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Eau jaune, obscurité infernale, routes défoncées, absence de liberté d’expression, etc. : Les souffrances des Equatoriens exposées à Fatshi à Mbandaka !
Accompagné de son épouse, le président Félix Antoine Tshisekedi s’est adressé à la population de Mbandaka au cours d’une tribune libre, ce mercredi 21 décembre 2022, depuis la place Wangata, située dans la commune portant le même nom.
D’entrée de jeu, Félix tshisekedi s’est excusé pour les multiples reports de ce rendez-vous pris depuis le mois de mars 2022. Il a précisé que cela était particulièrement dû à l’existence de l’épidémie d’Ebola. « J’ai été déconseillé par les médecins de tenir un rassemblement populaire pour ne pas aggraver la situation. Aujourd’hui vaincu, on peut se voir… », s’est-il expliqué.
Évoquant les atrocités dont sont victimes les Congolais dans l’Est du pays, Félix Tshisekedi a de nouveau pointé du doigt ces « voisins » qui veulent profiter de nos minerais. « On a tout fait en proposant de bonnes voies pour harmoniser la cohabitation, mais ils refusent, ne voulant que des embrouilles. Vous aviez entendus que les M23 avaient occupé Bunagana, voulant même envahir Goma. Toute la Communauté internationale aujourd’hui condamne cette invasion et les envahisseurs se préparent pour rentrer d’où ils sont venus. Vous savez combien on a souffert ! « , a-t-il déclaré.
« Nous devons relever le pays !»
Rappelant que le pays était totalement par terre, Félix Tshisekdi a déclaré qu’il faut le relever. Sa recette : la mise en place du Programme de développement local des 145 territoires (PDL-145). « Si on commence à les construire, on va tout terminer car il prend en compte l’électricité, l’eau, l’école, l’agriculture, l’alimentation, etc. »
Concernant particulièrement la province de l’Equateur et la ville de Mbandaka, il fait constater que la pêche est quasi-inexistante à cause de l’inactivité du port. « Il faut réactiver les activités à Mbandaka. Nous avons un grand souci de relever le pays. Je suis venu vous donner espoir et courage. Même si nous sommes loin à Kinshasa, mais nos pensées sont ici ! », a-t-il martelé, avant de demander une seule chose aux Equatoriens : l’unité.
En effet, indique-t-il, il faut bannir la division entre nous, les ennemis de notre nation ne cherchent que cela. « Si on a l’amour du pays, si on se donne les mains, nous allons vaincre. Je suis là pour guider. Nous sommes un pays riche mais rongé, depuis des années, par la mal gouvernance, la corruption, la haine, etc. Nous ne devrions pas souffrir ».
Tribune libre : les désidératas des Equatoriens
Après son propos liminaire, le chef de l’Etat a accordé la parole aux habitants de Mbandaka afin d’exprimer librement leurs préoccupations.
Première à prendre la parole, Maman Melanie Bozui a fait savoir que jusqu’à ce jour sa ville n’a pas de courant. « Nous ne travaillons pas, les écoles sont quasi-absentes, nous autres fonctionnaires continuons de réclamer nos numéros de matricule, etc. », a-t-elle souligné.
Du tic au tac, Fatshi a invité le Vice-premier ministre de la Fonction publique, Jean-Pierre Lihau, originaire de l’Equateur, pour éclairer l’opinion. A l’en croire, l’opération d’identification se poursuit dans son secteur pour extirper les doublons, les bois morts, les criminels cumulards, etc. « Nous avions sur papier 231 milles fonctionnaires, 43 milles ont déjà été identifiés. On a prévu que 100.000 le seront en 2023. Bientôt ils seront tous payés…», a promis le ministre.
Face aux cris répétés de la population réclamant le courant électrique, le président a posé la question au gouverneur sur l’origine de la lumière qui éclaire en ce moment la Place Wangata. « Il s’agit des lampadaires solaires. La Snel est là, mais elle n’a pas de carburant. Veuillez nous construire même une centrale voltaïque de 10 Megawatts… », a-t-il aussi plaidé auprès du Chef de l’Etat.
Pour sa part, un autre jeune de Mbandaka a déclaré que sa ville n’a pas de route ni n’offre une éducation adéquate. « Notre bois se vend partout, mais en plein 21e siècle, nos enfants s’assoient par terre à l’école. Prière nous faire venir des entreprise( charcuterie, boulangerie, etc.) », a-t-il sollicité.
