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Société

Ebola business : l’équipe de Riposte accusée de financement des groupes armés (Rapport GEC)

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Le Groupe d’Etudes sur le Congo (GEC) a dénoncé le paiement des fonds aux groupes armés par le comité de riposte contre Ebola pour sécuriser « l’œuvre l’humanitaire » dans la partie Est de la RDC.

Dans son rapport intitulé « Rebelles, Médecins et marchands de violence : comment la lutte contre Ebola est devenue une partie du conflit dans l’Est de la RDC » publié ce jeudi 5 août 2021, le GEC explique le déroulement « mafieux » de la riposte pour contenir la maladie Ebola dans l’Est.

Pour ce projet de recherche indépendant sur le Congo, cette riposte a non seulement subi la violence, mais a aussi provoqué involontairement l’éclosion de ce conflit en finançant à la fois les groupes armés et les forces armées gouvernementales. « Par l’entremise des agents de l’Agence nationale de renseignements (ANR) et en collaboration avec le ministère congolais de la Santé, elle a accepté de rémunérer à la fois les forces de sécurité gouvernementales et les groupes armés non étatiques. L’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui nie les faits,  était particulièrement impliquée dans ces paiements, en contradiction avec la procédure opérationnelle standard des Nations unies. », a-t-il décrit dans son rapport.

Dans ce même rapport, le GEC décrit comment ces paiements ont entretenu un cercle vicieux de violence car, déplore-t-il, la Riposte s’est engagée, avec le concours de l’OMS, avec certains groupes armés en conflits avec d’autres et s’est retrouvée elle-même mêlée dans la violence, et même auteure de celle-ci.

Selon la même source, d’autres groupes armés ont monnayé la violence en se faisant acheter par la Riposte et entretien l’épidémie pour continuer eux aussi à tirer profit du « Ebola Business ».

De ce fait, le GEC interpelle les autorités sur la nécessité de s’appuyer sur l’expertise locales pour identifier les conflits potentiels et collaborer avec les communautés.

Notons qu’en 2 ans, environ 700 millions de dollars ont été déboursés en riposte contre Ebola dans cette région du pays.

Sain Jean-Eude’s Miense/CONGOPROFOND.NET

Société

Kinshasa sous les eaux : le premier baptême de 2026 vire au test grandeur nature pour la gouvernance urbaine

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La ville de Kinshasa a vécu un véritable choc climatique après les pluies diluviennes qui se sont abattues dans l’après-midi du mercredi 14 janvier et la matinée du jeudi 15 janvier 2026. En l’espace de quelques heures, la capitale congolaise s’est transformée en un immense déluge, avec des avenues, des ronds-points et des artères stratégiques métamorphosés en cours d’eau. Fait marquant et inquiétant : ce sont les communes du centre-ville, censées incarner la vitrine et la “beauté” de Kinshasa, qui ont été parmi les plus sévèrement touchées.

Des images largement relayées sur les réseaux sociaux montrent une ville paralysée, où l’eau envahit routes, trottoirs et habitations. À certains endroits, le spectacle donnait l’impression que le fleuve Congo avait quitté son lit pour traverser les communes phares de la capitale. La circulation a été fortement perturbée, des commerces ont subi des dégâts matériels et plusieurs axes sont devenus impraticables, accentuant le sentiment de chaos urbain. Si aucune perte en vies humaines n’a été signalée – un soulagement notable – les dégâts matériels, eux, sont considérables, notamment sur les voiries déjà fragilisées.

Ce premier grand épisode pluvieux de l’année 2026 apparaît ainsi comme un baptême brutal pour la ville et, surtout, pour les autorités urbaines. Il interpelle directement le gouverneur de la ville de Kinshasa, Daniel Bumba Lubaki, appelé à piloter la capitale face à des défis structurels bien connus. Comment expliquer que Kinshasa, et particulièrement ses communes centrales, se retrouvent inondées à ce point après quelques heures de pluie ? La question mérite d’être posée, d’autant plus que les inondations ne sont plus des faits exceptionnels mais un phénomène récurrent.

Cet épisode relance également le débat sur l’efficacité des nombreux projets annoncés pour la modernisation de la capitale, notamment ceux visant l’assainissement et la gestion des eaux pluviales. Entre slogans, programmes ambitieux et chantiers annoncés, l’impact réel sur le terrain peine à convaincre une population confrontée, année après année, aux mêmes scénarios : routes dégradées, caniveaux bouchés, absence de drainage efficace et urbanisation anarchique. À cela s’ajoutent déjà les problèmes chroniques d’embouteillages et d’infrastructures défaillantes.

Au-delà des dégâts visibles, c’est aussi l’image de Kinshasa qui est en jeu. Les vidéos de rues transformées en fleuves circulent bien au-delà des frontières, projetant l’image d’une capitale vulnérable et mal préparée face aux intempéries. Aujourd’hui, la population et les médias ne réclament plus des promesses ou une multiplication de projets sans effets tangibles, mais des solutions concrètes, durables et visibles. Ce premier “baptême de pluie” de 2026 sonne comme un avertissement : sans réponses structurelles urgentes, Kinshasa continuera de sombrer sous les eaux à chaque saison pluvieuse.

Dorcas Mwavita/Congoprofond.net

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