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F. Tshisekedi et le retour de l’État de droit : Espoir et crainte ! (Analyse de Martin MULUMBA, Docteur en droit public et chercheur à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne)

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Depuis son accession à la magistrature suprême en République démocratique du Congo, Félix Antoine Tshilombo Tshisekedi multiplie les signes d’une reconstruction d’un État de droit au Congo-Kinshasa. Il essaie non seulement de normaliser la fonction présidentielle, qui devient un pouvoir encadré et limité par les textes, mais aussi de faire de la fonction du chef de l’État, celle d’un arbitre actif qui veille au respect de la Constitution, assure le fonctionnement régulier des pouvoirs publics ainsi que la continuité de l’État, en étant le garant de l’indépendance nationale, de l’intégrité du territoire et du respect des traités.

C’est le sens même de sa dernière rencontre avec les ambassadeurs de l’Union européenne accrédités au Congo-Kinshasa.

Jadis considérée en République démocratique du Congo comme le pouvoir d’un homme qui s’exerce sans aucun contre-pouvoir, la fonction présidentielle semble être pour Félix Tshisekedi, un pouvoir qui obéit à l’idéologie héritée de son père, à savoir « le peuple d’abord », c’est-à-dire un pouvoir qui privilégie l’intérêt du peuple, ce qui revient à reconnaître que le pouvoir vient du peuple. Ainsi, avec quelques réalisations amorcées, son bilan de 100 jours à la tête du pays est pour plusieurs Congolais satisfaisant et un signe d’espoir, bien qu’il reste beaucoup à accomplir, car la vraie évaluation ne peut être réalisée qu’à la fin de son quinquennat, tenant compte de toutes les promesses faites.

En libérant tous les prisonniers politiques, autorisant le retour des opposants politiques comme Moïse KATUMBI, SINDIKA DOKOLO, MBUSA NYAMWISI ANTIPAS, JP BEMBA et autres, le président Félix Tshisekedi donne un grand signal dans la perspective de la construction d’un État de droit démocratique. Il pose les bases attendues, mais faudra-t-il continuer avec la même ouverture d’esprit jusqu’à la fin de son mandat, accepter les critiques même les plus acerbes comme il le fait aujourd’hui? Car on ne peut jamais dire qu’on aime la démocratie et refuser d’accepter toutes ses conséquences.

Aux termes de la Constitution congolaise actuelle, le président de la République dispose moins des pouvoirs propres que les pouvoirs partagés ou conditionnés. Il lui faut une harmonie parfaite avec le Parlement pour mettre en place sa politique, car toute coalition difficile avec son allié FCC risquerait non seulement un échec pour lui, mais aussi une grande déception pour les Congolais qui le soutiennent. C’est là que certains craignent à tort ou à raison, l’ombre de Joseph Kabila à travers sa majorité dans toutes les assemblées du pays.

Même si d’autres parlent de la bonne foi et d’une alliance sincère, on sait tous qu’en politique, seuls les intérêts partisans comptent. Félix Tshisekedi va-t-il réellement déboulonner les antivaleurs avec un Parlement constitué par ceux qu’il accuse, sans les citer, d’avoir mis en place ces pratiques ?

Aujourd’hui chef de l’État, Félix Tshisekedi ne doit pas trahir le peuple congolais. Il n’a pas d’autres choix que celui de construire ou reconstruire un véritable État de droit dans ce pays francophone. Même s’il ne peut pas tout faire, car n’étant pas magicien, on attend de lui une bonne gouvernance, une présidence où tous les citoyens sont égaux devant la loi, un pays où la justice est la même pour tous, un État où la Constitution est au sommet de la hiérarchie des normes et où la loi s’impose à tous.

S’il est vrai que l’État de droit est une conception juridique de la démocratie et la démocratie considérée comme la conception politique de l’État de droit, le président Félix Tshisekedi a cette double mission de faire de la République démocratique du Congo à la fois un État de droit et une démocratie, car l’État de droit démocratique consacré dans les différents textes constitutionnels congolais a toujours été contredit par les pratiques présidentielles autoritaires successives.

En étant président de tous les Congolais, le chef de l’État congolais ne doit pas trembler ou être complaisant à chaque fois qu’il faudra prendre une décision difficile. Il doit avoir comme boussole l’intérêt général. Il doit de ce point de vue, être un chef qui est au-dessus de la mêlée et ne pas s’enfermer dans un carcan quelconque.

Avec son alliée l’Union pour la nation congolaise( UNC), dont le président national Vital Kamerhé est son directeur de cabinet, ils seront jugés à la fin du quinquennat, car tout échec ne sera pas seulement un handicap pour Félix Tshisekedi au moment de solliciter de nouveau la confiance du peuple, mais empêcherait aussi le président de l’UNC de prétendre à quelque chose, car comptable de ce qui se serait passé.D’où, l’obligation des résultats qui lie aujourd’hui leur ticket.

Avec le retour de Moïse Katumbi, Jean Pierre Bemba, Sindika Dokolo et la présence de Martin Fayulu sur le terrain, les Congolais espèrent vivre un moment démocratique sans précédent, car le président Félix Tshisekedi a lui-même demandé d’être critiqué, il a garanti le passage des opposants dans les médias publics, il a fermé tous les cachots où ceux-ci étaient torturés. Ce qui promet des élections démocratiques dans cinq ans et la renaissance d’un Congo démocratique voulu par tous.

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Kasaï-Central : 150 policiers de la PNC élevés au rang de sous-officiers lors d’une cérémonie officielle à Dibaya

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Dans le territoire de Dibaya, au Kasaï-Central, la Police nationale congolaise (PNC) a procédé, le lundi 1er juin 2026, à la reconnaissance officielle des grades de 150 policiers récemment promus. Cette cérémonie s’inscrit dans le cadre de l’opération nationale d’élévation en grade des sous-officiers, visant à renforcer la motivation, la discipline et l’efficacité au sein des unités de police.

La cérémonie s’est tenue sur la Place de l’Indépendance, située dans le quartier Mitengu, à Tshimbulu, chef-lieu du territoire de Dibaya. L’événement a réuni les autorités policières locales, les agents concernés ainsi que les familles venues partager ce moment symbolique de reconnaissance et de valorisation du service rendu à la nation.

Au total, 150 policiers ont été élevés à différents grades, notamment ceux d’adjudant-chef, sous-commissaire, sous-commissaire adjoint, brigadier et agent de police. Cette promotion collective traduit la volonté de la hiérarchie policière de récompenser les efforts fournis sur le terrain dans l’accomplissement des missions de sécurité publique.

Prenant la parole, le commissaire de la police de Dibaya, Denis Mwamba, a salué cette vague de promotions qu’il a qualifiée de reconnaissance méritée du travail accompli par les agents. Il a souligné que cette élévation doit constituer un nouveau départ, marqué par davantage de rigueur et de responsabilité.

Il a, à cette occasion, exhorté les nouveaux promus à faire preuve de professionnalisme, de discipline et d’engagement constant au service de la population. Selon lui, ces valeurs demeurent essentielles pour renforcer la confiance entre la police et les citoyens, ainsi que pour garantir une meilleure sécurité dans le territoire.

Les bénéficiaires ont, de leur côté, exprimé leur gratitude envers la hiérarchie de la PNC et les autorités compétentes pour la confiance placée en eux. Ils ont réaffirmé leur engagement à servir avec loyauté et détermination, en vue d’assurer efficacement la protection des personnes et de leurs biens à Dibaya.

Mike Tyson Mukendi

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