Réponse illico de Fatshi : « Pour que les entreprises viennent, il faut du courant et de l’eau, car l’usage des groupes électrogènes va faire grimper les prix des biens. L’Education, c’est parmi mes priorités. Dès mon accession au pouvoir, j’ai initié la gratuité de l’école primaire afin que tous les enfants aillent à l’école. Après suivi, je pense qu’il n’y a pas de problème ; sinon, on va suivre. On va construire une université ici à Mbandaka aux standards modernes. Je donne ma parole, en 2023 on verra le commencement des travaux ».
Appel à combattre la corruption
Conscient que la construction des routes demande du temps et des moyens financiers énormes, Félix Tshisekedi a proposé que l’on commence par damer la terre afin de permettre d’évacuer des biens et faciliter la circulation des personnes. « On est venu tout refaire à zéro. Aidez-nous à avoir la force. Il faut que chacun de nous apporte sa pierre dans la lutte contre la corruption. Il faut la réfuser. Surtout les jeunes, soyez vigilants ! Tout l’argent doit aller dans les caisses de l’Etat pour tout exécuter. Nous avons mis en place l’IGF et depuis lors, on voit de l’argent. Mais c’est peu, car beaucoup sont volés, autant par des Congolais que des étrangers. Chacun doit travailler pour le Congo. L’union fait la force. On peut relever le pays par la force et l’intelligence en combattant les antivaleurs », a-t-il exhorté.
Toujours au nom de la Jeunesse, un autre habitant a révélé au Chef de l’Etat que beaucoup de mensonges et flatteries lui ont été dits. « Vous devez interpeler le DG de la Régideso qui nous fournit une eau de couleur jaune ! La liberté d’expression est absente à Mbandaka. Pour preuve, des députés ont déjà été arrêtés. Il faut que le gouverneur se débarrasse des flatteurs autour de lui ! », a-t-il publiquement dénoncé, tout en avouant craindre pour sa sécurité.
Rassurant son interlocuteur, le Chef de l’Etat a déclaré que chacun est libre de s’exprimer. « Monsieur le gouverneur, Vous êtes mon représentant dans la province, non pour faire arrêter les contradicteurs, encore moins se faire justice. Éviter de semer la zizanie entre les jeunes. La jeunesse, c’est mon œuf. Toujours être rassembleur. Je prends tout le monde à témoin, je ne veux pas entendre la moindre brimade sur ce jeune qui a parlé !», a-t-il averti.
Avant de conclure cette tribune populaire, le Chef de l’Etat a exhorté la population à s’enrôler massivement lors des opérations qui seront ouvertes par la CENI le samedi prochain. « Je vais m’enrôler ici à Mbandaka pour vous montrer la voie. Vous voulez le changement ? Préparez-vous pour voter des bons dirigeants ! », a-t-il conclu.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
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HGR Kinkole sous tension : Après les violentes échauffourées, les médecins déclenchent une grève dès ce jeudi 16 avril
L’Hôpital Général de Référence de Kinkole a vécu des heures de vive tension dans la nuit du 14 au 15 avril 2026, plongeant le personnel soignant, les malades et leurs gardes dans une situation de panique généralisée. Selon les témoignages recueillis auprès des médecins de garde, des individus venus de Pakadjuma auraient pris le contrôle d’une partie du service de chirurgie, armés notamment de flèches et d’autres instruments jugés agressifs.
D’après les récits du personnel médical, plusieurs portes administratives ont été forcées, notamment celles du secrétariat, du bureau de l’Administrateur Gestionnaire Titulaire (AGT) ainsi que d’autres bureaux centraux. Si les assaillants ne sont pas parvenus à ouvrir certaines pièces, leur présence a suffi à semer la peur dans tout l’établissement. Les malades, les gardes-malades et les soignants ont été pris de panique face à cette intrusion brutale au sein d’un lieu censé être dédié aux soins et à la sécurité.
Le bilan provisoire communiqué par les médecins fait état d’au moins quatre morts alors qu’un premier rapport faisait état de deux décès par balle ainsi que de douze blessés, dont trois cas graves. Plusieurs biens appartenant aux prestataires, patients, stagiaires et accompagnants auraient également été emportés lors des violences. Les blessés ont été transférés à l’hôpital militaire de Kokolo sur décision des autorités communales de N’sele.
Face à cette situation jugée intenable, la quasi-totalité du personnel soignant a quitté l’hôpital et a décrété une grève à compter de ce jeudi 16 avril. Les médecins dénoncent l’absence de garanties sécuritaires et refusent de reprendre le travail tant que leur intégrité physique, celle des patients et celle des infrastructures hospitalières ne seront pas assurées.
Dorcas Mwavita/CONGOPROFOND.NET
