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Exploitation illicite des minerais : la Chine somme ses entreprises maffieuses de quitter le sol congolais

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A la suite d’une enquête menée en Chine sur la supposée implication de ses entreprises dans l’exploitation illégales des mines à l’Est de la RDC, plus précisément dans le territoire de Mwenga, au Sud-Kivu, le gouvernement chinois annonce des sanctions imminentes à l’endroit de 9 sociétés minières citées dans cette affaire. En attendant, il leur a été demandé de suspendre définitivement leurs activités dans la province et de quitter le sol congolais le plus vite possible.

Selon le Directeur Général du Département Chinois des Affaires Etrangères, Wu Peng, la Chine s’est toujours opposée aux activités illégales des mines et en appelle à toutes les entreprises chinoises opérant en RDC de respecter strictement les lois et réglementations congolaises. « Nous soutenons la RDC dans la répression des activités économiques illégales, conformément à la loi. Après les enquêtes menées par la partie Chinoise, les autorités compétentes des provinces de Zhejiang et de Jiangsu ont ordonné aux entreprises impliquées de respecter l’ordre du gouvernement local de la RDC, d’arrêter complètement les activités concernées et de quitter la province du Sud-Kivu », a-t-il déclaré sur son compte Twitter.

Le Chargé d’Affaires de Chine a, par ailleurs, indiqué que ces sociétés chinoises seront sanctionnés par le gouvernement chinois. Entre-temps, des enquêtes menées par les autorités compétentes du Fujian et d’autres provinces chinoises se poursuivent et des mesures sévères seront prises incessamment. « Nous n’autoriserons jamais les entreprises chinoises à aller en Afrique pour enfreindre les lois et règlementations locales.», a-t-il martelé.

Il sied de respecter qu’au mois d’août dernier, le Gouverneur du Sud-Kivu, Théo Kasi, avait pris un arrêté suspendant les activités des entreprises minières chinoises impliquées dans l’exploitation illégale des minerais, dont l’or. La population avait même dénoncé la présence des militaires qui gardaient certains opérateurs alors que le code minier ne l’autorise pas. Des habitants du territoire de Mwenga se plaignent aussi des cas de pollution des rivières.
«Ce sont des entreprises chinoises qui ne remplissent pas les conditions requises par le code minier en vigueur. Ces sociétés opèrent dans l’illégalité car elles ne disposent pas des documents essentiels qui les autorisent à opérer dans le secteur minier dans le territoire de Mwenga. Elles débarquent dans notre province juste avec un permis de recherche et une fois sur place, elles exploitent illégalement nos mines. Pire encore, ces Chinois, lorsqu’ils cherchent à exploiter les minéraux bruts, utilisent des produits extrêmement toxiques qui polluent les rivières», explique Clément Mutewa, coordonnateur de la jeunesse de la communauté locale du territoire de Mwenga.

Dans la plupart des cas, ces exploitations minières illégales ne respectent pas les prescrits de la législation minière en vigueur en RDC quant à la procédure d’obtention du droit minier, la conduite de l’Etude d’Impact Environnemental et Social, la Consultation des membres des communautés sur l’exploitation minière (Cahier des charges), entrainant ainsi une déforestation et destruction du couvert végétal sans précédent.

Suite à plusieurs dénonciations des communautés locales et des ONG des droits de l’homme sur le non-respect des textes en vigueur par les sociétés et les ressortissants chinois opérant dans le secteur des mines, l’Assemblée Nationale a dépêché depuis lundi dernier une délégation constituée de 8 députés nationaux dans le Sud-Kivu pour s’enquérir de la situation.

Une mission officielle qui prendra fin ce dimanche.

Notons également que cette question avait été débattue lors d’un tête-à-tête entre la ministre des Mines et l’ambassadeur de Chine. Le diplomate chinois avait même demandé à la ministre Antoinette N’samba que soit dressée la liste des entreprises minières privées des sujets chinois œuvrant en RDC, en vue de les sensibiliser davantage sur le respect des lois et règlements du secteur minier congolais.

Perside Diawaku/Le Phare

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Procès “des Enfants chillers” : Marie-Ange Mushobekwa réclame 3,4 millions de dollars !

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Et si le mobile n’était pas seulement la justice ? La plaidoirie de la partie civile, ce jeudi 30 Avril 2026 aura duré une heure. Elle aura aussi produit un chiffre qui a fait réagir l’assistance jusqu’aux bancs de la presse : 3.400.000 dollars américains. Un million de dollars par enfant et 200.000 dollars pour chaque mère soit 7.898.200.000 CDF (taux de 2 323 CDF) c’est-à-dire sept milliards huit cent quatre-vingt-dix-huit millions deux cent mille francs congolais.

Un montant colossal, présenté comme la juste réparation de “douleurs et souffrances aiguës intentionnellement infligées”, selon les mots du conseil de Madame Marie-Ange Mushobekwa parlant au nom de toutes les parties civiles. Mais au-delà de l’effet d’annonce, ce quantum interroge. Et ouvre une brèche que les prochaines audiences ne pourront ignorer. Car le décalage est troublant. D’un côté, un récit d’horreur : torture, détention illégale, séquestration, cages à chiens.

De l’autre, un dossier médical qui, de l’aveu même du médecin traitant Docteur Yenga Mbuta Dosh Junior, ne révèle aucun traumatisme interne, aucune fracture, aucune lésion grave. Les vidéos projetées montrent des enfants certes éprouvés, mais que l’on voit debout, capables de se mouvoir, sans trace visible de saignement (alors même que la plaignante Marie-Ange Mushobekwa affirmait que ses fils saignaient). L’écart entre la gravité alléguée et les constatations objectives interroge nécessairement la proportionnalité de la demande indemnitaire.

Quatre mois de procès, et ce constat implacable : personne n’a pu désigner Philemon Mambabwa comme le véritable architecte des violences, rien ne documente un ordre explicite sorti de sa bouche, et son récit, livré avec constance depuis le premier jour, demeure à ce jour sans contradiction. Dès lors, une question s’invite dans les couloirs du prétoire : ce procès était-il mû par la seule quête de justice, ou ce chiffre de 3,4 millions de dollars soit 7.898.200.000 Francs Congolais, trahit-il un objectif plus lucratif ?

Les parties civiles ont le droit de solliciter réparation. Mais lorsque la somme réclamée semble décorrélée de la matérialité des faits établie à l’audience, c’est la crédibilité même de la démarche qui est en jeu. La défense, qui se dit prête à plaider, ne manquera certainement pas de le relever.

TEDDY MFITU

Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR

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