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Du Néo-Coloniasme comme débilité de l’homme de chez nous (Russell NSONDEY MONSENGO, Sj)

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Hier sévissait la colonisation, un peu avant ce fut l’esclavage. On aujourd’hui se plaint du néo-colonialisme, et l’on invite les congolais à un éveil de conscience. Autant d’années n’ont-elles pas été suffisantes pour que les congolais comprennent comment certaines nations peuvent se comporter contre d’autres ?

Essayant de retracer la croissance de la conscience congolaise, depuis l’esclavagisme jusqu’au néo-colonialisme, cet article tente de montrer comment les congolais ont progressivement pris part au mal dont souffre le Congo, jusqu’en devenir les acteurs principaux. Le néo-colonialisme actuel est, à notre avis, l’œuvre d’une collaboration pernicieuse à laquelle l’élite congolaise participe sciemment, au détriment de la chose publique. Ce n’est donc plus un appel à l’éveil de conscience, mais un questionnement de la bonne volonté qui devra faire recouvrer aux congolais l’intuition première de la lutte pour une vraie indépendance.

Contrairement au cas de tous les autres pays d’Afrique, l’installation de la Belgique au Congo a été menée sournoisement à la surprise générale de tous. Ni les Congolais, ni la communauté européenne, ni les Belges ne savaient exactement ce que le roi Léopold voulait faire au Congo, jusqu’à ce qu’il ait achevé son plan d’offrir une colonie à la Belgique. Depuis son jeune âge, Léopold entraînait un fort sentiment d’inconfort. Il était physiquement frêle, et « lorsqu’il pensait au trône qui allait être le sien, il ne cachait pas son exaspération. « ‘Petit pays, petites gens’, déclara-t-il une fois à propos de la Belgique. » Ce sentiment d’inconfort propulsait chez le jeune roi une forte mégalomanie qui se traduisait dans la conception qu’il se faisait de son royaume.

On voit dans ce texte un roi obstiné contre un peuple belge qui ne voulait pas avoir de colonie. Une fois de plus, la croissance économique est enjeu. Comme il y tenait, Léopold résolut de se battre à la surprise de tous, et d’offrir en fin de combat, un plat bien cuit à son royaume. « En 1875, Léopold tenta d’acheter les Philippines à l’Espagne, mais fut de nouveau frustré. ‘Pour le moment, ni les Portugais, ni les Espagnols, ni les Hollandais n’ont envie de vendre’, écrivait-il à ses fonctionnaires cette année-là, ajoutant : J’ai l’intention de découvrir en toute discrétion si quelque chose peut être accompli en Afrique ». Pour ce, Léopold se servit de l’explorateur H. Morton Stanley. Aux yeux de la communauté européenne, Léopold se façonnait une image de philanthrope.

«En 1876, il lança l’organisation d’une manifestation destinée à établir son image de philanthrope et à lui permettre de faire avancer ses ambitions africaines.» Des explorateurs et géographes, Léopold acquit toutes les informations nécessaires sur l’Afrique, particulièrement le bassin du Congo.
C’est pour des mêmes raisons que Léopold ne prit pas part à la conférence de Berlin. Il évitait que son entreprise soit officiellement qualifiée de colonisatrice. En cela, d’une part, il craignait que son peuple ne désavoue cette ambition, et d’autre part, il redoutait la concurrence. La meilleure voie d’accaparer le grand Congo était, pour lui, de se faire passer pour philanthrope. Sur terrain, au bassin du Congo dont il voulait prendre possession, Léopold, par ses alliés et mandataires, s’appropriait des terres en faisant signer aux souverains des traités ambigus, écrits en une langue a peine maitrisée par les souverains Noirs. Le texte donnait tout à la propriété absolue de l’association internationale du Congo derrière laquelle Léopold cachait ses intrigues.

A l’issu de la conférence de Berlin qui devait partager l’Afrique aux colons, le Congo fut officiellement allégué à l’association philanthropique de Léopold (Association internationale du Congo). Une fois le Congo acquis, «la comédie selon laquelle une « association » philanthropique s’occupait du Congo fut autorisée à disparaître. Ne resta inchangé que le drapeau bleu avec l’étoile d’or. Par décret royal du 29 mai 1885, le roi nomma Etat indépendant du Congo son nouveau pays, sous contrôle privé. Bientôt, il eut un hymne national, Vers l’avenir. Enfin, à l’âge de cinquante ans, Léopold possédait la colonie dont il rêvait si longtemps.» Quelle conscience congolaise ?
Témoins des atrocités que subissaient leurs frères, quelques chefs et courageux guerriers congolais tentèrent de résister à l’action de l’homme blanc. Il ne nous sera pas refusé de citer ici la bataille de plus de dix ans menée par le peuple Yaka, jusqu’à sa soumission en 1906. Les Tchokwés, les Boa, les Budja.

