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Politique

Face-à-face Willy Bitwisila/Anciens du collège Ntemo : Le nouveau gouverneur du Kwango met le cap sur l’agriculture, les routes et l’électricité

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Ingénieur agronome, homme de terrain et praticien du développement, le nouveau gouverneur du Kwango a déjà ciblé ses priorités indéniables pour booster le décollage de sa province: l’agriculture, les routes et l’énergie.

Il les a révélées à l’occasion d’une réception haute en couleurs organisée en son honneur, ce samedi 08 juin 2024, par les anciens élèves du collège Ntemo à Macampagne, à l’initiative de G90.

Pour votre gouverne, Ntemo ( qui signifie Lumière) est un collège Jésuite, une école pilote qui a produit depuis près de cinq décennies d’éminents intellectuels du Grand Bandundu. Et G90 fait partie de ces anciens ouailles des Jésuites les plus dynamiques ayant marqué cette Alma Mater entre 90 et 2000.

Dans une ambiance conviviale, les retrouvailles de Macampagne ont permis au PCA de G90, Me Christian MWAKU, de rappeler les grandes revendications des populations du Kwango en général et du collège Ntemo en particulier.

De la dépolitisation de l’administration à l’ouverture des marchés frontaliers avec l’Angola en passant par la réhabilitation du collège, les ténors de G90 attendent voir le nouveau gouverneur faire la différence et défendre le culte de l’excellence qui caractérise les anciens élèves des Jésuites. Christian Mwaku a, par ailleurs, rassuré le gouverneur Willy Bitwisila du soutien inconditionnel de G90 et partant de tous les anciens de Ntemo durant l’exercice de son mandat.

Sur la même lancée, d’autres membres de G90 ont levé leurs voix pour encourager celui qu’ils appellent affectueusement « Ya Willy » de compter sur l’expertise multisectorielle des anciens de Ntemo pour la réussite de son mandat, en lui rappelant certains défis à relever.

Cap sur l’agriculture, les routes et l’électricité

Ragaillardi par le soutien des siens, le nouveau patron du Kwango s’est dit très ému de l’organisation de cette rencontre qui témoigne de l’intérêt accordé par ses collègues anciens de Ntemo à la province du Kwango.

Pour lui, son mandat est le mandat des anciens du collège Ntemo pour le développement du Kwango.

Il compte sur la collaboration de tous afin de gagner ce pari. Sensible au cri de cœur de G90, le gouverneur Willy Bitwisila a promis de s’investir pour que « les bâtiments de Ntemo ne s’écroulent pas.

Au regard de la vocation agricole de la province du Kwango, l’ingénieur agronome a, par ailleurs, insisté sur la nécessité de relancer l’agriculture pour en faire une source de revenus pour la population paysanne. Mais cela n’est possible que si les routes de desserte agricole sont en bon état afin d’évacuer les produits récoltés vers les centres de commercialisation, a indiqué Willy Bitwisila.

A côté de l’agriculture et des routes, le technicien en développement préconise le développement du secteur d’électricité non seulement pour éclairer les villages mais pour favoriser l’industrie de transformation des produits agricoles et l’artisanat. Pour y arriver, le gouverneur veut d’abord miser sur les ressources locales avant de voir ailleurs.

Une séance de photos de famille suivie d’un cocktail ont clôturé ces retrouvailles.

Soulignons la présence à ce rendez-vous de l’ancien gouverneur du Kwango et membre de G90 Larousse Kabula.

Martinez Ngyaluka/Le Mandat

Actualité

Sanctions, souveraineté et rhétorique de résistance : José Makila tacle les sanctions américaines infligées à Joseph kabila 

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Dans une sortie au ton résolument offensif, José Makila Sumanda, président de l’Alliance des Travaillistes Congolais pour le Développement (ATD), ancien ministre des Transports sous Joseph Kabila et figure du mouvement « Sauvons la RDC » né du conclave de Nairobi en 2025, a livré une diatribe vigoureuse contre les sanctions du Trésor américain visant l’ancien chef de l’État congolais. 

Derrière cette déclaration, se dessine une posture politique articulée autour de la souveraineté nationale, mais aussi une lecture profondément critique des dynamiques géopolitiques contemporaines.

D’emblée, Makila Sumanda rejette toute interprétation neutre de ces sanctions, qu’il qualifie de « politiquement motivées » et d’expression d’une « ingérence étrangère permanente ». À ses yeux, il ne s’agit pas d’un simple mécanisme de pression diplomatique, mais d’un instrument stratégique visant à « affaiblir la République Démocratique du Congo ». 

En convoquant un registre lexical empreint de gravité et de solennité, il inscrit son propos dans une tradition discursive où la défense de la souveraineté devient un impératif quasi existentiel.

Cette dénonciation s’accompagne d’une mise en cause implicite du pouvoir en place à Kinshasa, accusé de passivité, voire de complaisance. « Cette dérive est inacceptable », martèle-t-il, suggérant que l’absence de réaction ferme pourrait être interprétée comme une forme d’acquiescement tacite.

Une telle affirmation révèle les lignes de fracture internes qui traversent aujourd’hui le paysage politique congolais, où la question de la légitimité et de l’autonomie décisionnelle demeure centrale.

Par ailleurs, Makila Sumanda mobilise une rhétorique historique pour réhabiliter la figure de Joseph Kabila. Il rappelle qu’à « seulement 29 ans », celui-ci aurait hérité d’un État en déliquescence, pour ensuite œuvrer à sa stabilisation. Cette relecture, qui confine à une forme de réhabilitation politique, vise à contrer les narratifs externes jugés « biaisés » et à restituer au peuple congolais le monopole de l’évaluation de son histoire. « Seul le peuple congolais possède la légitimité », insiste-t-il, érigeant ainsi la souveraineté populaire en principe cardinal.

Cependant, au-delà de la défense d’un homme, c’est bien une vision du monde qui se déploie. Les sanctions sont présentées comme les symptômes d’un système international inégalitaire, où les grandes puissances s’arrogeraient le droit de « s’ériger en arbitres ». Cette posture critique, qui frôle parfois le souverainisme radical, s’inscrit dans une longue tradition de défiance vis-à-vis des ingérences occidentales en Afrique.

La répétition incantatoire du « Non » « Non à l’ingérence étrangère », « Non aux injonctions politiques » confère au discours une dimension performative, presque militante. Elle traduit une volonté de mobilisation collective face à ce qui est perçu comme une menace systémique.

En définitive, cette prise de position illustre moins un simple désaccord diplomatique qu’un affrontement de narratifs : d’un côté, une logique internationale de sanctions présentée comme régulatrice ; de l’autre, une revendication farouche d’autodétermination. Et dans cet entrelacs de discours et de rapports de force, une question demeure en suspens : « la souveraineté proclamée peut-elle réellement s’exercer dans un monde interdépendant, ou n’est-elle qu’un idéal sans cesse réaffirmé face à des contraintes inéluctables ? »

Blaise ABITA ETAMBE/CongoProfond.net

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