif de développement intégré au Congo (CODIC) ont particulièrement retenu l’attention, notamment dans les domaines de la formation professionnelle ainsi que du renforcement des moyens de subsistance en faveur des jeunes et des femmes. Ces initiatives traduisent la portée des partenariats entre le secteur privé, la société civile et les partenaires au développement.
À travers cette visite, Kibali s’est affirmée non seulement comme un fleuron du secteur minier en RDC, mais aussi comme un exemple d’intégration entre performance industrielle, innovation énergétique et responsabilité sociale. Cette mission a, en outre, permis de réaffirmer l’engagement du Canada en faveur d’un développement durable, inclusif et responsable en République démocratique du Congo.
Dorcas Mwavita