La guérilla du peuple Sanga menée par le chef Mulume Miama. Cette guérilla périt dans une grande caverne de calcaire appelée Tshamakele. Il ne s’agit pas, pour nous, de relater une histoire, mais plutôt de suivre la ligne d’évolution de la conscience congolaise. Dans cette perspective, il ne nous sera pas reproché de supposer que, dans son évolution, cet éveil de conscience, sans être parfaitement constant, eut ses hauts et ses bas. Cependant, il en est qu’il finit par atteindre une dimension nationale, et elle se procura des forces intellectuelles.

Parmi les pionniers de l’éveil de conscience congolaise, nous pouvons citer Paul Panda Farnana. Éduqué en Belgique, il participa activement à l’administration et la vie politique du Congo belge. Il fonda en 1919 une Société de secours et de développement moral et intellectuel de la race congolaise. A ces années déjà, Paul Panda était capable d’un tel discours, sur l’éducation ou sur la politique:
« Dans chaque province, on devrait avoir une école centrale normale, une dans chaque district et plus tard, une dans chaque grande chefferie… Notre budget de l’instruction devrait être plus élevé ; […] Si l’autochtone était convaincu que l’impôt serait destiné à l’instruction de ses enfants, il paierait un ou deux francs de plus par tête et par an. Il faut que les Congolais comptent sur eux-mêmes pour répandre d’une façon rationnelle l’instruction partout. »
« Les indigènes ne peuvent (…) être dépouillés de leurs biens. Ils sont véritablement maîtres de leurs terres et leur chefs conservent leur pouvoir […] Dans une protestation que j’ai adressée à la commission permanente de colonisation et au conseil, j’ai exprimé le vœu de voir mes compatriotes participer à la politique et à l’administration de la colonie et préconisé la création d’un conseil chargé des affaires indigènes. En effet, au Congo l’aborigène n’est représenté nulle part au sein des divers conseils de la colonisation… ».

Les idées de Paul Panda furent muselées. Malgré cela, les indépendantistes de tout calibre se lèveront plus tard, surtout après la proposition du Plan de Trente ans de Van Bilsen, paru en flamand en décembre 1955, et en français en février 1956. Décrire chaque manifeste n’est pas notre but. Nous appréhendons, en ce qui concerne ce travail, le simple fait d’avoir des manifestes, et à cette dernière période évoquée, on en comptait beaucoup. Le contact des intellectuels congolais avec ceux d’autres pays favorisa fortement l’éveilde conscience.

Le manifeste « conscience africaine » (1951) fit son apport. L’épiscopat du Congo marqua son ton. On comptait le manifeste de l’ABAKO, le MNC de Patrice Lumumba, etc.

Il parait, à certains égards, tautologique de dire que le néo-colonialisme est la nouvelle forme que revêt le colonialisme. A en croire Mabika Kalanda, le néo-colonialisme se définirait comme la situation socio-politique et économique d’un pays qui est demeuré sous la domination des anciennes puissances coloniales, quand bien même son indépendance, la quelle devient, par conséquent, simplement nominale. Cette forme de colonisation est mentale, à notre avis, parce qu’elle passe, non plus par la force physique directement, mais par la mens Africanae. Et les protagonistes de cette âme sont, de prime abord, ceux qui forment aujourd’hui l’intelligentsia africaine. Or, justement, c’est cette intelligentsia qui, dans le cas particulier du Congo détient le pouvoir nécessaire pour une vraie indépendance. Chacun de nos élus dispose d’au moins un grade universitaire. Tous les nos efforts tendent à montrer que, jusqu’à l’indépendance, l’élite intellectuelle congolaise avait atteint :

« Le degré de conscience auquel le colonisé n’accède, à en croire Franz Fanon, qu’après avoir franchi deux étapes préliminaires. Dans un premier temps, en effet, l’intellectuel colonisé aspire à s’assimiler la culture de dehors et il en est fier. Par la suite, il se met à ‘se souvenir’ de son passée et il est gêné de son état. Puis, il atteint l’étape dite ‘de combat’ où il se pose en ‘réveilleur’ de conscience et accepte d’assumer sa différence (Fanon F., 1968, 2e éd. : 153 et sq.). »

Le Congo accède officiellement à l’indépendance le 30 juin 1960. Voici la victoire d’une bataille menée durant des longues années: être libre de la domination étrangère sous toutes ses formes, pour diriger par nous-mêmes notre destin, est-il logique de croire. Il semble que les Congolais n’avaient pas été bien préparés par la Belgique à assumer leur indépendance. A la veille de son indépendance, dit NTIMA NKANZA, la République Démocratique du Congo ne comptait que 31 universitaires formés.
Cinq ans après l’indépendance MABIKA KALANDAconstatera que, les anciennes puissances coloniales n’avaient pas déguerpi de notre pays. Ils interféraient tout contrôle du pays et assuraient leur présence sous des formes voilées d’assistances. Chose à comprendre comme Kwame NKRUMAH qui pense que : « les puissances coloniales ne se retirent jamais de leur plein gré de quelque territoire que ce soit, sur lequel elles exercent un contrôle politique» . Ou J.-P. Sartre qui disait : « une indépendance concédée n’est qu’un aménagement de la servitude ».

