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Education Nat.-NC : le calendrier scolaire 2024-2025 réaménagé saboté à Tshangu
Le calendrier scolaire réaménagé, pour l’exercice 2024-2025, souffre d’application dans les écoles primaires implantées dans la province éducationnelle de Kinshasa-Tshangu, où bon nombre d’écoles primaires ayant connu la grève ont terminé les examens du deuxième trimestre.
En effet, ces dernières s’apprêtent à aller en vacances des Pâques, qui débutent le lundi 07 avril prochain, alors qu’elles ont à leur disposition un calendrier qui prévoit ce congé à la date du 15 avril 2025.
Ce constat est fait par la rédaction de CONGOPROFOND.NET, le mardi 1er avril 2025, après descente dans les écoles primaires 1 et 2 INKISI à N’djili quartier 6, deux écoles conventionnées catholiques qui ont connu la grève, mais aussi après avoir parlé avec quelques Directeurs et enseignants de Kimbanseke.
» Nous avons fini les examens, malgré la présence du calendrier scolaire réaménagé. Jusqu’à présent, nous travaillons dans une sorte de confusion et les enseignants qui ont observé la grève, s’évertuent maintenant à faire diversion. Personne ne reconnaît avoir grevé « , nous a confié un Directeur du primaire.
Certains enseignants ont laissé entendre qu’à Kinshasa, il n’y avait pas eu grève, plutôt à l’intérieur du pays où les écoles étaient fermées durant tout le mois de septembre et une partie du mois d’octobre 2024.
Curieusement, ces écoles qui ont organisé les examens sans respect du calendrier scolaire réaménagé, n’ont été inquiétées, ni par les autorités provinciales, ni par les autorités sous-provinciales, à savoir: le PROVED, l’IPP, les Sous-Proveds et les INSPOOLS.
Notons que selon le calendrier scolaire réaménagé qui concerne les écoles ayant grevé au début de l’année scolaire en cours, les examens du deuxième trimestre interviendront après le congé des Pâques.
Rappelons que le congé des Pâques debute le 07 avril prochain, pour les écoles n’ayant pas connu la grève et le 15 avril pour celles qui ont grevé. La reprise des cours pour tout le monde est prévue est programmée au lundi 21 avril 2024.
Cependant, il convient de signaler que l’année scolaire 2024-2025 a connu un départ tumultueux marqué par la grève des enseignants du secteur public. Ces derniers revendiquaient l’amélioration de leurs conditions sociales, notamment la mécanisation des enseignants NU et NP, l’augmentation salariale, etc.
Bref, l’application de deux calendriers scolaires, au cours d’un même exercice, s’avère compliqué, car le fonctionnement se fait à double vitesse. Continuer à enseigner au moment où les autres sont en congé, devient une pilule amère à avaler par les enseignants de Kinshasa-Tshangu. L’autorité devrait mûrir cette décision et mettre en place des mesures d’accompagnement pour son strict respect. En vue de sauver ce qui reste, un rappel à l’ordre s’impose.
Jules KISEMA/CONGOPROFOND.NET
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EDU-NC : des agents illégaux suspendus de la paie, une enquête ouverte
La Direction nationale de contrôle, de la préparation de la paie et de la maîtrise des effectifs des enseignants et du personnel administratif des établissements scolaires (DINACOPE) s’engage dans une lutte contre les agents nouvellement mécanisés et payés au sein des bureaux gestionnaires. N’ayant pas respecté la procédure normale, ces derniers n’auront plus droit à leurs salaires à partir de la paie du mois de mars. Une enquête est en cours pour déterminer le mécanisme qui a conduit à leur intégration dans le fichier de paie des enseignants.
L’information est parvenue à la rédaction de CONGOPROFOND.NET à travers un communiqué officiel daté du 9 mars 2026 et adressé à tous les directeurs provinciaux de la DINACOPE (DIPROCOPE).
« La Direction nationale de contrôle, de la préparation de la paie et de la maîtrise des effectifs des enseignants et du personnel administratif des établissements scolaires procède actuellement à un audit interne du fichier de paie des enseignants, suite au dysfonctionnement constaté lors de la paie du mois de janvier 2026 », peut-on lire dans ce communiqué signé par Vital Lumbala Kadiata, Directeur national-chef de service.
