Sécurité
Crise humanitaire alimentée par l’insécurité en Ituri et Nord-Kivu : plus de 4 millions de personnes déplacées
L’Ituri et le Nord-Kivu, deux provinces en état de siège, font face à une crise humanitaire préoccupante résultant des menaces posées par des groupes armés locaux et étrangers. Au 31 décembre 2023, plus de 4,15 millions de personnes étaient déplacées dans ces régions.
La province du Nord-Kivu, où les rebelles du M23 ont fait une résurgence avec le soutien de l’armée rwandaise, est la plus touchée, avec 2,52 millions de déplacés, suivie de l’Ituri avec 1,63 million.
Selon le rapport d’intensification de la réponse de l’OCHA, publié le 2 février 2024, les femmes représentent environ 51% de la population déplacée. Ces déplacements sont principalement dus aux attaques et aux affrontements armés.
Dans la province de l’Ituri, les groupes armés ont intensifié leurs attaques dans les régions de Djugu, Irumu et Mambasa, entraînant de nouveaux déplacements de populations. En décembre 2023, environ 97 000 personnes ont été nouvellement déplacées en raison d’attaques perpétrées par des groupes armés dans les régions de Mahagi, Djugu, Mambasa et Aru. Depuis le début de la réponse renforcée, près de 332 000 personnes ont été déplacées dans la province de l’Ituri.
Dans la province du Nord-Kivu, les affrontements entre les rebelles du M23 et les FARDC, soutenus par des groupes d’autodéfense communautaires (Wazalendo), ont exacerbé les violences dans les territoires de Masisi et Rutshuru, contraignant des milliers d’habitants à se déplacer vers des zones plus sûres en périphérie de Goma. Les conflits armés ont entraîné le déplacement de quelque 156 000 personnes, principalement dans les territoires de Masisi, Rutshuru, Nyiragongo et Beni.
Verite Johnson/CONGOPROFOND.NET
Sécurité
Kasaï-Central : un conflit autour d’un site aurifère à Bambayi fait plusieurs victimes, dont un chef coutumier
Dans le secteur de Bambayi, groupement d’Ana Nzaji, territoire de Luiza, province du Kasaï Central, un violent conflit communautaire a éclaté ce lundi 2 juin autour d’un site d’exploitation artisanale de l’or. Les villages Nguni Kanana et Nguni Tshitadi se sont affrontés dans des heurts d’une rare intensité, transformant une zone minière en théâtre de violence.
Selon les informations recueillies auprès de Paulin Nkongolo de la Nouvelle Société Civile Congolaise (NSCC), les tensions entre les deux communautés portaient sur la revendication et le contrôle d’un périmètre aurifère exploité de manière artisanale. Ce différend foncier, longtemps latent, aurait fini par dégénérer en affrontements ouverts.
Le bilan provisoire fait état de plusieurs blessés et de pertes en vies humaines. La NSCC confirme notamment la mort d’un chef coutumier du village Nguni Tshitadi, une information qui a fortement choqué les habitants de la zone. D’autres victimes seraient également à déplorer, mais leur nombre exact reste encore à confirmer.
Sur place, la situation reste préoccupante malgré un retour progressif au calme. Le président territorial de la Nouvelle Société Civile Congolaise, Paulin Nkongolo Nsake, décrit des scènes de panique et de violence incontrôlée :
« Les populations se sont affrontées autour d’un site minier que chacun revendique. Nous demandons une intervention urgente des autorités pour éviter une nouvelle escalade », a-t-il déclaré.
Pour l’heure, aucun bilan officiel n’a encore été communiqué par les autorités administratives ou sécuritaires. Cette absence de communication alimente l’inquiétude des habitants, déjà éprouvés par la répétition des conflits liés à l’exploitation des ressources naturelles.
Face à cette situation, la société civile appelle à une intervention rapide des autorités provinciales et nationales, afin de restaurer l’ordre, sécuriser la zone et ouvrir une enquête indépendante pour établir les responsabilités dans ce nouvel épisode de violence communautaire.
Mike Tyson Mukendi
