Connect with us

À la Une

Droit de véto, Irréversibilité du processus de démocratisation, appel à l’unité contre le Covid-19, Règlement du différend entre l’Égypte, le Soudan et l’Éthiopie, etc. : F. Tshisekedi avocat de l’Afrique à la tribune de l’ONU

Published

on

Le Président de la République et Président en exercice de l’Union africaine,  Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo a réitéré les vœux du continent africain d’être représenté au Conseil de sécurité des Nations unies, par deux sièges supplémentaires dans la catégorie des membres non permanents et de deux autres dans celle des membres permanents avec les mêmes droits y compris celui de véto, les mêmes privilèges et obligations que ceux des membres permanents actuels.

Le Chef de l’Etat l’a répété, dans son discours  prononcé mardi, du haut de la tribune des Nations Unies à New York à l’occasion de la 76e Assemblée générale de cette organisation , tout en précisant que  cette  position commune africaine a été arrêtée par les Chefs d’État et de Gouvernement et elle est contenue dans le consensus d’Ezulwini et dans la Déclaration de Syrte.

Pour le Président en exercice de l’Union africaine,  il s’agit d’une question d’efficacité de l’ONU et de justice à rendre à un continent, mieux à un pan entier de l’humanité dont le rôle ne cesse de s’accroître chaque jour davantage dans la conduite des affaires internationales.

«  Les Nations Unies commettraient une faute politique grave en restant toujours dans la rationalité des rapports de force issus de la guerre mondiale de 1940-45, il y a 76 ans », a-t-il souligné.

Le Conseil de sécurité des Nations unies est l’organe exécutif de l’Organisation des Nations unies (ONU). Il est investi de la responsabilité principale du maintien de la paix et de la sécurité internationale. Agissant au nom des États membres, il dispose de pouvoirs spécifiques tels que le maintien de la paix, l’établissement de sanctions internationales et l’intervention militaire. C’est une instance fondamentale dans la gouvernance mondiale.

Il compte quinze membres, dont cinq permanents pourvus d’un droit de veto (Chine, États-Unis, France, Royaume-Uni, Russie) et dix autres élus pour une durée de deux ans (renouvelés de moitié tous les ans). C’est une configuration qui remonte à sa création le 17 janvier 1946. Outre le passage de 6 à 10 sièges non permanents en 1963, aucune autre modification d’ampleur n’est venue ébranler ce dispositif immuable.

Appel à l’unité dans le combat contre la COVID-19

Le Chef de l’Etat qui a  salué le choix du thème pour cette 76ème  Session de l’Assemblée générale, à savoir : « Miser sur l’espoir pour renforcer la résilience afin de se relever de la COVID-19, reconstruire durablement, répondre aux besoins de la planète, respecter les droits des personnes et revitaliser l’Organisation des Nations Unies », a souligné que « la victoire contre la Covid-19 n’est possible et durable que si le combat demeure une affaire de tous et si nous atteignons un taux d’immunité collective suffisant pour l’ensemble de l’humanité ».

Pour renverser définitivement la tendance actuelle, il a demandé à la communauté internationale d’ augmenter   la capacité des tests dans les pays qui ne disposent pas des produits de laboratoires requis ; d’assurer un approvisionnement suffisant et rapide en médicaments et équipements nécessaires à la prise en charge des malades ; de  généraliser la vaccination en approvisionnant en vaccins ceux qui ne les produisent pas et en les dotant de capacités de production locale ; d’ encourager la recherche médicale et accroître la coopération scientifique entre les institutions universitaires ;  soutenir les politiques de réforme des structures sanitaires et élargir la couverture des soins de santé au plus grand nombre dans les pays en développement.

Il a également lancé  un appel à la communauté internationale pour
soutenir le projet de création de l’Agence Africaine des Médicaments.

Règlement du différend entre l’Égypte, le Soudan et l’Éthiopie selon des mécanismes propres au continent

Le Président Félix Tshisekedi a aussi fait savoir qu’il s’emploie au règlement pacifique des différends entre États, notamment  entre l’Égypte, le Soudan et l’Éthiopie, dans le cadre des institutions et mécanismes propres au continent, selon l’option levée par l’Union africaine qui veut qu’aux «problèmes africains, il y ait des solutions africaines ».

«C’est sur base de cette option, de la Charte de l’ONU et du principe de subsidiarité que depuis mon accession à la présidence en exercice de l’Union Africaine, je m’emploie à faciliter le règlement du différend qui divise l’Égypte, le Soudan et l’Éthiopie sur l’opérationnalisation du Grand Barrage Éthiopien de la
Renaissance construit par cette dernière sur le Nil bleu », a-t-il dit.

A cet effet, il a indiqué avoir organisé  des négociations de Kinshasa en avril dernier  et les consultations directes avec les plus hautes autorités de trois pays par lui-même lors de sa tournée diplomatique du mois de juin dans leurs capitales respectives.