Poursuivant son message, il précise :
« Les premières analyses révèlent que plusieurs agents administratifs affectés dans différents bureaux ont intégré le fichier de paie en dehors du mécanisme normal de mise à jour. »
Cette révélation relance le débat sur les conditions entourant la mécanisation des enseignants. Un paradoxe est décrié : pendant que dans les écoles, bon nombre de nouvelles unités (NU) et de non payés (NP) cumulent plusieurs années sans salaire, certains individus parviennent facilement à être rémunérés dans les bureaux gestionnaires.
« Je suis à ma huitième année d’attente de la mécanisation de mon école en tant que chef d’établissement. Mes enseignants sont fatigués et la qualité du travail est impactée. Par quel mécanisme des personnes sont-elles facilement payées dans les bureaux gestionnaires ? », s’interroge un préfet des études à Kisenso.

Tenant compte, d’une part, de la décision prise par la DINACOPE et, d’autre part, de la souffrance des bénéficiaires légaux, plusieurs questions se posent :
- Qui affecte les personnels dans les bureaux gestionnaires malgré la pléthore existante et facilite leur mise en paie ?
- Pourquoi les enseignants dans les écoles sont-ils ignorés lorsqu’une enveloppe salariale est disponible, au profit de personnes inconnues ?
Selon des témoignages recueillis auprès d’agents et cadres des bureaux gestionnaires (antennes DINACOPE, SERNIE, sous-divisions, etc.), certains agents nouvellement engagés arrivent directement avec leurs salaires. Ils seraient, pour la plupart, des membres de familles politiques, biologiques ou encore d’Églises. Le vice-Premier ministre de la Fonction publique, Jean-Pierre Lihau Ebua, l’avait d’ailleurs reconnu par le passé.
Il convient également de signaler que les cadres organiques délimitant le nombre d’agents par bureau sont souvent ignorés, alors que dans les écoles ils sont scrupuleusement respectés et que les profils des agents conditionnent les affectations.
Une autre question demeure : quel est le nombre exact de ces nouveaux agents illégalement payés en janvier 2026 et qui sont leurs facilitateurs ? Une chose est certaine : pour être affecté à la DINACOPE, c’est le Secrétaire général à l’EDU-NC qui établit la commission d’affectation. Au niveau des sous-divisions, la responsabilité revient au directeur provincial (PROVED).
Intégration de 555 agents constatée en janvier 2026
L’effectif total des agents payés à l’EDU-NC est passé de 699 799 en décembre 2025 à 700 354 en janvier 2026, soit une augmentation de 555 agents nouvellement intégrés dans le fichier de paie des enseignants.
« L’autorité a été surprise de constater que des personnes d’origine inconnue soient payées au détriment des bénéficiaires légaux qui étaient programmés », nous a confié une source administrative.
Faits saillants après la paie controversée
Après la paie de janvier 2026, plusieurs événements ont secoué le ministère : la réaction des syndicats d’enseignants après avoir constaté une ponction de 20 000 francs congolais dans la prime de la gratuité, l’alerte du député national Willy Mishiki sur un prétendu détournement de fonds, ainsi que l’interpellation par les services de sécurité puis la suspension par la ministre d’État Raïssa Malu Dinanga du Directeur national-chef de service Boniface Mbaka Ngampembe et de son adjoint chargé du système d’information Sam Mbavu, pour des faits jugés graves.
« Il m’a été donné de constater que des faits graves vous sont reprochés dans l’exercice de vos fonctions à la tête de la DINACOPE, notamment le manquement aux devoirs de votre état et l’obstruction à la mise en œuvre des politiques, des décisions et des actions des pouvoirs publics, faits susceptibles de compromettre le bon fonctionnement du service et la crédibilité du ministère », a écrit la ministre d’État à l’EDU-NC, Raïssa Malu Dinanga.
Cette suspension, à titre conservatoire, renforce les soupçons de ceux qui estiment que le fichier de paie des enseignants géré par la DINACOPE comporte de nombreuses irrégularités.
Cependant, il est curieux de constater qu’après plusieurs opérations de toilettage, ce fichier n’a jamais été totalement assaini. Les promesses faites aux enseignants NP ne sont toujours pas tenues. Doivent-ils continuer à espérer alors que la masse salariale ne cesse d’augmenter ?
En somme, les dispositions prises par le nouveau Dinat Vital Lumbala Kadiata, visant la suspension des salaires des nouveaux agents illégalement intégrés, pourraient permettre de faire la lumière sur les réseaux mafieux qui perturbent la budgétisation des bénéficiaires légaux.
Jules Kisema Kinkatu / CONGOPROFOND.NET