De la part des Congolais, une fois le pouvoir acquis, commença la course à des enrichissements individuels illicites. Ce drame demeure perceptible à travers les medias qui ne cessent de porter à notre connaissance les forfaits de ceux qui détiennent les commandes de la chose publique.

L’université formera petit à petit des intellectuels congolais au Congo. Aujourd’hui, je ne sais, et je n’ai eu le courage de chercher combien d’universitaires compte le Congo. L’école s’est implantée dans tous les coins et recoins du pays. Les universités prolifèrent comme des champignons. A la base de l’esclavage comme de la colonisation étaient des enjeux économiques. Aujourd’hui dit- on, nous pouvons dire avec Mabika KALANDA que : « La crise congolaise s’insère dans le cadre de l’affrontement des intérêts capitalistes aux nôtres ». Il est intéressant de voir que les Congolais tiennent un tel discours depuis les années 1964. Et d’autres doivent l’avoir fait plus tôt. A ces jours, la classe politique congolaise est composée d’hommes érudits, ayant tous faits au moins un cycle universitaire. Le pouvoir ils l’ont, la cause de notre mal, ils la connaissent. Ne sont-ils pas à même d’éradiquer le mal par sa racine ? Concernant l’université, que n’en avons-nous pas faite ? Cet espace de transmission du savoir est devenu un mouroir intellectuel ou s’affrontent toutes tendances. La corruption y est la chose du monde la mieux partagée…

A notre humble avis, les Congolais ont progressivement participé à leur mal, jusqu’à en devenir aujourd’hui des acteurs principaux. Le néo-colonialisme est le fruit d’une proposition, si forte soit-elle, mais à laquelle nous consentons quand même. L’occident, conscient des richesses de l’Afrique, bavardent-ils sans indignation, ne nous laissera jamais tranquille, etc. Nous ne sommes plus à l’époque où les négriers nous enchaînaient ni à l’époque où Léopold nous faisait signer des contrats unilatéraux, ambigus.

Pis, dans la plupart des cas, c’est nous-mêmes qui nous proposons d’être des voix d’exploitation de notre pays. Lorsque certains engagent, pour des intérêts personnels, le pays tout entier dans des contrats dont ils sont conscients des conséquences, ce n’est pas le fouet qui fait agir. Ce n’est non plus que la sophistique intellectuelle occidentale qui nous hiberne. Le pays regorge de tellement d’intellectuels qu’il risible de croire qu’ils se font chaque fois rouler.

La corruption aujourd’hui, telle qu’on en parle et la pratique, on dirait qu’elle fait partie intégrante de notre système éducatif. Ce ne sont pas les Occidentaux qui vendent des syllabus, ni eux qui vendent des points dans nos classes. Tout cela concours à l’explosion du néo-colonialisme, car ne favorisant pas la formation à l’auto-détermination. Faut-il croire que c’est par manque de conscience éveillée que nous agissons ainsi ? Qui sait si moi qui écris ceci, mis dans les mêmes conditions ne produirai pas les mêmes effets. C’est cela l’homme de chez nous.
De retour aux sources à la source, rappelons de quoi a-t-il été question dans ce périple spirituel. Nous avons soutenu une thèse : le Congolais a progressivement pris part à son mal qu’il en devient l’acteur principal. De l’esclavage au néo-colonialisme, la conscience du congolais a été suffisamment éveillée. Outre la démonstration faite, nous fîmes apparaitre, que l’appel à l’éveil de conscience est devenu aujourd’hui un gaspillage d’énergie. Vue la réalité des choses, l’élite congolaise est assez informée et bien consciente de l’origine du mal dont souffre le pays. Mais, pour des satisfactions personnelles, ceux qui devaient défendre le pays se servent consciemment de leur position pour s’enrichir, corrompant et se laissant corrompre.

Nous disions que l’heure est venue de passer à des actes. En questionnant notre bonne volonté, nous nous tournerons, par exemple, vers les intuitions de Paul Panda telles que susmentionnées. Je crois que de telles propositions ne réjouissent pas ceux qui ont, comme si, fait participer le détournement du bien public à leur être intrinsèque. Les actions à mener sont nombreuses. Nous laissons aux hommes et femmes qui doivent exceller dans la politique pratique, de se servir des principes et idées élaborés ici. En réalité, nous n’avons pas conclu cet article, et ne nous saurions le conclure vraiment, tant que sa partie pratique ne sera pas effective par ceux qui doivent s’y évertuer, pour que le Congo vive.

Russell NSONDEY MONSENGO, Sj.
rusdeymons@gamil.com


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