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RDC : Quand la gouvernance sanitaire frise le nepotisme  

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Alors que la RD Congo traverse des crises sanitaires majeures, avec des épidémies de Mpox et de choléra toujours actives, le Ministère de la Santé, dirigé par le Dr Samuel Roger Kamba Mulamba, semble davantage préoccupé par la consolidation d’un réseau familial que par l’amélioration du système de santé.

Depuis sa nomination en mars 2023, le Dr Kamba a méthodiquement transformé le ministère en une véritable entreprise familiale :

– Directeur de Cabinet : Dr Romain Muboyayi, ami du ministre.

– Présidente de l’Autorité Congolaise de Régulation Pharmaceutique : Francine Ilela, son épouse.

– Directeur Général de l’Agence Nationale d’Ingénierie Clinique et du Numérique de la Santé : Jean Thierry Kalombo, son neveu.

– Directeur des Ressources Humaines au Fonds pour la Promotion de la Santé : Norbert Kabeya Nsua Luendu, son frère.

– Directeur de l’Hygiène aux Frontières : Dr Wivine Ngandu, très proche du ministre.

– DG de l’Institut National de Santé Publique :  un parent revenu du Canada.

Cette « République des copains » rivalise avec celle de certains de ses collègues ministres accusés de clientélisme, comme Jean-Lucien Bussa, Ministre de l’Aménagement du Territoire.

La Couverture Santé Universelle (CSU), annoncée comme réforme phare, reste un mirage pour des millions de Congolais. Sur le terrain, les infrastructures sanitaires sont délabrées, les médicaments manquent, et les professionnels de santé sont sous-payés. Les opérations de communication – comme les campagnes de vaccination contre le Mpox – semblent primer sur les réformes structurelles. Des fonds internationaux, comme ceux du Pandemic Fund, seraient gérés de manière opaque, avec des soupçons de détournements au profit du clan ministériel.

Le bilan sanitaire sous le mandat du Dr Kamba est désastreux : le choléra continue de sévir à cause de l’absence d’eau potable et d’assainissement, la réponse aux urgences sanitaires reste lente et inefficace, et les campagnes de vaccination sont mal organisées, avec une faible adhésion de la population.

Le Dr Samuel Roger Kamba Mulamba incarne l’échec de la gouvernance sanitaire congolaise. Malgré son expérience en pédiatrie et son rôle antérieur de conseiller présidentiel pour la CSU, il a transformé le ministère en une affaire de famille, au détriment des compétences et des besoins des Congolais. Pendant que des millions de citoyens souffrent, le ministre et son entourage prospèrent.

Quand la RDC aura-t-elle enfin des dirigeants qui servent le peuple et non leurs intérêts personnels ?

TEDDY MFITU

Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR

Santé

Santé maternelle : Le monde manque d’un million de sages-femmes, un défi majeur aussi pour la RDC

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Plus de 3 000 sages-femmes, responsables politiques, chercheurs et acteurs du secteur de la santé issus de plus de 115 pays sont attendus à Lisbonne, au Portugal, à l’occasion du 34ᵉ Congrès triennal de la Confédération internationale des sages-femmes (ICM), qui s’ouvrira le 14 juin prochain. Au centre des débats, un constat préoccupant : le monde a besoin d’un million de sages-femmes supplémentaires pour répondre aux besoins croissants des femmes et des nouveau-nés.

Selon les dernières données relayées par l’ICM, 181 pays sont confrontés à une pénurie estimée à près de 980 000 sages-femmes. Ce déficit compromet l’accès aux soins de santé sexuelle et reproductive, aux consultations prénatales, à l’assistance qualifiée lors de l’accouchement ainsi qu’au suivi postnatal.

Pour les spécialistes, investir dans la formation et le déploiement des sages-femmes constitue l’une des stratégies les plus efficaces pour réduire la mortalité maternelle et néonatale. Une couverture adéquate en personnel qualifié permettrait de prévenir des millions de décès chaque année, tout en consolidant les systèmes de santé de première ligne et en favorisant des soins davantage centrés sur les besoins des femmes et des familles.

Un appel mondial à l’action

Placée sous le thème « Le monde a besoin d’un million de sages-femmes supplémentaires », cette 34ᵉ édition du Congrès se veut un véritable appel à l’action lancé aux gouvernements et aux partenaires techniques et financiers. Les organisateurs plaident notamment pour un renforcement des investissements dans la formation, le recrutement, l’emploi et la reconnaissance professionnelle des sages-femmes.

Un enjeu crucial pour la RDC

Cette problématique résonne particulièrement en République démocratique du Congo, où les défis liés à la santé maternelle et néonatale restent considérables, notamment dans les zones rurales et les régions affectées par les crises humanitaires et sécuritaires. L’insuffisance de personnel qualifié, les difficultés d’accès aux structures sanitaires et les disparités territoriales continuent de limiter la prise en charge des femmes enceintes et des nouveau-nés, contribuant à des indicateurs de santé maternelle encore préoccupants.

Le Congrès de Lisbonne devrait ainsi offrir une plateforme d’échanges pour partager les expériences, promouvoir les bonnes pratiques et mobiliser les décideurs autour d’un objectif commun : faire des sages-femmes un pilier incontournable des systèmes de santé et un levier essentiel pour atteindre la couverture sanitaire universelle.

Bibiche Mbete/CONGOPROFOND.NET 

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