À la Une
Genecost : Gouverneur du Kwango, Willy Bitwisila appelle à l’unité…
La commémoration du génocide congolais pour des raisons économiques (Génocost) a vécu à Kenge, chef-lieu de la province du Kwango, au sud-ouest de la république démocratique du Congo. A l’occasion de commémoration de massacres et de guerre imposée par les voisins de la RDC dont le Rwanda et soutenue par les grandes puissances et les multinationales, un culte interreligieux a été organisé en l’église de Notre Dame de la Paix, à Kenge. Le gouverneur de province, Willy Bitwisila, accompagné des membres du gouvernement provincial et des députés provinciaux, y compris des fidèles, a participé à ce culte, auquel il a personnellement appelé sa population à l’unité.
Dans son discours au cours de la messe, le gouverneur Willy Bitwisila définit le Génocost. En substance, il s’agit de la commémoration du génocide perpétré contre les congolais pour des raisons économiques. « Cette journée de commémoration […]des massacres et tueries de nos frères et sœurs à l’est du pays devrait nous permettre de saisir l’étendue du complot orchestré par les acteurs du mal contre notre pays pour faire main basse sur nos richesses et réfléchir sur comment appuyer les efforts du chef de l’État pour le retour de la paix dans cette partie du territoire national en proie de l’ennemi rwandais et ses complices… », a-t-il expliqué.
Willy Bitwisila a salué l’institutionnalisation de cette journée de commémoration par le législateur congolais. Pour lui, « cette reconnaissance permet au peuple congolais de lutter contre le silence, la minimisation, le déni de justice et l’oubli face aux crimes graves commis en RDC ». Il estime que cette journée de souvenir est une occasion de réfléchir sur la prévention, pour que cette situation d’instabilité et d’insécurité ne s’étende pas sur d’autres parties du pays, « de peur de donner à la mort l’occasion de triompher sur la vie « , a-t-il insisté.
Le gouverneur du Kwango voit aussi en cette journée un cadre de sensibilisation et de mobilisation de l’opinion congolaise et internationale en faveur du droit du peuple congolais à la vérité, à la justice, aux réparations et à la prévention des crimes commis en RDC.
Il a appelé ses administrés à l’unité, et à la cohésion, valeurs qu’il considère comme meilleures armes pour combattre l’agression, notamment le phénomène « Mobondo », cette milice qui sévit dans quelques coins des territoires de Kenge et Popokabaka.
Il a émis le vœu de voir les jeunes s’imprégner de leçons de l’histoire qui leur permettent de ne rien oublier des actrocités commises au Congo « et surtout de ne pas les balanaliser ». Pour le gouverneur en effet, ce n’est pas seulement au 02 août qu’il convient de commémorer les morts et les pillages de richesses de la RDC, mais il faut le faire chaque jour. « Car loin d’être un jour de mémoire du passé, ce génocide se poursuit encore tous les jours », a-t-il soutenu.
Émile Yimbu/CONGOPROFOND.NET
À la Une
Affaire des « Enfants Mushobekwa »: La fille de Mambabwa brise le silence et livre un témoignage clé sur la nuit controversée
Lors de la 7ème audience tenue ce jeudi 9 avril 2026 dans le dossier opposant les enfants Mushobekwa/Likulia à Philémon Mambabwa, la cour a entendu un témoignage particulièrement attendu. Celui de Malaïka Mambabwa Zegbo, 17 ans, fille du prévenu, venue livrer sa version des faits sur les événements survenus dans la nuit du 20 au 21 décembre au domicile familial.
À la barre, la jeune fille explique avoir obtenu l’accord de son père pour organiser une soirée entre amies, en compagnie de Sakina, une amie, et de sa cousine Léonie. Une rencontre initialement anodine, qui aurait toutefois pris une tournure inattendue. Selon elle, son amie Sakina avait insisté pour inviter son petit ami, Claudien Likulia, récemment rentré à Kinshasa. Après plusieurs refus, Malaïka affirme avoir fini par céder, posant néanmoins une condition : une visite brève et sans accompagnateurs.

Une arrivée non conforme et une situation sous tension
Contre toute attente, Claudien Likulia s’est présenté accompagné de deux autres jeunes, identifiés comme Christopher Likulia et un certain Noah. Malaïka affirme ne pas les connaître et dit avoir immédiatement ressenti un malaise face à cette présence imprévue.
Dans son récit, elle indique que Sakina et Claudien se sont ensuite enfermés dans une chambre pendant plus de trente minutes, suscitant son inquiétude. « Lorsque la porte s’est finalement ouverte, mon père venait de rentrer », a-t-elle déclaré devant la cour, décrivant une scène tendue à l’arrivée du chef de famille.
Intervention du père : entre fermeté et encadrement
Toujours selon la témoin, les jeunes garçons ont tenté de se dissimuler, notamment dans la salle de bain, avant d’être découverts. Elle insiste toutefois sur un point : son père n’avait donné aucune instruction de violence à leur encontre.
Au contraire, affirme-t-elle, il a demandé à ses agents de sécurité de retenir les jeunes gens à la guérite, dans l’attente de l’arrivée de leurs parents le lendemain matin. Une version qui contraste avec certaines accusations évoquées dans cette affaire.
Malaïka Mambabwa Zegbo a également remis en question certains éléments avancés pour justifier la présence des jeunes au domicile familial. Elle qualifie notamment de « mise en scène » l’histoire des médicaments évoquée par certains protagonistes et largement diffusée dans les Réseaux Sociaux.
Enfin, elle a catégoriquement rejeté les allégations de détention dans une cage. Selon elle, les seules cages présentes dans la parcelle familiale sont de petite taille et servent exclusivement à l’élevage de poules et d’oiseaux.
Ce témoignage, livré avec assurance, pourrait peser dans l’appréciation des faits par la cour, alors que ce procès continue de susciter une vive attention.
Dorcas Mwavita/CONGOPROFOND.NET
