Mémoire
François Kupa Madugala : Héritage en déliquescence au Haut-Uélé
François Kupa Madugala, ce grand personnage public et figure emblématique du Haut-Uélé, a marqué l’histoire politique et économique de la République Démocratique du Congo. Né le 30 juillet 1930 à Tago, il a su naviguer dans les tumultes de son époque, devenant secrétaire d’État aux Finances puis gouverneur de l’Uélé.
Son parcours est jalonné de responsabilités qui l’ont fait passer du séminaire aux hautes sphères du pouvoir, mais quel héritage laisse-t-il derrière lui. La carrière de Kupa est souvent associée à un jargon journalistique connu sous le nom de « coupage », une pratique qui, bien qu’entachée de controverses, témoigne d’une époque où la politique pouvait être synonyme de pragmatisme, voire de cynisme.
Cependant, il est important de noter que cet homme d’État a également été un agriculteur prospère et un homme d’affaires avisé, investissant dans l’immobilier et créant des emplois à travers sa société APUK. Malheureusement, la disparition de François Kupa en 2002 a ouvert la porte à une convoitise sans précédent. C’est pour cela que nous avons tenu à rappeler des faits capables de constituer un crime moral.
Des « vautours », comme les appelle la chronique, se sont précipités pour s’approprier son héritage, manipulant la justice et exploitant la vulnérabilité de sa famille. Le récit de la spoliation de ses biens immobiliers est une triste illustration de la corruption endémique qui gangrène encore la politique congolaise. Certaines autorités actuelles en savent quelque chose.
Les méthodes utilisées par ces prédateurs, allant jusqu’à falsifier des documents et corrompre des juges, rappellent les pires dérives d’un système où l’impunité règne. Ce qui reste aujourd’hui de l’héritage de François Kupa est bien mince. Politique et moralité semblent s’être éloignées de l’exemple qu’il représentait. Le fossé entre les autorités provinciales actuelles et ce grand homme est abyssal.
Dans un contexte où ses successeurs semblent plus préoccupés par leur enrichissement personnel que par le bien-être de la population, le Haut-Uélé est devenu le reflet d’une gouvernance défaillante. La misère des citoyens contraste avec les ambitions démesurées de ceux qui occupent le pouvoir, faisant de la politique un champ de bataille pour les intérêts privés.
Il est temps de se poser la question : que reste-t-il vraiment de l’héritage de François Kupa Madugala ? Si son nom est encore associé à la commune Kupa, son esprit de gestion et d’intégrité semble avoir disparu. Le défi est immense pour restaurer une mémoire qui ne soit pas seulement celle d’un homme, mais d’un idéal de service public, de transparence et de justice.
À l’aube d’un nouveau chapitre pour le Haut-Uélé, il appartient aux générations futures de redonner vie à cet héritage, en écartant les pratiques de spoliation et en promouvant une véritable gouvernance au service du peuple.
Teddy Mfitu/CONGOPROFOND.NET
Mémoire
Disparition de Catherine Nzuzi wa Mbombo : une pionnière de la politique congolaise s’en va
La scène politique de la République démocratique du Congo est en deuil. Catherine Nzuzi wa Mbombo s’est éteinte ce mercredi 18 mars 2026 à Kinshasa, à l’âge de 81 ans. Sa disparition met fin à une vie marquée par un engagement constant au service de l’État, ainsi que par une remarquable carrière politique.
Son ascension au sein de l’appareil d’État zaïrois illustre une carrière construite avec rigueur et ambition. Dès 1967, elle est nommée bourgmestre de la commune de Gombe, cœur administratif et politique de la capitale. Elle occupera par la suite des fonctions de premier plan, notamment comme vice-gouverneure de Kinshasa, avant d’en devenir gouverneure. En 1972, elle est appelée à diriger la province du Kongo-Central, alors connue sous le nom de Bas-Zaïre.
Au fil des années, elle a également participé à l’action gouvernementale, contribuant à la mise en œuvre des politiques publiques à une période charnière de l’histoire nationale.
Née en 1944 à Tshumbe, Catherine Nzuzi wa Mbombo s’est imposée très tôt comme une figure montante dans les sphères du pouvoir. Dans un contexte politique dominé par les hommes, elle a su tracer son chemin avec détermination, devenant l’une des rares femmes à accéder à de hautes responsabilités sous le régime de Mobutu Sese Seko.
Au-delà de ses fonctions, Catherine Nzuzi wa Mbombo restera dans les mémoires comme une femme de caractère, issue d’une lignée engagée et résolument tournée vers l’action publique. Dans un environnement souvent peu favorable à l’ascension des femmes, elle a su s’imposer avec autorité, ouvrant ainsi la voie à une plus grande participation féminine dans les hautes sphères de décision.
Mère de famille, elle a su conjuguer vie familiale et responsabilités publiques, incarnant un modèle de leadership pour plusieurs générations de Congolaises.
Parallèlement à sa carrière politique, elle s’est distinguée dans le monde des affaires. Elle fait partie de cette génération de femmes congolaises qui ont su allier engagement politique et initiatives économiques, contribuant à redéfinir le rôle de la femme dans la société congolaise moderne.
La disparition de Catherine Nzuzi wa Mbombo est un événement considérable dans la mémoire collective et politique du pays. Elle restera comme l’une des figures emblématiques de son époque, une pionnière dont le parcours continue d’inspirer.
En ce moment de recueillement, la nation congolaise rend hommage à une femme d’exception, dont l’empreinte dans les institutions publiques et dans l’histoire politique nationale demeurera indélébile.
Régis NGUDIE/Congoprofond.net
