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Droits de l’homme : outillés, 25 journalistes kinois prêts à défendre la Justice transitionnelle en RDC !
Le Bureau conjoint des nations unies pour les droits de l’homme, BCNUDH a organisé du 19 au 20 août 2021, un séminaire sur la justice transitionnelle en RDC à l’attention des acteurs des médias à Béatrice hôtel.
L’objectif de ce séminaire était de mettre à la disposition des 25 professionnels des médias de Kinshasa, des rudiments qui leur permettront de donner la bonne information en matière de justice transitionnelle.
A en croire le Directeur du BCNUDH Abdoul Aziz Thioye, l’engagement de la lutte contre l’impunité nécessite l’implication des acteurs des médias car ce sont eux qui informent les citoyens.
« Le BCNUDH est conscient du rôle important et de la responsabilité essentielle des médias en tant que 4ème pouvoir dans la recherche de l’information », a-t-il renchérit.
Pour Michele De Aquino du BCNUDH, la justice transitionnelle se distingue de celle ordinaire car elle a la particularité d’être un éventail complet des divers processus et mécanismes mise en place, que certains pays utilisent pour tenter de faire face à des exactions massives commis dans le passé mais également pour sortir d’une situation de troubles dont le conflit armé, guerre civile, dictature ; situations assorties des graves violations massives de droits de l’homme en vu de jeter les bases d’un avenir meilleur d’un état de droit.
Le BCNUDH a fait appel à d’éminents professeurs des universités, à savoir les professeurs Luzolo Bambi, Ngoma Binda, Serge Makaya, Luc Mutoyi Mubiala, des avocats et autres experts pour la réussite de ce séminaire. Chacun d’eux a donné de la matière aux journalistes qui ont un grand rôle à jouer dans la mise en pratique de la justice transitionnelle qui exige la transmission de la bonne information à la population.
« La justice transitionnelle se fonde sur 4 piliers à savoir, la recherche de la vérité, le droit à la justice, le droit à la réparation des victimes et la garantie de non-répétition », a fait savoir le professeur Luzolo Bambi, qui a insisté sur l’application d’une justice transitionnelle pour essayer de panser les plaies qu’ont laissé les 6 millions des morts rapporté par le rapport mapping.
*Recommandation*
À l’issue de ce séminaire, les participants ont formulé plusieurs recommandations en rapport avec les quatre piliers sur lesquels se fondent la justice transitionnelle.
Pour le droit à la vérité, il a été recommandé de sectionner les membres qui vont composer la commission en tenant compte des compétences intellectuelles. Pour le droit à la justice, la commission devra prévoir les poursuites judiciaires, travailler avec le concours des institutions judiciaires classiques les OPJ. En ce qui concerne le pilier droit à la réparation des victimes, les participants ont recommandé l’encadrement juridique qui nécessite la proposition d’une loi spéciale ainsi que la création d’un fonds au profit de la réparation ; la collecte des infos dont l’identification des victimes ; le processus participatif qui implique la sensibilisation des citoyens pour la mise en œuvre de la justice transitionnelle en RDC et enfin réformer l’armée, la police er le service de renseignement pour la garantie de non-répétition.
Elda Along/ congoprofond.net
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Constant Mutamba rattrapé par la justice : L’affaire FRIVAO prend une tournure explosive !
L’ancien ministre de la Justice, Constant Mutamba, se retrouve une fois de plus au cœur d’une affaire judiciaire aux ramifications inquiétantes. Déjà condamné dans un dossier portant sur 19 millions de dollars américains, son nom refait surface dans un scandale lié à la gestion du Fonds de réparation et d’indemnisation des victimes des activités illicites de l’Ouganda (FRIVAO).
Depuis ce mardi 21 avril 2026, les audiences ont officiellement débuté devant la Cour d’appel de Kinshasa/Gombe, mettant en lumière de nouvelles accusations de détournement de fonds destinés à indemniser des victimes.

Un directeur général au cœur des révélations
Au centre des débats figure Chançard Bolukola, directeur général ad intérim du FRIVAO, nommé à l’époque par Constant Mutamba et présenté comme l’un de ses proches. Lors de sa comparution, il est apparu comme un exécutant des décisions prises au sommet, évoquant implicitement une chaîne de responsabilités remontant jusqu’à l’ancien ministre.
Face aux questions du ministère public, Bolukola a montré des limites troublantes dans la gestion des dossiers qui lui étaient confiés, renforçant les soupçons d’une gouvernance opaque.
Des marchés publics entachés d’irrégularités
L’audience a révélé l’attribution de marchés publics dépassant les 2 millions de dollars à des sociétés sans existence clairement établie. Incapable de fournir des adresses ou même d’identifier les responsables de ces entreprises, le directeur général a suscité l’indignation du tribunal.
Ces contrats ont été conclus sans vérification préalable, sous la bénédiction de l’ancien ministre. Une légèreté administrative qui interroge sur les mécanismes de contrôle et la traçabilité des fonds publics.
Une affaire aux implications politiques et judiciaires lourdes
Selon plusieurs sources, cette affaire pourrait prendre une ampleur encore plus importante, avec des ramifications politiques sensibles. Des soupçons évoquent même l’inscription frauduleuse de personnes, notamment issues d’un parti politique proche de la direction du FRIVAO, parmi les bénéficiaires des indemnisations.
Si ces faits sont avérés, ils pourraient non seulement aggraver la situation judiciaire de Constant Mutamba, mais aussi ébranler davantage la confiance du public dans la gestion des fonds destinés aux victimes.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
