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Élections 2018: les partisans de Fayulu troublés par l’usage ou non de la Machine à voter !
La campagne électorale a été lancée depuis le 22 novembre dernier. Jusqu’à ce jour, les partisans du candidat de la coalition « Lamuka » ne savent pas toujours s’ils iront voter ou pas. Et pour cause ! Martin Fayulu et la plateforme qu’il dirige semblent ne pas être disposés pour ces élections à cause des consignes ambiguës et illogiques.
En effet, à suivre les différentes déclarations tenues par le candidat et leaders de Lamuka, leur participation aux scrutins demeure hypothétique.
Adolphe Muzito, un de leaders de la plateforme Lamuka, a révélé ce que l’incongruité de l’accord de Genève cachait.
Lundi 19 novembre, ce dernier a déclaré sur TV5 qu’il n’y aura pas élections en RDC.
« Il n’y aura pas d’élections l, c’est clair. Il [Kabila] n’a pas organisé les élections en 2016, il a récidivé en 2017. Ça ne m’étonne pas qu’il n’organise pas les élections en 2018 », a-t-il affirmé.
A quoi sert alors Martin Fayulu si la coalition Lamuka n’est pas sûre d’aller aux élections ?
Que cache les tweets contradictoires dubitatifs de Martin Fayulu?
» Rendez-vous le 23/12/2018 pour glisser dans l’urne le bon bulletin, sans utiliser la #machine_à_voter. https://t.co/DkZ10UA9v0″
« Grand merci à tous les compatriotes de la province de la Tshopo qui se sont engagés à voter pour moi le 23 decembre 2018 avec bulletins papier. Notre dignité en dépend. »
Il apparaît clairement que Martin Fayulu, le candidat commun, a du mal à donner une position claire sur sa participation aux élections.
Malmené au cours d’une interview, il conditionne sa participation aux élections par les votes sur bulletins papiers.
Et pour ce, il suggère la mise en place d’une commission technique pour l’impression de ces bulletins.
Fayulu estime qu’au cas où la machine à voter serait maintenue, le peuple ne devrait pas voter.
Martin Fayulu a, au cours d’une émission à Bruxelles, annoncé qu’il battra campagne contre l’utilisation de la machine.
Mais cela serait-il aussi le cas pour les candidats de la coalition aux législatives nationales et provinciales ? Aucune réponse claire n’est donnée jusqu’ici à l’opinion.
A titre indicatif, la coalition Lamuka compte à elle seule 6.846 candidats députés nationaux et provinciaux.
Reste donc à savoir si tous ces candidats renonceront à leur candidature juste pour satisfaire les tergiversations de Fayulu.
Ce dernier doit éclairer l’opinion et donner une position claire à ses militants d’autant plus que sur terrain, la campagne électorale de Lamuka n’a pas toujours été lancée officiellement.
Wait and see.
TMB/ CONGOPROFOND. NET
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Procès “des Enfants chillers” : Marie-Ange Mushobekwa réclame 3,4 millions de dollars !
Et si le mobile n’était pas seulement la justice ? La plaidoirie de la partie civile, ce jeudi 30 Avril 2026 aura duré une heure. Elle aura aussi produit un chiffre qui a fait réagir l’assistance jusqu’aux bancs de la presse : 3.400.000 dollars américains. Un million de dollars par enfant et 200.000 dollars pour chaque mère soit 7.898.200.000 CDF (taux de 2 323 CDF) c’est-à-dire sept milliards huit cent quatre-vingt-dix-huit millions deux cent mille francs congolais.
Un montant colossal, présenté comme la juste réparation de “douleurs et souffrances aiguës intentionnellement infligées”, selon les mots du conseil de Madame Marie-Ange Mushobekwa parlant au nom de toutes les parties civiles. Mais au-delà de l’effet d’annonce, ce quantum interroge. Et ouvre une brèche que les prochaines audiences ne pourront ignorer. Car le décalage est troublant. D’un côté, un récit d’horreur : torture, détention illégale, séquestration, cages à chiens.
De l’autre, un dossier médical qui, de l’aveu même du médecin traitant Docteur Yenga Mbuta Dosh Junior, ne révèle aucun traumatisme interne, aucune fracture, aucune lésion grave. Les vidéos projetées montrent des enfants certes éprouvés, mais que l’on voit debout, capables de se mouvoir, sans trace visible de saignement (alors même que la plaignante Marie-Ange Mushobekwa affirmait que ses fils saignaient). L’écart entre la gravité alléguée et les constatations objectives interroge nécessairement la proportionnalité de la demande indemnitaire.
Quatre mois de procès, et ce constat implacable : personne n’a pu désigner Philemon Mambabwa comme le véritable architecte des violences, rien ne documente un ordre explicite sorti de sa bouche, et son récit, livré avec constance depuis le premier jour, demeure à ce jour sans contradiction. Dès lors, une question s’invite dans les couloirs du prétoire : ce procès était-il mû par la seule quête de justice, ou ce chiffre de 3,4 millions de dollars soit 7.898.200.000 Francs Congolais, trahit-il un objectif plus lucratif ?
Les parties civiles ont le droit de solliciter réparation. Mais lorsque la somme réclamée semble décorrélée de la matérialité des faits établie à l’audience, c’est la crédibilité même de la démarche qui est en jeu. La défense, qui se dit prête à plaider, ne manquera certainement pas de le relever.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
