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Sanctions, souveraineté et rhétorique de résistance : José Makila tacle les sanctions américaines infligées à Joseph kabila
Dans une sortie au ton résolument offensif, José Makila Sumanda, président de l’Alliance des Travaillistes Congolais pour le Développement (ATD), ancien ministre des Transports sous Joseph Kabila et figure du mouvement « Sauvons la RDC » né du conclave de Nairobi en 2025, a livré une diatribe vigoureuse contre les sanctions du Trésor américain visant l’ancien chef de l’État congolais.
Derrière cette déclaration, se dessine une posture politique articulée autour de la souveraineté nationale, mais aussi une lecture profondément critique des dynamiques géopolitiques contemporaines.
D’emblée, Makila Sumanda rejette toute interprétation neutre de ces sanctions, qu’il qualifie de « politiquement motivées » et d’expression d’une « ingérence étrangère permanente ». À ses yeux, il ne s’agit pas d’un simple mécanisme de pression diplomatique, mais d’un instrument stratégique visant à « affaiblir la République Démocratique du Congo ».
En convoquant un registre lexical empreint de gravité et de solennité, il inscrit son propos dans une tradition discursive où la défense de la souveraineté devient un impératif quasi existentiel.
Cette dénonciation s’accompagne d’une mise en cause implicite du pouvoir en place à Kinshasa, accusé de passivité, voire de complaisance. « Cette dérive est inacceptable », martèle-t-il, suggérant que l’absence de réaction ferme pourrait être interprétée comme une forme d’acquiescement tacite.
Une telle affirmation révèle les lignes de fracture internes qui traversent aujourd’hui le paysage politique congolais, où la question de la légitimité et de l’autonomie décisionnelle demeure centrale.
Par ailleurs, Makila Sumanda mobilise une rhétorique historique pour réhabiliter la figure de Joseph Kabila. Il rappelle qu’à « seulement 29 ans », celui-ci aurait hérité d’un État en déliquescence, pour ensuite œuvrer à sa stabilisation. Cette relecture, qui confine à une forme de réhabilitation politique, vise à contrer les narratifs externes jugés « biaisés » et à restituer au peuple congolais le monopole de l’évaluation de son histoire. « Seul le peuple congolais possède la légitimité », insiste-t-il, érigeant ainsi la souveraineté populaire en principe cardinal.
Cependant, au-delà de la défense d’un homme, c’est bien une vision du monde qui se déploie. Les sanctions sont présentées comme les symptômes d’un système international inégalitaire, où les grandes puissances s’arrogeraient le droit de « s’ériger en arbitres ». Cette posture critique, qui frôle parfois le souverainisme radical, s’inscrit dans une longue tradition de défiance vis-à-vis des ingérences occidentales en Afrique.
La répétition incantatoire du « Non » « Non à l’ingérence étrangère », « Non aux injonctions politiques » confère au discours une dimension performative, presque militante. Elle traduit une volonté de mobilisation collective face à ce qui est perçu comme une menace systémique.
En définitive, cette prise de position illustre moins un simple désaccord diplomatique qu’un affrontement de narratifs : d’un côté, une logique internationale de sanctions présentée comme régulatrice ; de l’autre, une revendication farouche d’autodétermination. Et dans cet entrelacs de discours et de rapports de force, une question demeure en suspens : « la souveraineté proclamée peut-elle réellement s’exercer dans un monde interdépendant, ou n’est-elle qu’un idéal sans cesse réaffirmé face à des contraintes inéluctables ? »
Blaise ABITA ETAMBE/CongoProfond.net
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« Quand le droit s’accorde à la musique » : Lancement de Lex Musica et d’une campagne inédite de parrainage culturel
Le professeur Aser Nzovu Luvuji, co-auteur avec Jacques Octave Kambemba, a officiellement lancé la campagne de parrainage et de vernissage de l’ouvrage « Quand le droit se meut en musique », couplée à la mise en ligne de la plateforme numérique Lex Musica. L’annonce a été faite lors d’un échange avec la presse culturelle organisé, ce week-end, au Silikin Village.

Une initiative à la croisée du droit et de la musique
Face aux journalistes, le professeur Nzovu Luvuji a présenté Lex Musica, une application conçue pour vulgariser le droit appliqué à la musique. Cette plateforme ambitionne de combler le déficit d’information juridique dans l’industrie musicale congolaise, notamment en matière de droits d’auteur, de production et de consommation des œuvres.
« Nous avons voulu structurer ce secteur en y apportant des outils juridiques accessibles. Le vide est réel, et cet ouvrage vient éclairer les acteurs culturels », a-t-il déclaré en réponse à une question de CONGOPROFOND.NET.
Un ouvrage inclusif et pédagogique
Publié aux Éditions Kage-Ganene et préfacé par le bâtonnier national Manre Shebele Makoba, cet ouvrage de 127 pages se veut accessible au grand public. Rédigé en français, traduit en anglais et enrichi par les quatre langues nationales, il s’adresse particulièrement aux musiciens de toutes catégories, avec une approche didactique et inclusive.
Les co-auteurs y analysent les interactions entre normes juridiques et création musicale, en mettant en lumière les mécanismes de protection et de valorisation des œuvres congolaises.
Une campagne numérique participative

Lancée simultanément, la campagne de parrainage repose sur un système de vote via l’application Lex Musica. Les utilisateurs sont invités à télécharger l’application, créer un compte, puis voter pour un artiste de leur choix selon plusieurs formules (Silver, Diamant, VIP), accessibles via mobile money.
Le processus inclut également le choix de la langue du vernissage, traduisant la volonté d’inclusion linguistique du projet.
Calendrier et enjeux
Les votes sont ouverts dès à présent et se poursuivront jusqu’au 2 août 2026, date de proclamation des résultats. Le parrainage officiel ainsi que le vernissage de l’ouvrage sont prévus pour le 15 août 2026. Selon les organisateurs, l’artiste ayant obtenu le plus grand nombre de voix sera désigné parrain du livre.
Démonstration et engagement du public
Au cours de cette rencontre avec la presse, une démonstration numérique de l’application a été réalisée à l’aide d’un tableau interactif, permettant aux participants de découvrir les différentes fonctionnalités. Invitée d’honneur, Joëlle Bile a symboliquement inauguré la campagne en effectuant le premier vote.
À noter que le co-auteur Jacques Octave Kambemba n’a pas pris part à cette activité.
Par cette double initiative ( éditoriale et numérique ) les initiateurs entendent inscrire durablement la culture juridique au cœur de l’écosystème musical congolais, dans un contexte où la protection des œuvres et la structuration du secteur demeurent des enjeux majeurs.
Barca Horly Fibilulu Mpia/CONGOPROFOND.NET
