Sécurité
État de siège en Ituri : Plus de 25 civils et 5 soldats FARDC tués, les milices Zaïre et Codeco indexées
Le secteur de Banyali Kilo, en territoire de Djugu, a vécu une semaine cruelle. Plusieurs attaques des groupes armés ont ciblé des villages dans cette partie de la province de l’Ituri. Au-delà des civils tués, des éléments des forces armées de la RDC sont tombés sur le champ d’honneur, rapporte un communiqué du gouverneur militaire de l’Ituri, le lieutenant-général Luboya N’kashama Johnny.
Les principaux auteurs sont les miliciens de Zaïre et CODECO, deux groupes actifs dans le territoire de Djugu qui « s’entrataquent ». Au 7 juin, indique l’autorité provinciale, ces miliciens se sont entretués à Uzi, dans la région de Pimbo, faisant 9 morts dans le rang des Zaïre et un du côté CODECO.
Le patron de l’état de siège en Ituri, visiblement informé de cette situation, rapporte que le corps d’un CODECO a été mutilé par Zaïre le 13 juin 2024 à Kilo-Etat. La population, sans moyen de défense, paye le prix de ces attaques.
Des séries d’incursion ont ciblé à deux reprises la localité de Bianda. Au 20 juin, le gouvernement de l’état de siège dresse un bilan de 2 morts où la communauté Nyali dénombre 7 personnes « atrocement abbatues », dont une femme, 3 blessés graves, 17 maisons incendiées, une dizaine de civils kidnappés aux côtés de pillages.
Dans son communiqué du 24 juin, essentiellement sur la situation sécuritaire qui prévaut actuellement dans la province, le gouvernement provincial revient aussi sur la tuerie de 4 civils, 3 autres blessés et un chef du groupement pris en otage le 11 mai à Luka Malembe.
Énième massacre à Lodjo le 21 juin. 23 civils ont péri dans une attaque attribuée aux miliciens CODECO qui ont aussi tué 5 éléments FARDC.
« Même si nous sommes très mal compris », Victor Tungolo, répondant de la communauté Nyali n’a cessé de demander le déploiement des militaires FARDC pour chasser ces miliciens CODECO des zones qu’ils occupent illégalement (13 sur 15 de Banyali Kilo).
Dans la région de Pimbo, c’est un convoi humanitaire qui a été attaqué. Les passagers, dont deux staffs de l’OCHA, dépouillés de leurs biens. « Le fait de s’attaquer aux humanitaires est un crime », rappelle le lieutenant Jules Ngongo, porte-parole de l’autorité provinciale, qui a lu le communiqué.
La restauration de l’autorité de l’État dans le territoire de Djugu est l’une des recommandations pendantes sur plusieurs lèvres. Les miliciens locaux s’y dotent de pouvoir de maître en troublant notamment la libre circulation au-delà des attaques, des tueries…
“ Les forces de défense et de sécurité sont prêtes à donner une réponse sécuritaire à toute violation d’actes d’engagement en vue de protéger la population et restaurer l’autorité de l’État”, réaffirme le porte-parole du régime militaire instauré en Ituri depuis plus de 3 ans pour rétablir la paix et la sécurité. Un objectif qui peine à être atteint face à l’activisme des groupes armés locaux et étrangers.
Verite Johnson/CONGOPROFOND.NET
Sécurité
Parc de Virunga : les éco-gardes pris pour cible, l’ACEDH dénonce un massacre répété
L’Alerte congolaise pour l’Environnement et les Droits de l’Homme (ACEDH) dit être profondément affectée par les récentes attaques armées visant les acteurs de la conservation dans l’est de la République démocratique du Congo.
Selon l’organisation, la dernière attaque s’est produite le 21 mai 2026 à Kamuhoro, sur la côte sud du lac Édouard, au cœur du Parc national des Virunga. Des hommes armés non identifiés ont tué deux éco-gardes, identifiés comme KASEREKA BARAKA VALIYA TIRE et MUNGU AKONKWA MIHIGO Jacques, tous engagés dans la protection de la biodiversité.
L’ACEDH indique que cette attaque intervient quelques jours après d’autres violences enregistrées depuis le 19 mai 2026 dans les zones de Kyavinyonge et autour du lac Édouard, où des biens de citoyens et de défenseurs de l’environnement auraient également été pris pour cible.
Face à cette situation, l’organisation condamne fermement ces actes et présente ses condoléances aux familles des victimes ainsi qu’à la communauté des agents de conservation. Elle exprime également sa solidarité avec les personnes ayant subi des menaces et des destructions de biens.
L’ACEDH appelle à une mobilisation nationale et internationale pour renforcer la protection des acteurs de la conservation en RDC. Elle demande un meilleur accès à la sécurité et à la justice pour ces agents, estimant que les risques qu’ils encourent sont devenus très élevés.
L’organisation s’inquiète également de ce qu’elle qualifie d’instrumentalisation de la violence par certains acteurs politiques et sociaux, ce qui aggrave les tensions et met en danger les communautés locales. Elle rappelle que les éco-gardes proviennent souvent de ces mêmes communautés.
L’ACEDH affirme que depuis janvier 2026, neuf agents de conservation ont été tués en République démocratique du Congo dans l’exercice de leurs fonctions, dont sept dans le parc national de l’Upemba, sans que des enquêtes judiciaires aboutissent à des procès.
Elle appelle les autorités compétentes à ouvrir des enquêtes sérieuses afin d’identifier les auteurs de ces attaques et de renforcer la sécurité dans les aires protégées.
Enfin, l’ACEDH réaffirme son soutien aux efforts de protection du Parc national des Virunga et des autres zones protégées du pays, ainsi qu’à tous ceux qui œuvrent pour la défense de la biodiversité.
Désiré Rex Owamba