Selon lui, cette démarche a permis d’identifier les quelques points qui nécessitent encore une harmonisation entre les parties, pour conclure un Accord juste et contraignant, prenant en compte les intérêts de chacune d’elles et favorisant un climat de confiance mutuelle indispensable pour que ce grand barrage devienne
un instrument d’intégration économique régionale et de solidarité entre l’Éthiopie, l’Égypte et le Soudan.

Ces points, a-t-il précisé,  ont été communiqués aux trois pays et dans un proche avenir, les discussions vont reprendre.

«Je demeure confiant, car non seulement les dirigeants des trois pays sont déterminés à régler leur différend par le dialogue dans le cadre de l’UA, mais aussi ils ne cessent de renouveler leur confiance en la facilitation de l’Union», a-t-il souligné avant de les remercier et rassurer les observateurs ainsi que tout État ou institution acceptés par les parties, que leur accompagnement sera le bienvenu.

Plaidoyer pour la levée des mesures de notifications préalables au comité de sanction de l’ONU

Le Chef de l’Etat Félix Tshisekedi, a plaidé auprès de l’ONU pour la levée des mesures de notification préalable au Comité des sanctions de l’ONU, imposées par le paragraphe 5 de la Résolution 1807, pour toute importation d’effets militaires par le Gouvernement de cette mesure en faveur de son pays.

« En outre, il est essentiel que l’application à la RDC des mesures de  notifications préalables au comité de sanction de l’ONU imposée par le paragraphe 5 de la résolution 1807 pour toute importation d’effets militaires par le gouvernement de mon pays, ou toute prestation d’assistante, conseil, où formation liée aux activités des forces armées et de sécurité de la RDC, soit levée », a –t-il dit.

Pour Félix Tshisekedi, cette demande est motivée par le fait que le gouvernement a la mission constitutionnelle d’assurer la sécurité des personnes et des biens sur toute l’étendue du territoire national

Il a également demandé que  des sanctions sévères et exemplaires soient prises contre tous les réseaux mafieux, qu’il s’agisse de pays de transit ou de destination, ou encore contre les multinationales qui exploitent illégalement les minerais de la RDC et alimentent en échange les groupes armés en armes et munitions pérennisant ainsi le conflit en RDC et dans la région des Grands Lacs.

Il a aussi souhaité que  le retrait de la MONUSCO soit progressif, responsable et ordonné conformément à la résolution 2556/2020 du Conseil de Sécurité de l’ONU.

A cet effet, il a indiqué que l’insécurité au Nord-est de la RDC, en proie, depuis deux décennies, est une lourde hypothèque qui pèse sur les acquis encourageants et risque d’entraver la marche du Peuple congolais vers son bien-être.

«Sans la sécurité et la paix rien de durable ne peut se construire. La sécurité et la paix sont les conditions sine qua non du progrès des nations», a-t-il souligné.

Il s’agit des attaques meurtrières et aux razzias récurrentes
d’une multitude de groupes armés au sein desquels se trouvent des terroristes islamistes et qui ont causé des milliers de morts et de déplacés, des viols de femmes et des violations massives des droits de l’Homme.

«Face à la persistance de ce cancer qui mine le pays au Nord-Est et aux difficultés rencontrées par les troupes de la Mission des Nations Unies pour la stabilité au Congo (MONUSCO) sur le théâtre des opérations, j’ai décidé de proclamer, conformément à l’article 85 de la Constitution, l’état de siège pour mettre fin à l’insécurité dans une des régions stratégiques de la République Démocratique du Congo», a-t-il dit.

En vertu de ce régime constitutionnel d’exception, les Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC), assument la totalité de la responsabilité de gestion administrative et sécuritaire des provinces concernées, en même temps qu’elles mènent des opérations militaires.

Grâce à l’état de siège, des avancées importantes ont été réalisées.

Irréversibilité du processus de démocratisation en Afrique

Le Président Félix Tshisekedi a fait savoir que, des crises politiques qui ont éclaté ces derniers temps, dans quelques États en Afrique ne peuvent pas occulter les énormes progrès accomplis par la majorité des pays africains en matière de démocratie et de bonne gouvernance.

« Je voudrais rassurer la communauté des Nations que le processus de démocratisation reste irréversible en Afrique. Les soubresauts du moment ne sont que les avatars d’un processus démocratique laborieux, certes, mais qui se construit avec le temps et pierre par pierre », a-t-il dit.

Pour lui, les peuples africains ne toléreront plus jamais des régimes militaires ou autocratiques.

«C’est ainsi que le Peuple congolais poursuit sa noble et exaltante lutte contre la dictature, l’autocratie et les antivaleurs qui structurent encore notre agir », a-t-il encore souligné, ajoutant : « Dans ce cadre, dès mon accession à la magistrature suprême, j’ai entrepris des actions et des réformes politiques et économiques profondes. Je me suis farouchement opposé à toutes velléités de perpétuer le règne des antivaleurs fondé sur la prédation et les violations des droits humains ; ce qui a conduit aux ajustements institutionnels de décembre 2020 et du premier trimestre 2021 à la grande satisfaction de mes compatriotes qui n’ont jamais cessé de réclamer le changement radical de la gouvernance de notre pays».

Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET