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En RDC, le taux de croissance élevé tiré par les mines n’apporte aucun bonheur au peuple, il faut diversifier l’économie

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Selon les dernières perspectives de l’économie mondiale publiées par la Banque mondiale, la RDC, avec 7,7% de taux de croissance, fait figure de championne d’Afrique subsaharienne en la matière. Cependant, plusieurs de nos lecteurs nous ont posé la question de savoir quelle est l’incidence de ce taux de croissance élevé sur la qualité de vie de la population. Il faut dire que la question fait débat depuis des années et ce, non seulement en RDC, mais dans plusieurs pays du monde.

 

La croissance est la quête perpétuelle des politiques économiques. Définie comme la variation positive de la production de biens et de services dans une économie sur une période donnée, généralement une longue période, elle est indispensable pour faire face à bon nombre de problèmes économiques et sociaux, celui du chômage en premier, elle permet l’élévation du niveau de vie général. En effet, la richesse des nations et de ses citoyens en dépend. Sans la croissance, la marge de manœuvre de l’État pour établir son budget se réduit, comme celle des entreprises pour embaucher ou augmenter les salaires de leurs employés. Et le pire de tout, c’est que, quand la croissance passe au négatif, les économies plongent dans la crise ou en récession.

 

Croissance et chômage

 

La croissance d’un pays se mesure à l’évolution d’un agrégat important : le produit intérieur brut, PIB, sur une période donnée : mois, trimestre, semestre ou année. On la calcule à « devise constante », c’est-à-dire en éliminant la hausse des prix. Le critère le plus significatif est la croissance du PIB par habitant, car c’est lui qui mesure le degré d’enrichissement réel d’une population. Le PIB est donc l’agrégat qui permet de comptabiliser l’ensemble des activités de production dans une économie, en incluant l’ensemble des valeurs ajoutées par tous les agents économiques.

 

En plus, la croissance, quand elle est élevée, permet d’engendrer le développement général du pays et de diminuer sensiblement le chômage. Il existe ainsi, en économie, la loi dite d’Okun, conçue par l’économiste américain Arthur Okun, en 1962. Selon cette loi, en dessous d’un certain seuil de croissance du PIB, le chômage augmente ; au-dessus de ce seuil, il diminue. Ainsi, dans un pays comme la France, actuellement, si le PIB croît de plus 1,2%, cela fait reculer le chômage de 0,7%. «La croissance et le chômage sont donc négativement corrélés. Une hausse permanente de la croissance de la productivité du travail permet aux entreprises d’augmenter les salaires à un rythme plus élevé, ce qui accroît la satisfaction des salariés et diminue de manière permanente le taux de chômage d’équilibre», déclare le journaliste et économiste congolais Faustin Kuediasala, patron du journal économique Eco News de Kinshasa.

 

Qui explique : «pour passer de la productivité du travail à l’augmentation du salaire, il faut créer une charnière qui met l’entreprise au-devant avec une hausse de son chiffre d’affaiires qui lui permet de mieux redistribuer les revenus aux travailleurs».

 

Qu’en est-il de la croissance de la RDC ? Déjà, il n’est pas facile de faire l’état des lieux dans un pays où nul ne connaît le taux de chômage réel de la population. En plus, le rapport de de Banque mondiale indique ce taux de croissance n’a pas une grande incidence sur la vie des citoyens. «En République démocratique du Congo, l’augmentation de la production et exportations de cuivre devraient maintenir une moyenne de 7,7 croissance en 2023-24. Mais le modèle de croissance de la RDC est encore trop peu diversifié et les efforts pour réduire la dépendance aux industries extractives sont pour l’heure limités dans leurs effets malgré les nouvelles priorités définies par les autorités congolaises (agriculture – zones économiques spéciales…). Les niveaux d’investissement en RDC sont à ce titre en dessous des pays comparables -en particulier d’Afrique Subsaharienne- selon le rapport PIMA (Public Investment Management Assessment) publié par le FMI en janvier 2023. L’amélioration du climat des affaires demeure par ailleurs essentielle pour mobiliser des investissements étrangers», lit-on dans le rapport de la Banque mondiale.

 

 

 

Journaliste au site d’informations économiques classe-export.com, Pierre-Olivier Rouaud l’explique encore plus clairement : «Point négatif, le dynamisme du pays n’est pas tiré par l’ensemble de l’économie. Le PIB hors secteur extractif, autrement dit l’économie réelle pour les populations, s’inscrit même plutôt en méforme selon le FMI. La croissance « non extractive » sur 2022 a ainsi été revue à la baisse (de 3,9 % à 3,2 %) par les experts du Fonds qui pointent aussi le niveau élevé d’inflation, estimé à 13,1% à fin 2022».

 

Situation paradoxale

 

Cette situation semble s’inscrire dans la durée. La Banque mondiale ne disait pas autre chose déjà il y a neuf ans. Dans un rapport intitulé ‘‘République Démocratique du Congo Rapport de suivi de la situation économique et financière. Renforcer l’Etat et Transformer la Richesse Minière en Vecteur de Croissance, de Développement et de Cohésion Nationale’’ publié en2014, l’institution financière internationale écrivait : «la croissance est tirée par le secteur minier, mais ne se traduit pas par une mobilisation de revenu adéquate pour subvenir aux besoins de développement de la RDC. La croissance économique de la RDC a atteint 7,4% en moyenne par an au cours des quatre dernières années et le secteur des industries extractives serait responsable d’au moins 20% de cette croissance. Rien qu’en 2013, la production de cuivre a fait un bond de 52%. Cependant, la croissance dans le secteur minier et des ressources naturelles ne se traduit pas par une forte mobilisation des recettes pour le Gouvernement».

 

Une étude intitulé ‘‘Mining Boom, Economic Growth and Sustainable Development in Democratic Republic of the Congo’’ (Boom minier, croissance économique et Développement durable en République démocratique du Congo), réalisée par les professeurs Pacifique K. Murhula et Alain Achiza Nduba, deux économistes de l’Université évangélique africaine de Bukavu et publiée en avril 2021, arrive à la même conclusion. On peut y lire, en effet : «Alors que l’économie congolaise reste tributaire de ses ressources minières avec une part importante de celles-ci dans le PIB, il s’observe que cette croissance tirée par la dynamique du secteur minier n’est pas inclusive. Il ressort de ce résultat que l’essor du secteur minier ne profite pas aux congolais, ces derniers vivant dans un chômage de masse, une extrême pauvreté, … et les gains ne semblent profiter qu’aux entreprises multilatérales et leurs pays. En outre, les autres déterminants de la croissance économique pris en compte dans le modèle ont présenté des signes attendus sur le plan théorique. En parallèle, nous avons trouvé que le boom minier impacte négativement le développement durable avec un coefficient de -1,008 à court terme et -3,18 à long terme. Ce qui laisse entrevoir que l’accroissement de l’exploitation minière ne permet pas à la RDC de s’inscrire sur une trajectoire de la soutenabilité».

 

En clair, nous sommes dans une situation paradoxale où le taux de croissance négatif ou faible impacte négativement l’économie du pays et la vie de la population en diminuant les ressources de l’Etat, en aggravant l’inflation et en provoquant l’atonie de l’activité économique, alors que le taux de croissance élevé mais tiré par le seul secteur minier, n’apporte aucune amélioration à la vie des citoyens, voire même impacte tout aussi négativement l’économie globale. Au cours de l’histoire du Congo indépendant, le pays a enregistré son taux de croissance le plus élevé en 1962, à 21,2%, sous le gouvernement Cyril Adoula avec Joseph Kasavubu comme président, et son taux de croissance le plus faible en 1993, avec -13,5%, sous le Premier ministre Faustin Birindwa, avec Mobutu comme président de la République.

 

Que faire dès lors ? Sans négliger les mines, il faudra bien diversifier l’économie afin que l’économie réelle, celle qui impacte la vie des citoyens, puisse à son tour connaître une vraie embellie.

 

 

MULOPWE Wa Ku DEMBA

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Isolé politiquement, Laddy Yangotikala maintient la pression : « Le VPM Jacquemin Shabani doit s’expliquer devant le Parlement ! »

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Exclu de son regroupement politique et abandonné par plusieurs de ses soutiens, le député national Laddy Yangotikala refuse de retirer sa motion de défiance visant le Vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur et de la Sécurité. Dans une déclaration publiée ce vendredi 17 avril sur ses plateformes numériques, il a réaffirmé sa détermination à aller jusqu’au bout de sa démarche parlementaire.

À l’origine de cette initiative, déposée le 13 avril à l’Assemblée nationale, l’élu accuse le VPM d’inefficacité face à l’insécurité grandissante à Kinshasa et dans plusieurs autres villes du pays. Malgré les pressions politiques et les désistements enregistrés parmi les signataires, il campe sur sa position.

« Je prends acte de mon exclusion du regroupement. Je remercie le président Jean-Michel Sama Lukonde pour m’avoir permis d’être libre d’exercer le pouvoir de contrôle sur un membre du gouvernement. Je n’ai pas violé la Constitution ni le règlement intérieur. Je n’ai fait que demander au VPM de protéger les électeurs du président Félix Tshisekedi », a-t-il déclaré.

Dans la même veine, Laddy Yangotikala insiste : « Qu’on ne vous trompe pas. Ma motion de défiance n’a pas été retirée. Nous irons jusqu’au bout ». Il dénonce également des tentatives d’entrave à la procédure parlementaire : « Toutes les manœuvres dilatoires qu’ils ont lancées pour protéger le VPM de l’Intérieur et Sécurité, comme le report de la plénière, n’aboutiront pas car le règlement intérieur est clair ».

Cette posture de fermeté intervient dans un contexte politique tendu. L’Union sacrée de la Nation, par la voix de son secrétaire permanent André Mbata, avait désavoué cette motion, évoquant l’absence de quitus préalable. De son côté, l’AFDC-A a exigé de ses deux députés signataires de retirer leurs signatures, tandis que plusieurs parmi les 56 signataires initiaux se sont désistés.

Malgré cet isolement progressif, Laddy Yangotikala se présente comme un élu déterminé à exercer pleinement son rôle de contrôle parlementaire. En résistant aux pressions politiques et aux désaveux, il affirme son refus de céder, martelant un message clair : pour lui, la question sécuritaire mérite un débat public au Parlement, sans compromis ni abandon de sa motion.

Njila Mule/CONGOPROFOND.NET

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